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Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi à Rome à l’appel du Parti démocrate (PD), principal parti d’opposition, un rassemblement prévu de longue date mais qui tombe à trois jours du vote d’une motion de censure contre le gouvernement de Silvio Berlusconi.

« Avec l’Italie qui veut changer » : c’est le slogan de cette manifestation en forme de démonstration de force pour le PD qui n’a pas lésiné sur les moyens pour acheminer les manifestants dans la capitale : 18 trains spéciaux, 1.500 cars et deux bateaux.

Deux cortèges sont partis en début d’après-midi de la place de la République, près de la gare centrale de Termini, et de la place des Partisans, devant la gare d’Ostie, pour converger sur la place Saint-Jean-de-Latran, dans le nord-est de la ville, lieu traditionnel des grandes manifestations.

Place de la République, une immense banderole rouge d’une vingtaine de mètres demandait « Une autre Italie », tandis qu’un groupe de maires de Toscane (centre) apparaissaient déguisés en magiciens émules de Harry Potter pour montrer qu’ils ne peuvent gérer leurs communes d’un coup de baguette magique sans l’argent du gouvernement.

Beaucoup de jeunes aussi au sein du cortège, alors que les étudiants sont mobilisés depuis plusieurs semaines contre une réforme des universités et des coupes budgétaires décidées par le gouvernement. « Pas d’histoire, pas de futur », proclamait une de leurs banderoles.

« Manifester aujourd’hui est important », a confié à l’AFP Davide Ponsigli, un Romain de 23 ans, qui a regretté que les jeunes « préfèrent le foot et Facebook à la politique ». Interrogé sur une éventuelle chute de M. Berlusconi mardi, il a répondu : « Le plus tôt il s’en ira, le mieux ce sera ».

Tout l’état-major du PD participait à la manifestation : la présidente Rosy Bindi, le secrétaire général Pier Luigi Bersani, ses prédécesseurs Dario Franceschini et Walter Veltroni (ex-maire de Rome), ainsi que la présidente du groupe du PD au Sénat, Anna Finocchiaro.

L’Italie des Valeurs (IDV), parti dirigé par l’ex-magistrat anti-corruption Antonio Di Pietro et allié du PD, soutenait également cette manifestation.

Une section du cortège était entièrement consacrée au monde de la culture, sous la banderole « Pain et culture », pour protester contre les coupes budgétaires qui touchent durement ce secteur qui emploie 550.000 personnes en Italie.

Les retraités étaient également bien présents. « Le gouvernement a tout détruit, notamment la santé et les retraites », a déploré Silvio Andagalli, un retraité de 76 ans de Frosinone, près de Rome.

Cette manifestation, décidée bien avant l’annonce de la motion de censure mardi au parlement, sera suivie dimanche par des rassemblements organisés par le Peuple de la Liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, dans plusieurs villes italiennes.

Le chef du gouvernement se trouve dans une passe délicate : s’il dispose avec son allié, la Ligue du Nord, d’une majorité confortable au Sénat, il lui manque en revanche des voix à la Chambre des députés en raison de sa rupture avec son ex-allié Gianfranco Fini qui a créé sa propre formation avec des élus dissidents du PDL.

Selon un sondage publié samedi, les intentions de vote se répartiraient de la façon suivante en cas de chute du gouvernement et d’élections anticipées : PDL 27,6%, Ligue du Nord 12%, PD 25%, IDV 6,2%.

L’Union du Centre récolterait 5,3% et le nouveau parti de Gianfranco Fini, Futur et Liberté (FLI), 6,9%. La Gauche Ecologie et Liberté recueillerait pour sa part 6,4% des votes.