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Le 1er août 2007, la Bourse du Travail de Lilles était évacuée et des dizaines de sans-papiers grévistes de la faim interpellés. Le 23 juillet, la traditionnelle marche du mercredi du Comité des sans-papiers (CSP 59) a été l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée.

Photo Christophe Lefèbvre

L’été dernier, Salim, un jeune Guinéen, a observé une grève de la faim de « 75 jours ». Hier, il marchait avec les sans-papiers en tant que... sans-papier. Amer, Salim ne compte pas parmi les 29 grévistes (sur les 56 officiellement recensés) à avoir bénéficié d’une mesure de régularisation. Le tournant du mouvement de 2007, comparé à ceux de 2003 ou de 2004, se situe à ce niveau. Cette fois-ci, les obtentions de papiers n’auront été que très partielles. Et Salim ne se voit pas reprendre un nouveau jeûne. Il veut « trouver une solution d’intégration », sans pouvoir clairement la préciser.

Membre de la commission juridique du CSP 59, Armand Nwatsock offre une analyse politique de l’issue du mouvement. À ses yeux, ce conflit visait également l’influence même du CSP. « Notre mission est de rendre les sans-papiers visibles, précise le militant. Aujourd’hui, avec les expulsions, le but du gouvernement n’est pas trop un renvoi massif d’étrangers, mais de faire peur et de pousser les sans-papiers à se cacher et à rester dans la clandestinité. » Côté action, le CSP 59 a lancé des chantiers. Il prépare un tableau récapitulatif entre les situations des grévistes de 2007 régularisés et non régularisés, « pour montrer l’arbitraire ». Le Comité a également saisi le médiateur de la République. Il entend réintégrer les réunions mensuelles entre services préfectoraux et associations où il ne siège plus depuis un an.


[Source : La Voix du Nord éd. du jeudi 24.07.2008]