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Paris, le 09 avril 2013, 02:29 mat.

Il vaut mieux agir que regarder les autres faire ; c’est pourquoi un bus de 40 personnes avec 15 sans-papiers à son bord, ont bravé les interdits de l’Europe pour se rendre en Tunisie afin de participer au FSM (Forum Social, Mondial) et revenir en France. J’ai suivi leur aventure et vous propose par ces lignes de partager leur histoire

Je, tu, nous, ils, voila l’essence de la lutte ; jamais seul, mais des millions et pouvoir n’être qu’un. Les travailleurs immigrés luttent pour la liberté d’être des hommes avant d’être des papiers dans les bureaux des préfectures.
Travailleur régularisé ou non, quelle importance, ils ont décidé que la seule manière de se faire entendre était d’agir, notamment là où l’on parle pour eux.

2009 Paris-Nice pour le sommet France Afrique, tous les présidents d’Afrique étaient invités pour parler du business France-Afrique avec leurs actionnaires. Le forum social à Dakar en 2011, la marche européenne en 2012 afin de rassembler les collectifs d’Europe et aller voir le parlement à Strasbourg afin de rappeler aux députés qu’ils ne veulent plus être ces oubliés que l’Europe exploite.
Aujourd’hui en mars 2013 le Forum Social Mondial à Tunis dont l’une des thématiques est ‘La libre circulation.’

Qui pouvait en témoigner mieux que des travailleurs immigrés européens, dont la vie au quotidien fait que simplement sortir de chez soi est un risque : au moindre contrôle, la France paye le retour au pays.
Il fallait oser la question : Peut-on quitter l’Europe pour l’Afrique et revenir en tant qu’être humain ou sommes-nous toujours prisonniers de ces tampons qui régissent nos droits ?
Les délégués des différents groupes ont envoyé des lettres aux gouvernements de tous les pays et villes concernés par la caravane, stipulant bien qu’ils allaient à Tunis pour assister au Forum Social Mondial avec 15 travailleurs sans-papier dans leur groupe et qu’ils avaient bien l’intention de revenir en France sans perdre qui que ce soit en route, ainsi qu’aux organisateurs du forum qui ont fait part de leur soutien à cette initiative.

Une envie énorme de tenter l’aventure leur grattait la pensée. Voir ainsi si la lutte peut faire des miracles quand toutes les associations du monde se réunissent pour en discuter ou si malgré cela cette terre que l’on pensait si vaste, reste pour certains aussi petite qu’un bout de papier.

Le 18 mars 2013 un bus part de la République avec à bord 40 vies, heureuses, inquiètes, déterminées, bon enfant, journalistiques, religieuses. Des révolutionnaires d’un nouveau genre, leurs armes des gilets jaune, affichant fièrement dans le dos, ’Sans-papiers, sans frontières’ belle utopie qui n’aurait jamais dû en être une.

La porte du voyage s’ouvre sur Lille avec le collectif ‘Faut-il mourir pour des papiers ?’, certains d’entre eux ont frôlé la camarade « faucheuse ». Car ils ont tenu une grève de la faim de 75 jours devant la mairie simplement pour avoir des droits. Certains en gardent des blessures irréversibles. Afin de pouvoir simplement travailler, aller, venir et avoir la certitude de revoir leur famille le soir.
Peut-être que je fais dans le mélo, mais hélas cette réalité est le quotidien de beaucoup d’étrangers qui n’ont juste pas eu la chance de naître du bon côté des frontières.

C’est fièrement que le 18 mars, Tourcoing a vu défiler l’espoir d’un monde meilleur dans ses rues, la CGT et d’autres mouvements de sans-papiers du nord, on fait le déplacement. Le message passe de bouche à oreille : la lutte va parler d’elle au soleil du Printemps Arabe, leur lutte ne sera pas oubliée par les camarades.
Dans ce local mis à leur disposition par la CGT pour manger, dormir, une lune militante pose ses rayons sur les matelas, leurs rêves de victoire se fraient un chemin entre les ronflements.

