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Aujourd’hui, on a frôlé le drame à Tours. Monsieur Belhachemi a tenté de s’immoler devant la mairie. Ce père d’une enfant de 14 mois ne supporte plus que la préfecture d’Indre et Loire refuse de délivrer un titre de circulation à sa fille. Sans ce papier, elle n’existe pas administrativement : ses parents ne peuvent l’inscrire dans une crèche ; si jamais elle subit de grave problèmes de santé, la Sécurité sociale ne prendra pas en charge les frais médicaux ; elle ne pourra pas aller à l’école maternelle quant elle en aura l’âge...

Monsieur et Madame Belhachemi, de nationalité algérienne, vivent régulièrement en France depuis plusieurs dizaines d’années. Le couple a adopté en décembre 2007 Nora, alors âgée de quelques semaines. Cette adoption s’est faite en toute légalité en Algérie et a été entérinée par un tribunal algérien. Et bien cela ne suffit pas ! Depuis plus d’un an, le couple est confronté au blocage administratif de l’État français. Mais pourquoi ne délivre-t-il pas ce simple permis de circuler ? Cela reste mystérieux.

L’acharnement du préfet et du ministre de l’immigration et de l’identité
nationale ont poussé à bout Monsieur Belhachemi. La grève de la faim qu’il a
entrepris depuis le 27 février n’a pas fait évoluer la situation. Les autorités
ont manifestement choisi de laisser pourrir la situation, ce qui est intolérable !
Lors d’un entretien entre des membre du CSDASP et le directeur de cabinet de Besson, il fut invoquer par ce haut personnage, que Monsieur Belhachemi aurait des soucis judiciaires. Nous ne sommes pas là pour juger les actes d’une personne, quelle qu’elle soit ! Mais si l’attitude des autorités est motivée par le fait que Monsieur Belhachemi aurait eu des comportements délictueux, alors nous rentrons dans un autre registre : la double peine. La victime serait, non pas la personne directement impliquée, mais une fille de 14 mois...

Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait déclaré qu’il fallait en finir avec la double peine. On ne peut pas dire qu’il soit très entendu par ses subalternes. Pire, ils appliquent ce dénis de justice par personne interposée : une fillette âgée de 14 mois ! C’est bien elle qui ne peut se soigner, aller dans une crèche..., alors que son père, étant en situation régulière, peut faire prévaloir ses droits sociaux !

En outre, ces tristes sires oublient que Nora a une mère et qu’elle est en
capacité de s’occuper de sa fille, même si son père devait ne plus être à ses
côtés. Ainsi, ils négligent l’existence d’une femme en situation régulière et
d’une enfant de 14 mois, sous prétexte qu’un conjoint et un père aurait des
problèmes avec la Justice.

À la suite de sa tentative d’immolation, le préfet d’Indre et Loire a décidé de
placer Monsieur Belhachemi en Hospitalisation d’Office. Ainsi il n’est plus
libre de ses mouvements. Il est enfermé dans un hôpital psychiatrique en Indre et Loire. Il retrouvera sa liberté lorsque le préfet aura levé l’HO.
Le ministre Besson ainsi que le préfet d’Indre et Loire sont directement
responsables de cette situation. Lorsqu’on pousse des gens à bout, qu’on les
humilie, qu’on ne reconnaît pas leur paternité, on prend le risque qu’il puisse
commettre l’irréparable. De manière générale, une HO est prise pour protéger une personne d’elle même lorsqu’elle porte atteinte à sa vie ou à son intégrité.

Mais la meilleure protection qui pourrait être offerte à Monsieur Belhachemi
serait que Nora puisse bénéficier de tous les droits dont jouit un enfant :
exister administrativement. Il faut que cette famille retrouve une vie sereine ; que chacun de ses membres puisse vivre normalement, sans avoir l’inquiétude du lendemain.

Nous appelons à

UN RASSEMBLEMENT LE 18 MARS À 14 H PLACE JEAN JAURÉS À TOURS

pour exiger un permis de circulation pour Nora et qu’elle puisse vivre sereinement avec ses parents.

[Source : Collectif de Soutien aux Demandeurs d’Asile et aux Sans Papiers 37]