L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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Samedi 7 novembre

Vers 23h, la police a éteint la lumière et a ordonné aux retenus de
rentrer dans les cages, anticipant ainsi sur les horaires habituels et
limitant un peu plus la vie sociale des prisonniers. Les retenus ont
refusé et la police a fait irruption en frappant avec les matraques et
faisant allonger certains prisonniers par terre. Les retenus ont refusé en
protestant énergiquement et dans la zone C des matelas ont été brûlés. La
police a alors coupé le courant et est entrée dans les cellules, profitant
de l’obscurité pour frapper davantage encore. Ensuite, une fois la
situation calmée et les ambulances arrivées ils ont pénétré dans la zone B
où rien ne s’était produit et ont pris quatre jeunes retenus… Avant d’être
amenés la police les a obligés à se mettre à genoux et à marcher à quatre
pattes.

Dimanche 8 novembre

Dans la soirée, un groupe de sympathisants est allé sous les murs du
centre de la via Corelli, a commencé à faire du bruit en tapant sur les
glissières de sécurité de la route jouxtant le centre, puis ils ont
illuminé le ciel avec des torches et des feux d’artifice. De l’intérieur
les détenus ont répondu, tapé sur les barreaux, hurlé le slogan "Liberta
’ ! Liberta’ !"

Lundi 9 novembre

La Cour a confirmé l’incarcération des garçons arrêtés samedi soir lors de
la révolte. L’un d’eux, 24 ans, a dans sa poche un billet de retour vers
l’Algérie acheté avec son argent. Le départ était prévu pour mardi. Il ne
partira pas, il est maintenant emprisonné à la prison de San Vittore,
inculpé de résistance et violences ayant entraîné des dommages.

Mardi 10 novembre

De nouveau un groupe se réunit en solidarité sous le centre de la via
Corelli et de nouveau les battements pour faire du bruit reprennent, ainsi
que les pétards et les feux d’artifice. De l’intérieur la réponse est
forte, comme toujours. Au bout de 15 minutes la police en tenue
anti-émeute sort et rejoint les militaires qui sont postés à l’entrée.
Lorsqu’ils commencent à avancer vers le rassemblement, les manifestants
repartent lentement par la route tout en continuant à faire un maximum de
bruit. Un peu plus tard, en passant sur la rocade qui surplombe le centre,
une pluie de fusées s’abattra dans la cour du bâtiment.

Vendredi 13 novembre

A six heures du matin, 5 étudiants ont été arrêtés et accusés de vol
qualifié de dommages, car ils sont soupçonnés d’avoir imprimé sans payer
quelques centaines de tracts à la librairie universitaire CUSL et d’avoir
avec ce butin magnifique bousculé deux intrépides employés qui essayaient de
les arrêter. L’un d’eux est incarcéré à Saint-Victor, les autres sont mis
en résidence surveillée. Leurs habitations ont été perquisitionnées, et
pour certains même filmées. Si l’accusation se confirmait ils risquent de
quatre à dix ans de prison.

Le soir même, près d’une centaine de personnes se rassemblent là où vivent
deux des personnes arrêtées. On débat, confronte et s’informe sur les
personnes interpellées, on parle de la disproportion de ce qui s’est
passé, de la multiplication de ce genre de répression brutale. Puis on
décide volontairement d’aller en cortège à la prison de S. Vittore, avec
une banderole fraichement peinte disant : "Sid, Paulino, Celo, libres
tout de suite ! Sbires infâmes ». Le cortège traverse la Porta Genova, Via
Papigno et rejoint ensuite les murs de la prison. Là, bombages, slogans,
salutations et pétards la cour de la prison. Les prisonniers répondent en
frappant les barreaux et par des cris de joie. Ensuite, le cortège
retourne au point de départ et dévie finalement le trajet vers San Gotard.
Là, quelques poubelles renversées et incendiées. On crie des slogans
contre la police, contre les matons, contre les centres de rétention pour
les immigrants et en solidarité avec toutes les personnes arrêtées. Une
cloche de verre est déplacée et bloque la route.

Samedi 14 novembre

Un 2e rassemblement sous la prison de San Vittore regroupe environ 200
personnes. Le rassemblement déjà prévu depuis plusieurs jours en
solidarité avec les quatre retenus arrêtés la semaine passée via Corelli et
dans le cadre de la journée européenne contre les centres de rétention,
pour les immigrés, évoque aussi la solidarité envers les étudiants
arrêtés. Sur place, musique, discours et salutations en plusieurs langues,
à travers les murs de la prison. Egalement quelques pétards et fumigènes.
Ensuite, le rassemblement envahit la chaussée et bloque la circulation
jusqu’à 17h pour se transformer en cortège spontané qui bloque encore
quelques carrefours, les flics aux talons, puis rejoint les maisons
occupées de la rue ripa ticinese où attend un apéritif autofinancé par un
groupe de femmes qui se battent contre les centres de rétention.

Plus tard un cortège de voitures viendra saluer les habitations des
étudiants placés en résidence surveillée et le tour se termine sous les
murs du centre de rétention. Pour la 3e fois cette semaine, un
rassemblement bruyant mené en commun créera un pont entre dedans et
dehors.

Le même jour une grève de la faim de tous les retenus du centre de la via
corelli a commencé.

Prochains Rendez-vous :

Le mardi 17 novembre au tribunal de Milan pour les 4 inculpés de la
révolte qui a eu lieu le samedi 7 novembre à Milan.

Le jeudi 19 novembre au tribunal de Turin, procès des 3 inculpés de la
révolte qui a eu lieu le 6 novembre au CIE de la via Brunelleschi à Turin.
En fait ils seront 2 devant le juge car l’un d’eux, Adel a été expulsé
vendredi.

Vendredi 20 novembre au tribunal de Turin, procès pour une tentative
d’évasion ratée qui avait eu lieu en septembre. Adel faisait également
partie des inculpés.

Solidarité avec les retenus de la Via corelli, solidarité avec les
inculpés des révoltes pour la liberté !

Fermeture des centres de rétention.
Liberté de circulation et d’installation.