Le 19 mars, ils continuent leur route pour aller hurler à Lille le plaisir de les voir et pouvoir discuter de leur challenge avec les camarades lillois, qui les assurent de leur soutien dans leur quête.
Les étiquettes changent, mais le cœur est là, après les murs de la CGT, la salle et le couloir du FSU. La générosité de l’accueil remplace le confort pour cette nuit.
20 mars, premier changement de pays, ils vont faire un tour en Belgique revoir des soutiens de la marche européenne et ils ne peuvent quand même pas oublier d’aller voir le siège de la Frontex (Frontières extérieurs) afin de les informer de vive voix.
Ils ont bien l’intention de les défier. Oui ! chers états, le peuple décide de reprendre le jeu en main. Et s’ils ne peuvent pas aller et revenir en Tunisie, ils auront su prouver que les hommes libres sont verrouillés et que vous êtes leurs geôliers.

Personne n’a été reçu mais qu’importe, les tam-tams et les banderoles parlent en leur nom, avec la même force que les paroles des délégués. L’opinion est avec nous, la rue est plus forte, plus nombreuse que ces cravates planquées derrière les vitres, seules face aux conséquences de leur choix.

Puis Paris pour une nuit dans la cité des Droits de l’Homme où devant le Ministère de l’Intérieur tous les mercredis et jeudi soir le collectif ‘Faut-il mourir pour avoir des papiers ?’ rappelle au Parti Socialiste qu’une promesse doit être tenue et le changement fait. Mais comme vos prédécesseurs, vos promesses ne méritent pas l’arbre abattu pour la feuille sur lesquels vous les rédigez. Si leurs droits sont limités, leur volonté de changement n’a pas de limites. Même menottés, ils briseront ces murs d’argent érigés en exploitant leur situation.

21 Mars, une nuit dans un gymnase prêté par la Mairie de Paris, place des Invalides, les Anciens Combattants de la France, terminent leurs vieux jours dans l’hospice un peu plus haut et la relève dort juste à côté. Ces anciens qui ont combattu au coté de leurs grand parents immigrés peuvent rêver tranquilles. Une nouvelle lutte avance pour faire vivre la Liberté pour laquelle ils se sont battus à l’époque.

La camarade route laisse manger ses kilomètres, se rappelle que ce sont eux qui ont étalé son goudron, pour que nos travaux, nos congés, nos heures à courir, nous semblent confortable. Au pays, les impôts laissent encore des trous sur la route, alors que l’argent circule ; les gouvernements magouillent.

Le ciment du groupe, c’est la lutte. Valence prouve que des rroms, des Sans-papiers, le Dal et autres collectifs et soutiens indépendants bougent plus de CRS, RG, et autres corps de police que n’importe quelle manifestation.
A savoir qu’ils n’étaient que 60/70 à manifester pour un monde qui tourne rond. Face à eux, 50 flics. La parole des pauvres fait-t-elle trembler les ronds de cuir de l’état ?
Un mouvement mêlant les origines, l’âge ou la position sociale et qui, malgré les crises financières, les usines qui ferment, les expulsions qui sévissent, reste uni et plus téméraire qu’avant.

Dans la lutte, les belles rencontres sont journalières. A St Michel, un village d’irréductibles gens biens, ils sont accueillis avec une chorale, une tribune pour débattre, un repas magnifique et un toit. Une nuit à repenser la vérité dans ce bonheur de vin et d’amitié que l’on trouve dans ces villages ou la solidarité a planté les espoirs de demain.

22 Mars, le temps est un ami, qui ne s’arrête pas. Ils doivent prendre le bateau demain à Gènes en Italie. Il leur faut traverser cette montagne généreuse pour passer la frontière vers Milan. Des heures à compter les moutons et voir les gens attendre les réponses.
Puis bientôt des heures à voir les boutiques de Milan défiler au ralenti, bloqués dans le trafic. Retrouver un peu de la France dans leur volonté râleuse de Parisiens, bloqués au bon vouloir des feux. Enfin, une soirée à l’image de l’Italie, belle et généreuse, suivie d’une nuit dans le gymnase prêté pour l’occasion.

