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SYDNEY (AFP)

Mise à jour : SYDNEY (AFP) - Australie : 50 immigrés présumés noyés après un naufrage

Au moins 50 demandeurs d’asile se sont probablement noyés après le naufrage mercredi d’une embarcation au large de l’île australienne de Christmas Island, a indiqué un responsable des services médicaux d’urgence.

La naufrage a fait également 36 blessés.

« Nous pensons, mais ce n’est pas confirmé, qu’il y a environ 50 morts et 33 qui sont blessés », a déclaré à l’AFP Lesleigh Green, des services de secours, ajoutant qu’ils devaient aussi récupérer trois autres personnes grièvement blessées. [La Croix]

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Quarante-deux survivants ont été décomptés, a indiqué la police des Douanes et de la protection des frontières dans un communiqué, qui a précisé que les opérations de recherche se poursuivaient.

« Mais malheureusement, les premières informations disent également que 27 corps ont été récupérés à ce stade », selon la même source.

Les passagers seraient de nationalité iranienne et irakienne, selon des avocats spécialisés dans la défense des demandeurs d’asile.

La tragédie s’est déroulée sous les yeux d’habitants de Christmas Island, dont certains s’étaient regroupés sur les falaises surplombant une mer démontée.

« Il y avait des enfants dans la mer. L’un d’eux était un tout petit, vêtu d’un gilet de sauvetage, qui flottait le visage dans l’eau, visiblement mort », a déclaré Simon Prince, un habitant de l’île, à la télévision Sky News. « C’est quelque chose que je ne suis pas près d’oublier ».

Les habitants ont dit avoir été réveillés à l’aube par des hurlements venus de la mer. Ils ont lancé à l’eau des gilets de sauvetage mais le vent les ramenait sans cesse vers le rivage. Ils ont ensuite formé une chaine humaine pour lancer des cordes.

« Nous pouvions entendre les cris », a déclaré en pleurant Ingrid Avery à Radio Melbourne. « Des cris, des cris, je pouvais entendre les cris des enfants ».

Un des témoins, Phillip Stewart, a affirmé avoir vu des gens se noyer et d’autres ballotés au milieu de débris après que leur bateau se fut fracassé, par une mer démontée, contre une falaise de l’île, située dans l’océan Indien à 2.600 km des côtes de l’Australie.

« Nous avons vu les gens se noyer (...). Malheureusement, ils étaient rejetés contre les rochers », a déclaré ce témoin à Sky News. Sur l’île, « c’est le choc total et l’horreur ».

Le Premier ministre Julia Gillard a annulé ses vacances et déclaré que « l’objectif du gouvernement et l’absolue priorité à présent sont les secours, la récupération et les soins à apporter aux personnes blessées ».

Selon les témoins, l’embarcation était bondée de passagers, des familles pour la plupart, et ils semblaient malades, allongés sur le pont, alors que le bateau dérivait avant de se fracasser sur les rochers.

« Les vagues ont poussé le bateau contre les rochers, qui s’est fracassé, et les gens sont partis à la dérive », a déclaré à l’AFP Kamar Ismail, un des responsables administratifs de l’île.

Selon lui, les habitants essayaient de venir en aide aux naufragés mais la mer, très agitée, rendait ces efforts quasi impossibles.

Michael Foster, un autre habitant de l’île, a déclaré que les secours avaient fait de leur mieux mais que les conditions étaient trop rudes pour qu’ils puissent s’approcher des naufragés.

Des milliers de demandeurs d’asile en provenance d’Irak, d’Afghanistan et du Sri Lanka tentent leur chance vers l’Australie au départ de l’Indonésie, à bord d’embarcations de fortune.

En 2009, cinq réfugiés afghans étaient morts en mer, près de Christmas Island.

Cette île, territoire australien mais située à quelque 300 km des côtes indonésiennes, abrite le principal centre de rétention d’Australie, où sont placés les demandeurs d’asile arrivant par bateau, pendant l’examen de leur dossier.

Les défenseurs des droits de l’Homme luttent depuis longtemps contre la politique australienne de détention des demandeurs d’asile sur cette petite île perdue au milieu de l’océan Indien.

Canberra a évoqué à plusieurs reprises l’idée de construire un centre de rétention au Timor oriental, afin de décourager les candidats à un voyage dangereux, qui a fait plusieurs centaines de morts ces dix dernières années. Cette proposition soulève un tollé en Australie.