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« Face aux administrations, les sans-papiers ont rarement raison », remarquait, hier, Anzoumane Sissoko, porte-parole de la coordination des sans-papiers 75 (CSP 75). Saisi la semaine dernière par la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) pour « occupation illicite de ses locaux » de la rue Baudelique (XVIIIe arrondissement de Paris), investis par les sans-papiers le 17 juillet, le juge des référés a donné raison, hier, à l’administration. Et a ordonné l’expulsion.


Voir en ligne : Libération

« Vente ». La CSP 75 a annoncé qu’elle déposerait un recours, mais il n’est pas suspensif. Le nouveau QG des sans-papiers, baptisé « ministère de la régularisation de tous les sans-papiers » par un collectif d’associations, est donc à la merci d’une intervention policière. « L’expulsion est prononcée, mais qu’est-ce que la CPAM va en faire ? » temporise Me Jérôme Hassid, l’avocat des sans-papiers. Le juge a ordonné l’expulsion des deux porte-parole de la CSP 75 et « de tous les occupants de leur chef », relève l’avocat, cette formulation ne désignant pas nécessairement les autres occupants, en particulier les organisations (NPA, CGT nettoiement, Attac, Solidaires) qui revendiquent avoir pris part à l’action. « Le juge n’a pas considéré que l’intrusion avait eu lieu violemment, contrairement à ce que soutenait la CPAM, souligne Me Hassid. Il a écarté les voies de faits et n’a pas prononcé d’astreinte. »

Au lendemain de l’occupation de ce bâtiment de 4 800 m2, la CPAM avait indiqué que, pour elle, ces locaux n’étaient « pas désaffectés ». « Ils ont été vidés dans la perspective d’une vente », signalait la CPAM.

Violemment expulsée fin juin de la Bourse du travail par le service d’ordre de la CGT, la CSP 75 avait accepté de quitter le campement adossé à la Bourse, boulevard du Temple, moyennant l’engagement de la préfecture de procéder à l’examen de 300 dossiers.

« Soutien ». L’appui des syndicats et des partis à l’occupation du local de la rue Baudelique visait à « dépasser » l’épisode de l’expulsion de la Bourse du travail, en offrant de meilleures conditions matérielles au mouvement. « Contrairement au boulevard du Temple, ce lieu dispose d’équipements sanitaires, se félicitait une militante.Les hommes se sont installés en bas, sur des palettes, et les femmes, qui ne sont qu’une trentaine, dans une aile du bâtiment. »

Hier, les sections CGT et CFDT de la CPAM de Paris ont diffusé une « motion de soutien » aux sans-papiers.« Depuis plus de dix-huit mois, les services de cet immeuble ont été transférés sur d’autres sites par la direction de la CPAM de Paris », expliquent les syndicats, en déplorant que « ces locaux n’aient pas encore été vendus à la mairie de Paris », qui avait fait valoir son droit de préemption.


[Source : KARL LASKE (Libération)]