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À Londres, et dans bien des villes et banlieues d’Angleterre, on en est à trois jours d’émeutes. Hier, le chef de la police demandait « aux parents de commencer à contacter leurs enfants pour leur demander où ils se trouvent »...

London’s burning, chantaient les Clash il y a trente ans.

On se souvient des émeutes sans fin de Brixton. « Oh oh, the guns of Brixton », chantaient-ils aussi :

photos d’émeutes, Brixton 1985

Ils appelaient à la « White riot ». « I want a riot » :

White riot - I wanna riot

White riot - a riot of my own

(…)

Are you going backwards

Or are you going forwards ?

Black people gotta lot a problems

But they don’t mind throwing a brick

White people go to school

Where they teach you how to be thick

An’ everybody’s doing

Just what they’re told to

An’ nobody wants

To go to jail !

stay free

Au cœur de la vague de révolutions pacifistes réclamant une démocratie réelle maintenant, voilà que le pays de la plus vieille démocratie s’enflamme, comme pour montrer que le chemin de l’émeute existe encore, ou pour signifier combien le désespoir est sans limites. Ce ne sont pas les voitures, mais les maisons qui brûlent dans les banlieues de Londres.

White riot appelait les blancs trop bien élevés à se révolter aussi – et aujourd’hui, plus de trente ans après les fameuses émeutes de Brixton, les Clash sont entendus…

Alors que la crise économique est annoncée – crise dans la crise, deuxième degré de la catastrophe –, le discrédit de l’ordre existant n’est pas seulement un indice relevé par les organismes de notation, Standard & Poor, Moody ou autres, mais une évidence universellement partagée, de Reykjavik à Tunis, et de Damas à Londres, en passant par Athènes et Paris, Le Caire et Saana, Casablanca ou Santiago du Chili...

Le monde doit changer de base.

Partout on parle d’une nouvelle constitution à écrire. Quelques rescapés de la bataille contre la Loppsi ont brouillonné quelques propositions, qu’on pourrait mettre en post-scriptum de tous les articles sur la révolution mondiale en cours :

VIDEO. Posté le 9 août. 3e jour d’émeutes.


London Riots 2011 - Raw Footage of Mob Attacking... par mediafreaks3d

Suppression de l’exécutif – présidence, gouvernement –, l’administration des ministères passant sous contrôle des commissions parlementaires dédiées à chaque ministère.

Aux ministères sont également associés des Conseils de société civile, un spécifique à chaque ministère, comme les commissions parlementaires qui les dirigent, ces conseils ayant une fonction de contre-pouvoir.

Les conseils de société civile sont ouverts à tous, à commencer par toutes les organisations syndicales ou autres spécifiques ou pas au domaine administré, mais également à toutes les personnes intéressées, et à tous ceux qui le désirent – à tous.

Ils ont pour fonction d’examiner toutes les décisions que peut avoir à prendre ce ministère, à toutes les étapes de la réflexion jusqu’à son aboutissement.

Ils ont également pouvoir de proposition.

En cas de désaccord entre le Conseil et la Commission, le Conseil a pouvoir de renvoyer à l’Assemblée ; et en cas de désaccord persistant entre le Conseil de société civile et l’Assemblée, le Conseil a pouvoir d’appeler au référendum.

Et dans tout le pays – dans toutes les villes, et éventuellement dans les villages –, il y aurait, en lieu et place de la Mairie, par exemple, ou du Tribunal, c’est-à-dire en un beau bâtiment très central de préférence, des Maisons de la démocratie. Dans ces maisons, hormis autant de salles de réunions que nécessaire, il y aurait accès à toute l’information sur le travail, la réflexion et les décisions prises par l’Assemblée à travers ses commissions et sous le contrôle des conseils de société civile. Supplémentairement, il pourrait y avoir. là un point d’information citoyenne où seraient diffusées toutes les publications ayant trait au débat politique, tous les commentaires des uns ou des autres, tous les petits journaux qu’on pourrait avoir envie de faire, toi ou moi. Des « journaux des débats ».

Ces Maisons de la démocratie seraient ainsi le lieu des assemblées locales – n’excluant pas qu’il puisse y en avoir en tous lieux, selon l’intensité des débats, n’interdisant pas que de telles assemblées puissent se faire non seulement sur une base locale, mais y compris sur des bases affinitaires.

Elles fonctionneraient comme un deuxième contre-pouvoir, susceptible d’en appeler au référendum sans trop de difficultés.

Elles auraient comme fonction essentielle de réfléchir constamment à l’organisation sociale, et de proposer des réformes y compris constitutionnelles pour corriger tel ou tel dysfonctionnement de l’ensemble de cette construction ou de certaines de ses parties.

Quant à l’Assemblée, elle serait composée en trois tiers :

- le premier, élu sur listes à la proportionnelle intégrale à l’échelle nationale, serait en quelque sorte celui des partis, ou de tout groupe éventuellement constitué de façon éphémère pour l’élection mais ayant de fait les caractéristiques d’un parti, c’est-à-dire d’un ensemble de gens se présentant solidairement ;

- le deuxième tiers serait élu, lui, sur la base des circonscriptions territoriales, et serait un suffrage nominal à deux tours, majoritaire sur le modèle de l’élection actuelle des députés. L’idée est avancée que les candidats soient en fait des trinomes, trois personnes se présentant à la fois, et partageant le siège de parlementaire, ayant à s’accorder sur les votes soit par consensus (a priori acquis puisqu’ils se sont présentés ensemble), soit à la majorité simple (deux sur trois). Ils peuvent faciliter à « un » député de participer à plusieurs commissions parlementaires, puisque chacun est triple, trois individus interchangeables agissant en accord en vertu du même mandat électoral.

- et le troisième tiers serait tiré au sort dans la population (ou, éventuellement, sur la liste de tous ceux qui opteraient pour être éligibles).

Les élections se feraient en trois temps. Et le nombre de sièges de l’Assemblée seraient éventuellement considérable, par exemple si on retenait les actuelles 577 circonscriptions actuelles. Comme ce mode de représentation ne compterait que pour un tiers, on dépasserait les 1700 parlementaires. Ce qui n’est peut-être pas du luxe si on considère qu’ils auront à se répartir la charge de l’administration au sein des multiples commissions parlementaires chargées de diriger les ministères.

Il n’y aurait pas d’indemnité parlementaire, aucune fonction d’élu n’étant rémunérée, le revenu d’existence inconditionnel étant assuré à tous comme revenu de citoyenneté, garantissant à tous la possibilité de consacrer du temps aux affaires publiques.

Londres (Royaume-Uni), 8 août.

La pression ne retombe pas à Londres. Les violences se sont poursuivies dans la nuit de lundi à mardi dans la capitale britannique, pour la troisième journée consécutive, et se sont étendues à la province.

Le Premier ministre britannique David Cameron a même décidé d’écourter ses vacances en Toscane (Italie) pour rentrer à Londres dans la nuit de lundi à mardi. Il devrait tenir une réunion d’urgence avec les services de secours.

Dans la nuit de lundi à mardi, violences et pillages se sont également propagés dans la nuit aux villes anglaises de Birmingham, de Liverpool et de Bristol, soit au centre, au nord-ouest et au sud-ouest de l’Angleterre. Lundi soir à Londres, des groupes de jeunes s’étaient rassemblés dans le quartier de Hackney, dans l’est de la capitale, pillant des magasins et un camion. Plusieurs voitures ont également été incendiées jusqu’à ce que la police repousse les émeutiers.

Scotland Yard a annoncé avoir déployé 1 700 policiers supplémentaires pour faire face aux pires incidents survenus dans la capitale britannique depuis des années. La police a également dû intervenir à Croydon, où des feux spectaculaires étaient en cours lundi soir selon les images de la BBC, à Lewisham et à Peckham, dans le sud de Londres. À Peckham, des commerces étaient en feu et les flammes menaçaient de se propager à d’autres immeubles alors que des jeunes ont tenté de mettre le feu à un autobus à impériale, selon des images de télévision.

« Incroyable niveau de violence » contre les policiers

Toute la journée de lundi, des groupes de jeunes ont harcelé les forces de l’ordre et pillé des magasins dans plusieurs quartiers de la ville. Ces nouveaux incidents font suites aux émeutes survenues dans la nuit de samedi à dimanche à Tottenham, dans la foulée d’une manifestation pour réclamer « justice » après la mort d’un homme de 29 ans, Mark Duggan, tué lors d’une opération des forces de l’ordre contre la criminalité au sein de la communauté noire.

Mardi, 334 personnes, dont un garçon de onze ans, avaient été arrêtées depuis le début des violences. Au moins neuf membres des forces de l’ordre ont été blessés durant la nuit de dimanche à lundi, dont trois après avoir été heurtés par un véhicule roulant à vive allure. Trente-cinq au total ont été blessés depuis le début de ces émeutes, a indiqué la police, qui s’est dite « choquée par cet incroyable niveau de violence à leur encontre ».

Scènes de pillage en province

En province, la police des West Midlands a confirmé l’arrestation de 87 jeunes qui, dans le centre de Birmingham, brisaient des vitrines de magasins et se livraient au pillage. Elle a indiqué qu’un commissariat de Birmingham était en feu. À Liverpool, la police locale a elle aussi indiqué être confrontée à des scènes de violence, notamment l’incendie de plusieurs voitures.

En ce qui concerne la capitale britannique, le chef de la police Tim Godwin a demandé « aux parents de commencer à contacter leurs enfants pour leur demander où ils se trouvent ».

[Source : leparisien]