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Anecdote typique de l’époque : la police abuse et ne tolère même pas que ses abus soient dénoncés. C’est à Poitiers que ça se passe.

Le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Papineau, animateur énergique de la répression – « omniprésent » dit-on de lui –, aura été désigné comme responsable d’un tabassage intervenu lors de la Fête de la musique. Amandine, témoin des faits, les aurait dénoncés par voie d’affichettes, n’omettant pas de nommer le patron de cette police abusivement agressive.

Le dit Papineau porte plainte pour diffamation.

Il pourrait toujours plaider n’être pas le seul responsable de cette politique de gestion policière. Il y en a d’autres, comme les Préfets-Sarkozy que l’on trouve en tous lieux, comme on voit en Seine-Saint-Denis avec Lambert, et à Paris, avec Gaudin.

À Poitiers, le Préfet Tomasini entre bien dans la même catégorie des proches de l’Élysée, et donc du ministre de l’Intérieur, autre responsable bien sûr. Dans la logique ultra-hierarchisée mise en place, les actes d’un chef de police local comme Papineau sont sous la responsabilité directe de son Préfet, et donc du ministre Hortefeux et du président Sarkozy.

C’est une politique revendiquée et affichée sans vergogne dans la « loi de sécurité intérieure » dite Loppsi, en phase ultime d’adoption maintenant qu’elle a été votée par les deux chambres. À tous les coins de cette loi, comme dans la pratique déjà instituée, il ne s’agit pour l’État que de s’imposer par la force, en faisant mine de s’habiller de lois, aussi inconstitutionnelles soient-elles.

Une des marques de fabrique de cet ordre nouveau, c’est qu’il ne tolère pas la critique. Il semblerait même que plus la critique est pertinente, plus elle suscite de réactions. La « casse toi pauvre con » a eu son heure de gloire. Le « est-ce normal ? » d’Amandine résonne comme un indispensable appel à la citoyenneté à l’heure où l’État autoritaire montre les dents.

Paris s’éveille

Le Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux appelle à venir nombreux soutenir Amandine :

- Au rassemblement organisé mercredi 26 janvier à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché)

- Le jour de son procès, le 27 janvier à 14 heures, au palais de justice.

Le 27 janvier à 14 heures, Amandine passera devant le tribunal de Poitiers. Quel horrible méfait a-t-elle commis ? Ayant été témoin, le 21 juin, du tabassage des six inculpés de la Fête de la musique, et par la même occasion de celui des passants qui ne partaient pas assez vite, elle a dénoncé les brutalités policières en faisant dès le lendemain des affichettes sur lesquelles était écrit : « FÊTE DE LA MUSIQUE, tabassage gratuit de la police envers des passants place de la Liberté sous la direction de Papineau. Est-ce normal ? » Elle est ensuite allée les coller.

En d’autres temps, un tel geste de résistance citoyenne aurait rapporté une médaille à son auteur ou du moins des félicitations. Eh bien non ! Non seulement Amandine a immédiatement été interpellée et placée en garde à vue, mais elle est aujourd’hui poursuivie pour diffamation envers M. Papineau, qui estime qu’elle lui a « allégué ou imputé un fait portant atteinte à son honneur ou à sa considération ».

L’affaire n’est pas anodine. Non seulement Amandine a empêché qu’un tabassage policier soit occulté, mais elle a contrecarré le scénario policier qui, rappelons-le, était à l’origine de charger un maximum des militants par des accusations de « violences en réunion envers des dépositaires de l’autorité publique ». Cela devait sûrement permettre de les envoyer un certain temps en prison. Et, bien sûr, d’obtenir d’eux des dommages et intérêts conséquents qui, en touchant au porte-monnaie, non seulement feraient un exemple et empêcheraient la récidive, mais permettraient aux policiers d’arrondir leurs fins de mois.

La loi Le Pors oblige en effet l’État à verser à ses fonctionnaires les dommages et intérêts qu’ils ont obtenus lors des procès et que les condamnés ne peuvent payer. Les policiers qui, en se portant partie civile, obtiennent souvent des sommes de plusieurs centaines [ou milliers] d’euros sont ainsi sûrs de les toucher, même si les condamnés se trouvent sans la moindre ressource. Un « détail » non négligeable, et qui explique en partie l’augmentation spectaculaire du délit d’« outrage », par exemple, dans les statistiques de ces dernières années.

Comme d’habitude dans ce genre d’affaire, dès le lendemain de la dernière Fête de la musique, le juge d’instruction, sans preuves et sans enquête, a suivi les déclarations des policiers et donné des informations tendancieuses à la presse – laquelle a titré sans rien vérifier : « Rixe avec la police », « L’arrestation d’une jeune femme qui avait menacé le patron de la police a dégénéré, lundi [lors de la Fête de la musique], dans la nuit. Pris à partie, cinq policiers ont été blessés ». Mais dans le même temps, et prenant de court les accusateurs, une petite voix discordante s’est fait entendre et a introduit le doute par rapport à la version policière. Amandine a d’ailleurs ensuite témoigné au procès des six inculpés, et répété son accusation de tabassage policier.

C’est aussi l’avis du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux : il ne peut considérer ce qui s’est passé le 21 juin que comme un véritable traquenard tendu par des policiers dans un esprit revanchard. Depuis sa création, il dénonce l’acharnement dont fait l’objet cette partie de la jeunesse qui est entrée en résistance, acharnement qui a pour but de décourager quiconque de s’engager. Mais, avec ce procès des six de la Fête de la musique, n’y a-t-il pas aussi une occasion pour M. Papineau de redorer leur blason et de se refaire un peu ? N’ayant pas été suivi par le tribunal, qui n’a retenu ni la « violence en réunion » ni la « violence » à son égard, et qui ne lui a octroyé aucune indemnisation, il a fait appel à l’encontre de ces six jeunes – dont le procès aura lieu le 18 février prochain ; et, comme si cela ne lui suffisait pas, il a porté plainte contre Amandine. Il n’y a pas de petits profits.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exige la relaxe d’Amandine et des militants inculpés après la Fête de la musique, ainsi que l’arrêt immédiat des rackets judiciario-policiers.

Venez nombreux soutenir Amandine :

- Au rassemblement organisé mercredi 26 janvier à 18 heures

devant les Cordeliers (côté place du Marché)

- Le jour de son procès, le 27 janvier à 14 heures, au palais de justice.

[Source : Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux]