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Comme il l’avait annoncé après l’adoption de l’amendement Lefèbvre à la
loi Hortefeux, ouvrant la possibilité d’une régularisation par le
travail (au cas par cas, via le pouvoir discrétionnaire des
préfectures), le gouvernement vient de transmettre le 20 décembre aux
préfets une circulaire d’application accompagnée de deux listes de
métiers dits « en tension ».

Cette circulaire devrait permettre aux préfets de délivrer une
autorisation de travail à des étrangers notamment non qualifiés
travaillant dans le bâtiment, le nettoyage, la restauration, l’aide à la
personne... Mais cette liste de 150 métiers est réservée aux... seuls
ressortissants des nouveaux pays qui viennent d’intégrer l’Union
européenne.

Elle exclut donc, délibérément, des milliers de travailleurs
sans-papiers, notamment africains et asiatiques, qui travaillent déjà
depuis des années et des années dans ces secteurs, cotisant aux caisses
d’assurance maladie, de retraite, de chômage... déclarant et payant des
impôts.

Avec la publication de cette circulaire et des listes qui
l’accompagnent, le gouvernement a donc décidé d’interdire de travail, et
donc de les chasser des postes qu’ils occupent déjà, des travailleurs
« sans papiers » au motif qu’ils ne sont pas européens.

Cette politique porte un nom. C’est une politique raciste.

Comme nous l’avons maintes fois souligné lors de nos rencontres avec les
ministères du Travail, des Affaires Étrangères, de l’Économie et des
Finances et dernièrement à Matignon, le 21 décembre dernier, une
certaine cohérence politique, économique et humaine impliquerait de
régulariser déjà, dans l’égalité des droits, celles et ceux qui
travaillent ici, qui vivent ici... Et qui, de toute façon, resteront
ici.

Nous refusons catégoriquement cette mise en concurrence de différentes
catégories de travailleurs entre elles et son organisation via cette
circulaire. À plus forte raison, quand cette mise en concurrence vise à
l’exclusion d’une catégorie de travailleurs, du fait de son origine et
sa nationalité.

Si des métiers sont dits « en tension », alors que déjà des travailleurs
« sans papiers » avec, encore une fois, dans la grande majorité des cas,
des feuilles de paye, des contrats de travail..., les occupent et ce
depuis des années, cela signifie, si les mots ont encore un sens, que
dans ces métiers des centaines de milliers de nouveaux travailleurs
de..., quelque pays que ce soit, peuvent y être embauchés.

Cette évidence nous en avons fait la démonstration en déposant des
listes de centaines de noms (et rien que de noms) et la référence aux
différents secteurs d’activité occupés (bâtiment, nettoyage,
restauration...), lors de nos entretiens avec les différents ministères,
comme à Matignon le 21 décembre dernier.

Plus que jamais, nous allons continuer à amplifier notre action avec les
organisations et associations, et d’autres à venir, en manifestant dans
la rue, chaque fois plus nombreux, pour exiger la régularisation de
tou(te)s les travailleur(se)s sans-papiers.

Mais, il faudra bien aussi que les patrons qui ont, dans leur très
grande majorité, embauché ces travailleurs « sans papiers » en toute
connaissance de cause, finissent également par prendre leurs
responsabilités.

Paris, le 28 décembre 2007


J.C. Amara, Droits devant !!

R. Chauveau, UL Cgt Massy