23 mars, le doute a remplacé l’espérance, une question reste aussi vaste que cette mer face à eux « passera, passera pas ? » Les barrages dans les têtes doivent tomber les premiers, les listes sont-elles à jour, les passeports sont-ils donnés à qui de droit, vas-t-on passer les premiers douaniers ? Un derniers coup de klaxon en guise de bonne chance offert par les chauffeurs du bus et il ne reste plus que l’obligation d’avancer, malgré ce que cela implique. Les jeux sont faits, rien ne va plus.

Alors que devant eux roulent fièrement les 4x4 de ces touristes aveuglés par la fumée de leur connerie qui vont faire semblant d’aimer l’Afrique en polluant son air et alors qu’ils les regardent sans les voir. Je me demande : comprennent-ils que l’avenir de ce continent est face à eux et qu’il galère ?

Dans la balance de la policière, les pensées révolutionnaires font le poids.
Car en attendant le choix final, ils informent les gens ‘He, l’ami on vient de France, on n’a pas de papiers, on va en Tunisie et on revient en France, fait passer la nouvelle, l’histoire est en marche ! »
Maintenant, les tampons de sortie ont prit place sur les passeports, non sans être doublés d’un avertissement : « partir n’est pas un problème, mais il ne sera pas aussi simple de revenir... à vous de juger ».

Sur cette menace et avec l’espoir que le forum allait être là pour leur assurer le retour... Mondial, ils peuvent facilement croire qu’au moins 2000 personnes minimum, les attendront à la sortie du port et faire pression sur les autorités Tunisiennes, Italiennes, Françaises.
Comme tout message leur discours doive passer des lèvres à l’avis des gens, ainsi leur courage est vite devenu la rumeur maîtresse du bateau. Une réunion d’information est organisée pour expliquer aux différentes associations le but de ce voyage et leur donner conscience de l’ampleur du combat qu’ils ont à mener.

24 Mars, le ferry grignote les minutes creuses qui les séparent de Tunis et de l’espoir de répondre à cette question, « Suis-je homme ou papier ? »
Entre chant et danses, ils posent le pied sur le terrain de leur révolution, l’interdit de la libre circulation va peu-être tomber grâce à eux.
Sous les « mercis la Tunisie ! » ; « papiers pour tous, yababa ! », ils gravissent les escaliers qui les mènent à la frontière.
Nous voyons nos passeports vivre leur vie entre les mains des douaniers, les soutiens à droite, les africains à gauche et les sans-papiers dans le bureau.
Qu’importe, la suite est tout droit, si près qu’ils peuvent voir le soleil du pays, derrière les silhouettes des soutiens qui arrive, technologie à la main près à immortaliser les causes de leur venue ici.

Chantons ensemble mes frères, les douaniers sourient, leurs têtes balancent au rythme de la victoire. Ils y croient durant quelques heures avant qu’elle ne perde de sa splendeur. Les délégués sortent du bureau avec la réponse de la Tunisie pour leur voyage. « Vous pouvez tous rentrer en Tunisie sans problème, mais par contre le patron de la compagnie de ferry refuse de prendre les sans-papiers au retour dans quatre jours, il encourt une amande de 2000 euros par personne. » Mais il accepte d’assurer le retour, s’ils reprennent le bateau le soir même et se débrouillent sur place avec la police italienne.

Les autres ne vont pas tarder ! les milliers de soutiens qui devaient venir pour leur cause, ils font quoi ? Est-il utile de croire que ces braves gens vont prendre le risque de les soutenir ?
Ils ne les ont pas prévenus un par un certes, mais c’est mondial….Bordel !! Y sont où les gens qui parlent pour eux ? Hé, les bonnes âmes bien pensantes, il est l’heure de se remuer…. 
Les sans-papiers sont venus sur place raconter leur vérité ; malgré les risques qu’impliquent ce voyage, ils ont relèvé le défi et vous… ? Resterez-vous cachés à l’abri de votre morale de pacotille ?

Une fois encore, ils se retrouvent devant la vérité froide de l’indifférence des gens, ils auraient put choisir de laisser une délégation de personnes régularisées.
Mais devant le vide laissé par l’indifférence du forum à leur combat, ils décident de faire demi-tour ensemble, comme promis.
« Continuez à vous congratuler entre bobos, la vérité est que vous êtes aveugles et hypocrites….. Indignes de leur présence à votre sauterie ».

