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Une délégation des mouvements de sans-papiers et
des avocats a rencontré mardi 8 juillet le médiateur
fédéral dans le cadre d’un projet de plainte visant
des décisions rendues par l’Office des étrangers à
la suite des grèves de la faim .

Cette délégation estime que les décisions prises par l’Office des étrangers
pour les ex-grévistes de la faim du Béguinage et pour les grévistes de
Forest sont inéquitables et dès lors discriminatoires. L’avocat Alexis
Deswaef a déclaré que la grève de la faim ne pouvait par ailleurs être un
critère de régularisation dans un État de droit.

 UN TRAITEMENT ÉQUITABLE POUR TOUS LES SANS-PAPIERS

Le médiateur fédéral s’est dit disposé à examiner la future plainte, selon
la Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers
(CIRE). « L’action est d’abord symbolique. Si la circulaire de régularisation
de la ministre Turtelboom sort enfin, une plainte n’aura plus de sens. On
demande un traitement équitable pour tous les sans-papiers. Comme il n’est
pas envisageable d’octroyer une carte blanche et un permis de travail C à tout
le monde, il est nécessaire de sortir au plus vite une circulaire de régularisation
 »
, a expliqué Frédérique Mawet, directrice du CIRE et porte-parole
du FAM.

Après 56 jours de grève de la faim, les 161 occupants de l’église du
Béguinage ont obtenu un titre de séjour temporaire de neuf mois et un
permis de travail C tandis que la grève de la faim à l’église Saint-Curé
d’Ars à Forest s’est soldée fin juin par l’obtention pour les occupants
d’un titre de séjour de trois mois et un permis de travail B. Ceux-ci ont
repris vendredi dernier la grève de la faim dans l’espoir de bénéficier des
mêmes mesures que les grévistes du Béguinage.

 UNE GRÈVE DE LA SOIF SI LA SITUATION N’EST PAS RÉEXAMINÉE

À la Maison de l’Amérique latine, à Ixelles, une vingtaine de sanspapiers
ont entamé mardi matin à leur tour une grève de la faim dans le
but d’obtenir les mêmes résultats. Parmi les grévistes de la faim d’Ixelles,
figurent des anciens occupants de l’église du Béguinage qui avaient
quitté les lieux pour des raisons de tensions internes et des Latino-américains
qui avaient déjà mené à partir du 19 mai un jeûne durant 21
jours à la Maison de l’Amérique latine.

Les occupants de la Maison de l’Amérique latine menacent de mener
une grève de la soif si leur situation n’est pas réexaminée. Le FAM et les
mouvements de sans-papiers examineront les jours prochains l’opportunité
de déposer plainte. « Les différences de traitement ne sont pas explicables
et ne sont pas justifiées. Le traitement politique au cas par cas ne s’explique
pas sur le plan du droit »
, a dit Me Alexis Deswaef.

La future plainte devrait porter à la fois sur la teneur des décisions prises
par l’Office des étrangers dans le cadre des grèves de la faim mais
aussi de manière plus générale sur la réponse apportée par l’Office des
étrangers et la ministre de la Migration aux grèves de la faim. Les associations
de sans-papiers rappellent que ces derniers attendent avec désespoir
des critères de régularisation objectifs.

[Source : Belga]