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Depuis plus d’une semaine maintenant [début juillet] des rumeurs
circulent à Paris selon lesquelles telle ou telle catégorie de sans-papiers
pourrait exceptionnellement être régularisée. Les conditions
sont variables selon les jours, les milieux et les endroits,
mais toutes font naître des espoirs qui seront déçus et amènent
des sans-papiers à engager des démarches qui se concluront par
un refus de séjour et une Obligation de quitter le territoire
(OQTF). Des queues de plusieurs centaines de personnes se forment
tous les jours à la porte des centres de réception des étrangers
(CRE) notamment rue d’Aubervilliers, avenue du Maine
et rue Truffaut, provoquant cohue et bousculades. Mercredi 2
juillet, un policier a cru bon d’utiliser sa bombe lacrymogène
pour calmer la foule, rue d’Aubervilliers. Dans le mouvement
de panique qui s’en est suivi, un homme a été précipité d’un
pont de chemin de fer en contrebas faisant une chute de six
mètres dont il se tire miraculeusement avec des blessures seulement.
Cinq autres victimes ont été secourues par les pompiers.
L’objectif chiffré de M. Hortefeux en matière d’expulsions et
son annonce, le 19 juin, d’un nombre de reconduites aux frontières
artificiellement gonflé réduit les sans-papiers au désespoir
et à la terreur. Dans ce contexte, ils sont prêts à s’accrocher à
n’importe quel espoir, même le plus infondé.

Interrogée par la presse, la Préfecture de Police a démenti les
bruits selon lesquels il serait procédé à des régularisations à titre
exceptionnel. Mais en même temps, les policiers chargés du
maintien de l’ordre aux abords des CRE dispersent ceux que
leur capacité d’accueil ne permet pas de recevoir en leur recommandant
de revenir le lendemain. Ce faisant, ils entretiennent
la rumeur.

Le Réseau Éducation Sans Frontières demande à la Préfecture
de Police de prendre ses responsabilités, de tout mettre en
oeuvre pour que cette rumeur ne devienne pas un véritable
piège pour les étrangers et d’informer honnêtement et clairement
les usagers se présentant aux CRE, notamment par voie
d’affichage.

La politique de persécution des étrangers sans papiers conduite
par le ministère de M. Hortefeux ne doit pas s’accompagner, en
plus, d’un jeu indécent avec les espoirs.

[Source : RESF]

[Ce ne serait pas la première fois que la Préfecture de police
de Paris procède à des opérations-pièges pour “faire du chiffre”
en faisant croire aux sans-papiers qu’il y aurait des procédures
de régularisations massives en cours. Rappelons
qu’en août dernier un document émanant soi-disant de la
Cimade circulait parmi des étrangers sans-papiers, faisant
miroiter des possibilités de régularisation inexistantes. Fautil
classer encore une fois cette “rumeur” parmi les mauvaises
blagues de l’été ?

D’autre part, soulignons la violence de l’intervention policière
rue d’Aubervilliers. Une demi-douzaine de blessés... dans
une file d’attente d’une administration, c’est un peu beaucoup.
Sans compter cette chute de six mètres, qui aurait tout
autant pu tuer la personne qui n’avait le tort que d’attendre
que l’on veuille bien examiner sa situation administrative.
Que fait la police ?

QSP]