Finalement ils ont réussi à poser le pied en Afrique , leur joie a traversé la Méditerranée, jusqu’aux portes en verre du terminal..
Dommage, les gens qui ont coulé leur espoir sont ceux-là même sur qui ils comptaient le plus, enfin, ils ont quand même gagné une bataille !

Arrivés sur la passerelle du bateau, ils comprennent que les coups durs ne sont pas finis.
Malgré la discussion avec le directeur de la compagnie, le capitaine refuse de les prendre à bord, illégaux et sans-papiers ça fait beaucoup pour lui.
Il demande un ordre d’expulsion à la Tunisie ; il ne viendra jamais vu que le tampon d’entrée sur le territoire Tunisien n’a pas posé sa morsure sur les passeports.
Voila le bateau bloqué à quai, l’Europe a fait de cette passerelle une nouvelle terre d’accueil. Étant sortis d’Italie et refusés en Tunisie, ils sont devenus des Sans-pays…….la suite logique, non ?

Installés sur les sacs, ils préviennent les réseaux ; quelque coups de fils peuvent déplacer les foules, journalistes, soutiens politiques, syndicats, CSP et groupes de soutien d’Europe, tout le monde est rameuté.
Dans plusieurs villes d’Europe, des manifestations s’improvisent devant les ambassades d’Italie, on y hurle « laissez rentrer la caravane des sans-papiers ».
Cette nouvelle redonne de la force à ce nouveau peuple ‘Les Passepas’ ceux qui vivent sur une passerelle d’acier au dessus de la mer.

Ils ne bougent pas vu qu’on les refuse des deux cotés. Il faut choisir commandant ; remonter la passerelle avec 30 personnes dessus, une mauvaise pub pour la compagnie, des gros titres morbides pour eux...
Ou les faire rentrer dans le ferry en les informant, qu’ils seront obligatoirement déclarés à la police des frontières italienne qui ne manquera pas d’assurer leur accueil sur place.
Les portes s’ouvrent enfin avec regret et ils pénètrent à l’intérieur, vers un avenir incertain, quittant ce bout d’acier dont ils furent les seuls résidents pendant 5 heures.

L’inconnu donne parfois des trésors de générosité, comme cet employé du bateau qui nous a géré en toute discrétion, 2h internet. Permettant ainsi d’informer les réseaux de rester mobilisés sur le danger qui nous attendait en Italie.
La nuit vas être longue, solidaire et agitée pour l’ensemble des hommes et femmes de la caravane.

JPEGLe 25 Mars, ce bâtiment insubmersible semble devenir aussi fragile que ces coques de noix que certains on dut prendre pour venir en Europe. Les seules portes de sortie qui s’offrent à eux est la confiance en leurs délégués, ainsi que les mouvements qui ont tourné toute la nuit devant les ambassades.
Un murmure passe entre les tables et sur les claviers des ordinateurs, il paraîtrait que des délégations ont été reçues par les ambassades. L’Italie ne veut pas s’embarrasser de leur présence, mais cela reste une rumeur.

L’instant s’écoule plus lentement sur le visage d’un homme qui attend un verdict. Mais la solidarité des passagers prouve que la question valait le coup d’être posée ;
ils seront une vingtaine de voitures dont les klaxons chanteront à leur sortie sur le sol Italien.
Malgré tout, la Méditerranée prend le blues des menottes qui pourraient être mises aux poignets de ceux qui ont voulu tester la liberté.

« Les participant du forum mondial doivent se rendre dans la salle Poséidon » la douce voix de l’hôtesse tombant d’un haut parleur, indique le chemin pour le grand cirque de la loi ; l’état italien assure le show.
Un policier passe en me souriant, bon signe pour eux ou joie sadique pour lui. A cette seconde précise, je ne sais pas trop sur quel pied danser.
Eux, ils prient tournés ver la Mecque, laissant pendant quelques instants la vie suivre son cours. A quoi bon s’agiter, les délégués aidés de leurs traductrices discutent avec la police qui a les passeports dans les pognes et la solution à leur problème.

