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À nouveau 8 interpellations à l’issue de la manifestation du 28 octobre 2010 à Saint-Nazaire, quand la radio faisait état de 22 arrestations au niveau national !???

Trois comparutions immédiates en fin d’après midi ce 29 octobre (voir les impressions d’audience ci-dessous)

Toujours les mêmes motifs de poursuites : participation à attroupement avec armes par destination (cannettes, cailloux, une nouveauté cette fois avec une fusée de détresse), violence sur personnes dépositaire de la force publique...

Trois jeunes de 18, 19, et 27 ans, condamnés respectivement à 1 mois, 2 mois
et 3 mois fermes. Seul le plus jeune (lycéen en 1ére bac pro) échappe au mandat de dépôt.

Cette fois deux fonctionnaires de Police, Mr Belhomme et Riffaud, s’étaient porté partie civile pour « souffrance psychique et préjudice moral » pour avoir été visé par les projectiles (et non atteint, il n’y a toujours aucun blessé côté force de l’ordre !). Ils réclamaient 500 euros de dommages et intérêt + 600 euros pour les frais de justice ! Ils ont été déboutés...

Pour 5 manifestations avec des fins un peu houleuse (23/09, 12/10, 16/10, 19/10, 28/10), nous en sommes à

• 64 interpellations, (dont une vingtaine de mineurs)

• 16 personnes traduites en 5 comparutions immédiates,

• 15 jugées, 15 peines de prison ferme prononcées,

• 12 incarcéré avec mandat de dépôt (dont un en préventive, le seul qui ait refusé la comparution immédiate).

Des procès de mineurs sont à suivre en novembre et décembre, et plusieurs jeunes majeurs sont dores et déjà convoqués pour le mois de mars 2011, dont un certain nombre selon la procédure de composition pénale. Il s’agit d’un genre de « plaider coupable » voir les détails :

http://vosdroits.service-public.fr/...

Pour favoriser cette composition pénale, plusieurs jeunes en GAV ont eu comme pression, tu signes et tu sors, tu signes pas, on te garde.

Le Codelib continue la collecte de fonds pour envoyer des mandats aux prisonniers, financer les frais de justice. Nous recueillons également les témoignages sur les violences policières en fins de manifestations (interpellations musclées, menaces et
pressions en garde à vue, etc...)

contact : codelibsaintnazaire@gmail.com

TRIBUNAL 29 OCTOBRE 2010 :

Impressions

Trois comparutions immédiates ce soir 17h, au TGI de St Nazaire ; après passage par le portique sécurisé, attente de quelques minutes avant l’arrivée des membres du Codelib, à qui je pose quelques questions sur le déroulement du procès (je suis novice ! C’est bien grâce au mouvement social que je me réveille peu à peu ; merci le gouvernement !)

Une très jeune femme est déjà là avec dans une poussette son fils d’un an, famille du prévenu le plus âgé ; le juge en chef* (?) demandera par la suite de sortir l’enfant de la salle, durant le procès, au prétexte qu’il fait trop de bruit (quelques « arreus »...) ; les jeunes gênent dès leur plus jeune âge...

Sonnerie : on entre et on s’installe ; les trois jeunes sont dans le box, l’un très pâle, visiblement fatigué après 24h de garde à vue, au milieu un gamin, à peine 18 ans, lycéen ; le troisième, qui se révélera le plus en colère, est celui dont le contexte familial a été le plus dur, alcoolisme du père, maltraitance, relations difficiles avec la mère ; il affirmera qu’il a essayé d’obtenir l’aide accordée lors d’un jugement précédent mais qu’on ne le rappelle jamais ; il semble révolté ; il retient ses larmes jusqu’à la lecture de sa condamnation (trois mois requis, le juge le condamne à deux avec mandat de dépôt) et craque finalement ; sans faire d’angélisme, c’est un moment difficile à supporter.

L’avocat de la défense s’étonne que quelques infos soient données alors qu’il était pas encore arrivé ; c’est le début d’une série de faits « étranges », qui n’ont rien à voir avec la justice : on repousse l’application d’une nouvelle loi sur les gardes à vue à 2011 bien que la cour européenne de justice en soit à l’origine, la procureure cite une vidéo que les avocats n’ont pas pu voir, en garde à vue il n’a pas été dit aux prévenus qu’ils ont le droit de ne rien dire (nullité rejetée), deux policiers réclament 500 et 600 euros de dommages et intérets alors que personne n’a été blessé (rejeté – quand même !), sans parler du juge qui ne parle pas dans le micro : on entend un mot sur deux ! (on finira par lui dire...) : air étonné de sa part de nous voir intervenir...

Après que les prévenus, qui avaient quelque chose à ajouter, ont répété leur regrets, 10 mn de délibéré, les peines sont annoncées… Quelques mots de soutien de la part de leur famille et des citoyens présents aux deux condamnés à de la prison ferme, avant qu’ils ne soient emmenés à la prison de Nantes, puis on attend dehors le plus jeune, libre car condamné sans mandat de dépôt ; il en a marre, il est sonné ; je trouve qu’il n’a rien d’un « terroriste »... Le camion de police passe avec les deux nouveaux prisonniers, qui dorment en prison ce soir ; comment en
sortiront-ils ? Prêts à s’intégrer dans la société UMP ?

Une dernière remarque : j’ai rarement vu une femme qui dégage autant de mépris et de froideur que cette procureure** ; à nos filles : faîtes du droit, et devenez des procureures humaines et non humanoïdes !

Et le sous préfet qui nous avait affirmé lundi que la justice à St Nazaire était « indépendante »... j’ai la confirmation ce soir (si besoin était) devant ces peines pour l’exemple que c’est un mensonge éhonté.

A.

* Le président Le Nivin qui a officié pour la plupart des comparutions immédiates

** La procureure Lecoq en personne

[Source : codelib.info]


contact : codelibsaintnazaire@gmail.com