Même une cervelle étroite de raciste, ou, plus banalement, n’importe quel électeur du Front national comme de l’UMP ou du PS, devrait comprendre l’évidence développée ci-dessous par Adam Davidson dans une tribune du New York Times publiée cette semaine : l’économie d’un pays profite de l’accroissement de sa force de travail. L’immigration est un bienfait universel. Elle profite à l’individu migrant qui améliore le rendement de son travail, et, finalement, l’ensemble de sa condition matérielle. Elle profite au pays d’accueil, qui a loisir d’exploiter cette main d’œuvre, éventuellement à un coût moins important que celle des autochtones. Mais elle profite aussi à ces derniers, qui se délestent ainsi des tâches ingrates et évoluent vers des activités mieux rémunérées. Elle profite évidemment à l’ensemble de la société qui voit le nombre de contribuables comme de clients augmenter. La richesse collective s’en trouve améliorée.

Utopiste revendiqué, l’auteur remarque que si on se comportait avec plus de bon sens, on ouvrirait largement les frontières. Les Etats-Unis accordent un demi-million de visas par an, et pourraient aussi bien en absorber vingt fois plus. Réaliste, il suggère d’essayer en doublant discrètement le nombre de migrants une année, et voir le résultat, puis, au vu des effets satisfaisants, renouveler l’opération, et doubler l’année suivante le nombre d’étrangers admis à venir contribuer à l’effort collectif…

Aux écologistes qui s’inquiéteraient de croissance, notre auteur fait remarquer que ce déplacement d’individu sur la surface terrestre ne constitue pas une augmentation du nombre d’individus. Au contraire, on peut espérer qu’il se déplace vers des territoires à meilleure législation, contrôlant mieux les dégâts écologiques.

Quant au pays de départ, d’où l’on regrette aussi la « fuite de cerveaux », notre auteur suggère que des lois d’immigration plus libérales qui laisseraient aller et venir verraient un phénomène plus important de retour vers le pays d’origine, à la fois de richesses, transférées ainsi des pays riches vers les pays pauvres, mais aussi de savoir faire acquis dans les écoles du premier monde.

On se prête à espérer, avec l’auteur, que les préjugés envers les étrangers soient bientôt rangés au musée des vieilles reliques, à côté de l’homophobie, du rejet de la marijuana, ou de l’allergie aux crêtes d’Iroquois… en même temps qu’on reste pensif, comme, par exemple, lorsqu’on lit comment le philosophe allemand Fichte pouvait constater, aux lointains débuts du XIXe siècle, que “la guerre est quelque chose de périmé“…

Paris s’éveille

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