Sissoko apporte le soulagement de la réponse, « Ils vont nous délivrer des avis d’expulsion du territoire, à partir de là nous avons 7 jours pour quitter le pays, avec ce papier nous sommes à l’abri de toute arrestation » ils ont gagné leur pari, les manifestations de soutiens anonymes ont porté leurs fruits…..Merci mille fois pour le miracle que votre amitié a fait naître.

Les voila partis entourés par une police souriante aidant à porter les bagages, rigolant aux blagues. Je rassure de mon côté la dernière sceptique « Cette nouvelle amitié est le bouquet final que la lutte nous offre. » Le début commence avec quelques ordres, pas de films, pas de photos, ce furent les seuls que l’on ait eu de la soirée.

Ils leur on demandé de remplir les questionnaires habituels, nom, prénom, ville de naissance, marié ou pas. Italiens de pur souche, resté au soleil et étrangers venus tenter leur chance là où ça marche. Des photos, sont-ils eux ? Les empreintes, que touchent-ils ?
La faim commence à toquer à leur estomac, la police demande au bateau de préparer des sandwichs, de l’eau, des fruits, et pour que l’on garde un bon souvenir de la police Italienne, ils nous offrent le café….et un arc et des flèches, un cadeau aussi bizarre que ce banquet improvisé au bon sourire de la police Italienne... Qui sait donner aux sans papiers le respect que le FSM à oublié.

Dans cette salle, l’habitude des murs est d’entendre répression, arrestation. Se soir une belle africaine y joue à singer les gens de notre troupe, certains jouent au carte, dans un coin on prépare le grain, en quelques heures ce lieu est devenu une place à l’Africaine.
Les uns après les autres, ils partent à l’identification, le squat où ils pensaient dormir s’éloignent peu à peu, tant les heures passent dans leur séance de pré-liberté.

Sur le coup de 3 h du matin, la police propose de déplacer les sacs dans le couloir et d’utiliser la salle pour dormir. L’amitié qui nous lie fait que chacun d’eux laisse la meilleure place à son voisin, le choix est vite fait : chaises, lino, bureau, couloir. Dans un sommeil aussi symbolique que léger, on peut entendre les hommes et les femmes être appelés pour aller chercher leurs ordres d’expulsion. Une fois dans leur vie, ils seront heureux d’avoir un OQT. (Obligation à quitter le territoire.

Le 26 Mars 2013 ; ce matin n’existera qu’une fois, où ils sont partis avec le sentiment d’avoir été plus fort que ces fous qui gouvernent. La pluie lave les doutes sur leur expédition, ils marchent en souriant vers la gare prendre le train pour Milan. Cette ville est comme la dernière case de ce jeu à grande échelle, mais qui garde un goût d’inachevé.
Dans le train qui les ramène à Milan, ils improvisent une réunion avec dans l’idée de constituer un groupe pour retourner à Tunis. Afin de rappeler aux associations sur place, que si l’hypocrisie était un sport olympique, ils en auraient la médaille d’or. Ils ont cru pourvoir snober leur venue et tourner le dos à leur témoignage, c’est bien mal connaître, ces hommes et femmes qui font l’Afrique.

Ils vivent une courte errance dans le métro Milanais, avant d’arriver au terminal d’Euroline, les trais tirés, mais avec les regards pétillant d’athlètes qui gagne la course.
Montent dans les bus pour reprendre ce rôle de travailleur sans-papiers en France. À nouveau être celui qui se lève tôt, pour de rien, ni droit, ni liberté.
Juste longer les murs avec le nom d’un autre en guise d’identité, alors qu’ils construisent l’avenir.

La corne d’abondance que représente l’Europe pour les pays pauvres reste bien protégée par le pouvoir mis en place par l’occident.
Partir devient une nécessité, si l’absence permet de construise école, hôpital, marché...etc au pays.

2 Mars 2013 au bout de quelques heures à Paris, un camarade sans-papier qui revenait de Tunis, fut arrêté à la sortie du métro... et libéré presqu’aussitôt par la mobilisation immédiate des collectifs ; la routine reprend...

Bienvenue en France ; liberté, égalité fraternité…..HAHAHA !!!

Franck Vibert
histoiredevivre.wifeo.com

Le 09 avril 2013, 02:29 mat.