Verdict du procès de Vincennes le 17 mars


Mis en ligne par: Frédéric L.I
Publié le: 6 mars 2010

SOYONS NOMBREUX AU DELIBERE DU PROCES DE LA REVOLTE DE VINCENNES !

Le mercredi 17 mars prochain sera prononcé le verdict du procès des dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes.

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Le procès mené par la juge Nathalie Dutartre et ses deux assesseurs a été à l’image de l’instruction, mené exclusivement à charge par le magistrat instructeur, Mr Alain N’guyen The. La quasi totalité des demandes de la défense a été rejetée. Seule a été acceptée la demande de visionnage des 32 heures de vidéosurveillance, mais en audience, ce qui rendait impossible toute contestation de version de l’accusation. Cette décision qui apparaissait comme une concession a en fait porté atteinte aux droits de la défense en imposant, sans concertation et du jour au lendemain, aux avocats et aux prévenus trois semaines d’audiences consécutives. Les inculpés et leurs avocats ont quitté le procès, ces derniers affirmant ne pas avoir les moyens de la défense et ne voulant pas être « la caution de cette comédie ». Le procès s’est donc déroulé entre personnes de connivence : les juges, le procureur Gilbert Flam, les avocats des parties civiles, à savoir l’Etat et les policiers plaignants. Cela a aussi eu comme conséquence, par exemple, que la juge a reporté de nombreux autres procès, maintenant le plus souvent les gens concernés en détention dite provisoire le temps de ce report.

Les centres de rétention sont un rouage essentiel de la machine à expulser et donc des politiques de contrôle des flux migratoires. Quand le plus grand de ces centres est entièrement détruit par une révolte collective, l’État cherche à faire des exemples : il traque, emprisonne et punit. Gilbert Flam, en soldat de l’État, a requis à l’encontre des présumés incendiaires, entre six mois et trois ans d’emprisonnement. La juge suivra sans doute la direction tracée par le proc, la justice n’étant là que pour appliquer les desseins de l’État. Dans ce procès emblématique, mais aussi dans son quotidien, la justice exerce sa violence de machine à punir contre tous ceux, celles qui s’opposent aux règles établies par la classe dominante. Parce qu’il faut bien s’assurer que des coupables payent, il est plus que probable que la juge ordonne des mandats d’arrêt.

Enfermés dans ces prisons pour étrangers en attente de leur expulsion, n’ayant d’autres alternatives à la résignation que la révolte, la solidarité avec ceux choisis au hasard suite à l’incendie du centre de rétention de Vincennes, ne doit pas retomber. D’autres procès pour d’autres révoltes (Bordeaux, Toulouse) suivront.

Au moment où les personnes qui luttent avec les sans papiers et plus largement pour la liberté de circulation et d’installation font l’objet de diverses procédures (gardes à vue, mises en examen, procès...), il est plus qu’évident qu’il faut montrer que nous ne céderons pas aux intimidations, notamment en continuant à manifester notre solidarité aux inculpés de Vincennes et plus largement à toutes celles et ceux qui, avec ou sans-papiers, expriment leur révolte contre la violence quotidienne de la machine à expulser.

Nous vous donnons tous rendez-vous pour le délibéré au tribunal le 17 mars, nous ne pouvons accepter que les 10 bouc-émissaires de Vincennes retournent en prison !

13H30, TGI de Paris, M° Cité, 16e chambre

RELAXE DES INCULPES DE VINCENNES !

LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !