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La loi HADOPI vise avant tout à imposer des paradigmes de diffusion culturelle et à limiter les futures interactions possibles entre une œuvre et son public.

L’’économie de la vente des œuvres culturels, du fait de la possibilité de les dupliquer et distribuer à l’infini à l’identique à un coût proche de zéro, amène un changement de paradigmes, tant au niveau de la production que de la diffusion.

Les effets de ces changements sont multiples et ont plusieurs incidences. Ils induisent de nouvelles pratiques sociales et un rapport nouveau du public vis à vis des œuvres.

En un temps très court, nous sommes passés du Walkman à cassette à l’IPOD où il est possible d’accéder à plus de 80 disques. Ce simple état de fait change complètement le rapport aux œuvres et à leur écoute. Il est désormais possible de transporter en permanence avec soi des catalogues d’oeuvres et de créer à volonté différentes playlistes.

Il est important sans même évoqué internet, de comprendre, ce que l’arrivée de ces lecteurs numériques changent phénoménologiquement dans le rapport existant entre l’œuvre, le public, et les artistes. Le format et les pratiques d’écoute ne sont plus les mêmes.

Le format disque et sa standardisation induite de chanson à 2h30 n’est plus en phase avec le public ni avec les nouvelles technologies. Maintenant, le public peut sélectionner et choisir l’ordre de passage des œuvres, voir modifier des oeuvres, avec différents logiciels de montage.

L’industrie des Majors, dans la standardisation des œuvres imposés en corrélas des médias qu’elles possèdent Radio, télévision est en disconcordance avec les nouvelles possibilités offertes par l’évolution des nouvelles technologies. Une œuvre n’est plus obligé d’avoir un format de temps imposé ; elle peut inclure des possibilités de modification, et d’interaction avec son public.

Une nouvelle typologie d’œuvre est d’ailleurs en train d’apparaître. Par exemple, le groupe Lonah sortira son prochaine album avec un mixer ou il sera possible sur Internet de remixer piste par piste chaque chanson, de supprimer une basse ou d’ajouter un instrument. Le groupe Lonah en plus de proposer un produit fini, invente une nouvelle interaction avec son public le rendant lui même créateur.
C’est dans ce sens que les licences ouvertes CC by SA et Art libre sont en adéquation avec leurs temps, elles protègent les auteurs et favorisent des interactions entre l’œuvre et son public-créateur

Ces licences changent également le rapport entre l’auteur et la gestion de ses droits, il n’est plus obligé de s’inscrire auprès d’une SARD, il peut pour chaque oeuvre choisir la licence ouverte qu’il juge la plus appropriée à sa diffusion à sa modification et à sa commercialisation.

A contrario de la SACEM qui gère l’ensemble des oeuvres des auteurs passés et futures et pour lesquels elle interdit toute diffusion légale numérique ; poussant nombre de ses auteurs a devenir leur « propre pirate », quand ils veulent faire la promotion d’une de leur œuvre sur Internet.

C’est dans ce contexte qu’arrive la loi HADOPI, lobbing des Majors, pour empêcher l’avènement de nouvelles relations entre l’œuvre, son public et son auteur, en diminuant considérablement les actuels inter médiations.

On retiendra de l’actuel projet de loi Hadopi, principalement une chose :

La volonté d’imposer la diffusion de catalogue labélisé comme seul offre légale.

Un amendement de la loi Création et Internet présenté par le rapporteur Frank Riester prévoyait de favoriser le référence ment par des moteurs de recherche des sites d’offres légales labellisés.

Faire en sorte que les sites web des majors ou de leurs associés soient la seul offre culturelle que rencontre les internautes, comme c’est actuellement le cas pour les radios et la télévision actuellement.

Les majors ont bien compris que la vente de disque et de DVD était dévolu vis à vis de l’arrivée des nouvelles générations de téléphones portables combinant Internet et Lecteur vidéo/musique.

Elles ont parfaitement anticipé que la vente d’œuvres pouvaient être inclus soit dans le forfait soit en tant qu’offre optionnelle. Insidieusement, elles ont déjà admis les principes de la licence globale sans que le législateur vienne mettre son grain de sel pour favoriser la rémunération des auteurs.

Dans ce sens, les majors en parallèle du lobby HADOPI, tentent d’imposer dans le Monde et donc en Europe une augmentation de la durée de protection des droits d’auteurs.

Et ceux afin de garantir l’exploitation d’une œuvre comme une chanson d’Edith Piaf ou le film Blanche Neige qui ont été plus mille fois rentabilisé...

Il est fondamental pour les majors de continuait à rendre encore actuelle les chansons des Beatles ou de Dalida car l’original ou une reprise continuera de leur rapporter à des coûts de production proche de zéro.

Dés lors, Il est facilement compréhensible que les taux de rentabilité sont énormes quand on distribue numériquement à un coût proche de zéro des œuvres dont les coût de production ont été un million de fois amorti. L’exemple type de ce modèle est Pop Star, où l’on associe le public à sélectionner « des artistes » en les faisant chanter sur des anciens standards que l’on vendra réactualisé plus tard par la même occasion.

Une fois décryptée les buts des majors, il est facile d’en comprendre les dangers pour l’Art et pour les créateurs en devenir. En allongeant, la durée de protection des œuvres on interdit les créateurs de modifier comme la fait Gainsbourg de nombreuses fois des œuvres élevés au Domaine Public.
Sous couvert de défense des artistes, il y a une tentative d’imposer la diffusion d’œuvre culturelle comme dans un des plus pires scénario d’Orwell, d’une uniformisation de la culture comme jamais l’humanité de la connue.

Copier, Modifier une œuvre c’est se l’approprier et au final rester un homme libre capable de création. Une fois effondré l’économie des MAJORS, il est certains qu’une nouvelle économie de l’Art prendra effet autour des licences Art Libre.


Jérémie Nestel, Libre accès