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Bachar el Assad aura innové dans l’histoire de l’horreur : il gouverne des villes en ruines, désertes, où ne circulent que ses tanks qui sèment la mort… Mais il n’y a plus personne à tuer, et il ne règne que sur des gravats...

On parle de réveiller la Cour pénale internationale, et les incriminations pour ce crime entrepris contre le peuple syrien devraient pleuvoir sur le gouvernement et l’armée du boucher de Damas, le plus grand pulvérisateur de villes de notre temps.

Le scandale de cette justice, c’est qu’il est couru d’avance qu’elle épargnera Barack Obama, François Hollande et les responsables des affaires étrangères de ces deux pays qui auront protégé ce crime jusqu’au bout en prétendant porter des secours au peuple syrien qui les attend toujours.

La prétendue « ligne rouge », l’utilisation d’armes chimiques contre la population, à partir de laquelle Franças et Américains se sont engagés à intervenir, pouvait être dénoncée pour ce qu’elle était : une autorisation à tuer par tous les autres abondants moyens dont dispose le régime d’el Assad. Mais celui-ci aura même pu allègrement violer cette supposée limite sans que ni Barack Obama, ni François Hollande ne disent un mot.

La propagande obscène de Bachar, animée par le Réseau Voltaire et son cortège de prétendus anti-impérialistes, se sera déversée jusqu’à être reprise par tous, admettant que le peuple syrien insurgé ne serait qu’un ramassis de mercenaires islamistes, armé et financé par les monarchies pétrolières du Golfe.

Pendant que la planète se berce de cette chanson, et y trouve toutes les raisons de ne surtout pas bouger un doigt, la famine se généralise en Syrie, et l’opposition en est toujours réduite à se battre avec les armes qu’elle parvient à arracher à l’adversaire.

L’aide « humanitaire » promise est toujours offerte… au Croissant rouge syrien, c’est-à-dire à Assad, qui en fait bon usage pour maintenir ses positions, mais laisse l’ensemble du pays insurgé sans nourriture ni médicaments.

Survive le peuple syrien !

(Paris s’éveille}


Syrie : des images de propagande montrent les... par lemondefr

Ces images ont été prises depuis les chars loyalistes et montrent la ville d’Araya (banlieue de Damas) en ruines. Clairement orienté en faveur du dirigeant syrien, le reportage dont sont extraites ces séquences présente l’Armée syrienne libre comme des « terroristes » dont la tactique est de « poser des mines et de détruire la ville », alors même que les tanks canardent à tout-va les quelques bâtiments encore debout.

L’agence ANNA, basée dans le territoire disputé d’Abkhazie (province de Géorgie dont l’indépendance n’est pas reconnue internationalement) diffuse régulièrement sur Internet des reportages consacrés à l’armée syrienne et à la gloire de Bachar Al-Assad. [La prétendue République d’Abkhazie correspond en fait à un reste de garnisons soviétiques, où l’Armée rouge et le KGB ont conservé le contrôle de la situation.]

[Source : Le Monde, ANNA]

Syrie : il n’est pas trop tard

8.03.2013

Deux ans après le soulèvement le moins attendu de tous les « printemps arabes », la Syrie est aujourd’hui un tombeau. Tout d’abord celui de l’illusion d’un régime qui pensait sa férule éternelle, aveuglé par sa propagande vantant de fantomatiques mérites. Celui des espoirs d’une opposition morcelée ensuite, incapable d’offrir l’alternative claire qui aurait convaincu le plus grand nombre. Celui des calculs occidentaux, russes et iraniens aussi, à la remorque d’une mécanique infernale sur laquelle ils sont incapables de peser. Mais surtout celui d’un peuple, saoulé de massacres et d’horreurs dont le rythme semble toujours s’accélérer.

Les vingt mille morts de Hama, écrasés sous les bombes du régime Assad en 1982 après une insurrection islamiste, ont longtemps constitué le sommet de la terreur en Syrie. Mais la machine de guerre civile syrienne a déjà produit l’équivalent de quatre Hama et on ne voit pas ce qui pourrait stopper les destructions qui frappent également la mémoire et l’histoire d’un pays.

Les Syriens ont commencé à descendre dans les rues au moment où les pays occidentaux intervenaient pour empêcher l’écrasement dans le sang de la rébellion libyenne. C’est parce que cet engagement a progressivement changé d’objectif - de la protection des civils au changement de régime - que les outils de la diplomatie ont été rendus inopérants par les vetos russes et chinois aux Nations unies. Ce blocage a entretenu un conflit asymétrique dans lequel un régime surpuissant militairement parvient à préserver sa ligne de vie sans être capable d’offrir la moindre perspective.

Quant aux arguments avancés par les adversaires d’un soutien occidental plus massif aux rebelles, pour faire pièce à la cobelligérance russe et iranienne et pour forcer le régime à concevoir une solution politique, ils tombent les uns après les autres. Les risques de dérives djihadistes que procurerait cette escalade militaire ? C’est au contraire l’absence d’aide aux rebelles qui ouvre un boulevard à l’islamisme armé. Les menaces de contagion régionale ? Le conflit gronde déjà au Liban et en Irak. Les risques pour la mosaïque communautaire syrienne ? Comme si le régime Assad n’avait pas usé et abusé de ce prétexte tout en privilégiant son clan et en communautarisant la guerre quand il y trouvait son intérêt.

Il est illusoire de penser que la guerre civile syrienne restera endiguée à l’intérieur de ses frontières. Le million de réfugiés désormais recensé est la preuve d’une internationalisation inéluctable. On aura trop attendu pour venir en aide à la Syrie, mais il ne sera jamais trop tard pour éviter que le coeur du Proche-Orient ne se transforme en une gigantesque fosse commune.

[Source : Le Monde]

Le temps de la justice internationale

Face aux crimes de guerre commis en Syrie, Mme Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violences en Syrie estime qu’il est temps d’agir. « Il est temps de céder la place à la justice, nous suggérons la Cour pénale internationale », a déclaré Mme del Ponte, en présentant un nouveau rapport de la commission d’enquête de l’ONU dénonçant l’escalade de la violence et des crimes de guerre commis par tous les protagonistes de la guerre civile en Syrie.
« Nous ne pouvons pas décider nous mêmes de saisir la justice internationale, mais nous faisons pression sur la communauté internationale pour qu’elle agisse », a ajouté Mme del Ponte. De son côté, le président de la commission d’enquête de l’ONU, M. Paulo Pinheiro, a rappelé que la commission « n’est pas un organe de justice ».

Mme del Ponte a rappelé que la commission avait dressé une liste, gardée secrète, des responsables de crimes de guerre en Syrie. « Nous somme capables d’identifier les auteurs de haut-rang de ces crimes, ceux qui décident, organisent et planifient », mais cette liste, destinée aux autorités judiciaires.

[Source : Le Monde]