ÉTATS-UNIS
Vers une “intifada latina” ?
Publié le: 18 novembre 2007
On pouvait lire dans Courrier international, la traduction d’un article de El Nuevo Hérald, journal de l’immigration hispanique aux USA.
L’éditorialiste y dénonce « l’hystérie à l’égard de l’immigration » alimentée « par des chaînes de télévision irresponsables en quête d’audience », comme par les candidats républicains à l’élection présidentielle qui semblent avoir reçu le « message » de l’élection présidentielle française : la xénophobie « paye » électoralement.
Sur les 13 millions de sans-papiers qu’on compte aujourd’hui au nord du Rio Grande, on compte 1,8 millions d’enfants « qui vivent comme n’importe quel autre petit Américain et ne parlent souvent pas d’autre langue que l’anglais, mais qui n’ont pas d’autorisation de séjour ». « Tôt ou tard, ces jeunes entreront sur un marché du travail où la loi les empêchera de trouver un emploi. »
Récemment le Sénat rejetait un projet de loi – le « Dream Act » – qui proposait des possibilités de régularisation aux enfants de sans-papiers venus vivre avec leurs parents sur le territoire américain ayant obtenu un diplôme scolaire ou… servi dans l’armée.
« En fermant les portes de la légalisation au nez des sans-papiers », « les États- Unis sont en train de créer un monde parallèle d’individus qui ne quitteront pas le pays et qui, en réalité, ne peuvent pas en être expulsés ».
Toute ascension sociale leur étant ainsi interdite « beaucoup vont se sentir de plus en plus frustrés, de plus en plus en colère, et il ne serait pas étonnant que certains deviennent violents ».
Ouvrant la voie à ce que l’éditorialiste appelle une « intifada latina ».
« La multiplication des rafles de sanspapiers dans les usines, soutenues par le gouvernement Bush, la multiplication des arrêtés municipaux interdisant aux propriétaires de louer leurs appartements à des immigrés illégaux et la xénophobie grandissante des programmes de radio et des chaînes câblées vont laisser leurs marques sur ces enfants et ceux des autres communautés d’immigrés. »
Ces « politiques de l’immigration » « ne sont pas seulement mauvaises », elles sont « dangereuses », conclut l’éditorialiste du Nuevo Herald, Andrés Oppenheimer.
« Les millions de sans-papiers qui vivent dans ce pays ne partiront pas. Ils seront simplement de plus en plus en colère. »
[Source : El Nuevo Herald ; Courrier international]



