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En 2006, monsieur T. fuit le génocide au Soudan et la mort de son père et son frère brûlés vifs dans leur maison. Brûlé lui-même au dos et à la jambe, il réussit pourtant à s’enfuir vers Israël. Il est alors arrêté par la police égyptienne alors qu’il tente d’aller en Israël en passant par le Sinaï, expulsé vers le Soudan et où un tribunal le condamne à 10 ans de prison. Libéré lors de l’attaque de la prison par le Mouvement pour la Justice et l’Egalité, il trouve refuge en Libye. Quelques mois plus tard, de peur d’être renvoyé au Soudan, il choisit de partir en Europe pour demander la protection de la France. Il voyage de Libye à Marseille en barque. Il est arrêté le lendemain de son arrivée en France. La préfecture de la Nièvre lui délivre un arrêté de reconduite à la frontière et ordonne un placement en rétention avant même qu’il ait pu déposer sa demande d’asile.

Le 29 décembre 2009, la Cour européenne des droits de l’Homme ordonne à la France de NE PAS EXPULSER monsieur T. Monsieur T. doit donc être libéré puisque la loi ne permet la rétention d’un étranger « que pour le temps strictement nécessaire à son départ ».

Peu importe, le lendemain, monsieur T. est présenté au consulat du Soudan (alors qu’il demande justement à être protégé vis-à-vis des autorités soudanaises) dans le but d’obtenir un laissez-passer pour l’expulser. Et la préfecture de la Nièvre s’entête : elle demande une prolongation –inutile- de la rétention de 15 jours acceptée par le juge des libertés. Inutile car la rétention permet à l’administration d’organiser l’expulsion. Or Monsieur T. ne peut pas être expulsé !

Monsieur T. ne comprend pas pourquoi il n’est pas libéré, il s’énerve et lui qui devrait être libre est placé en cellule d’isolement. D’incompréhension, de désespoir, monsieur T. se pend dans sa cellule.

Monsieur T. est aujourd’hui en hôpital psychiatrique, toujours sous le régime de la rétention.

5 retenus sur 9 en grève de la faim

Même accablement chez les autres retenus face à cette politique du chiffre qui frappe aveuglément pères, mères, familles entières, jeunes majeurs. Ils sont aujourd’hui cinq à refuser de s’alimenter sur les neuf hommes retenus au centre de Palaiseau. Solution désespérée pour protester contre leur expulsion.

Contacts : Eve Chrétien 06 30 04 17 43, Pascal Etienne 06 71 62 87 97, Nadia Nguyen 06 10 55 35 21
http://www.observatoire-cra-palaiseau.org