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Révolution syrienne

Tentative de démontage de la propagande assadiste largement diffusée dans la presse alternative et confortée par la presse institutionnelle.

plus d’introduction...

Le soulèvement du peuple syrien contre une dictature qui l’écrase depuis quatre décennies a été, dès le départ, présenté par le régime et par ses relais de la presse alternative sur internet comme une invasion étrangère de mercenaires financés par le Qatar et l’Arabie séoudite, avec l’appui d’Israël et des États-Unis.

Or, on sait que ce soulèvement populaire pacifique a été d’emblée confronté à la violence sans bornes du régime qui n’a pas hésité à tirer sur la foule et à recourir à la torture à une échelle industrielle rarement atteinte dans l’histoire humaine, les seuls précédents comparables étant ceux de l’Allemagne nazie pendant la guerre mondiale, de l’armée française en Algérie, puis des mêmes en appui à l’armée argentine sous Videla.

L’impopularité de ces méthodes extrêmes aura fini par produire de nombreuses défections dans l’armée, ce qui a permis à l’opposition de commencer à se défendre, en passant à la confrontation militaire. L’Armée syrienne de libération, ainsi apparue, est principalement équipée des armes qu’elle a pu récupérer du fait de ces défections, ainsi de celles dont elle a pu s’emparer à l’occasion des combats.

Loin d’être soutenue par un flux d’armes importées, l’ASL en est réduite à subir les bombardements et les mitraillages aériens contre lesquels elle ne peut rien. On relève une seule exception d’un avion abattu grâce à une auto-mitrailleuse lourde manifestement récupérée sur l’adversaire, puisqu’elle était d’origine russe.

Non seulement l’opposition n’est pas ou fort peu soutenue de l’extérieur, mais tout au contraire, elle se voit opposée l’abstention unanime de la communauté internationale qui se contente de déclarations vertueuses, mais n’aura acheminé à ce jour de véritable soutien qu’aux organisations gouvernementales du Croissant rouge syrien à qui est donnée de l’aide alimentaire devenue très nécessaire après dix-huit mois de guerre civile.

La politique de non-ingérence assumée par les puissances occidentales prend prétexte du véto que la Russie et la Chine opposent à toute mesure au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Or, l’Assemblée générale de l’ONU a, au contraire, voté à une majorité écrasante à la fois des déclarations de soutien à l’opposition et des critiques sévères envers le Conseil de sécurité. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis – les trois puissances qui ont à la fois la capacité militaire et politique d’intervenir – se réfugient derrière les vétos russes et chinois, sans avoir à aucun moment sérieusement proposé de politique alternative à la passivité criminelle du monde qui regarde un peuple se faire écraser par son État, des villes entières se faire détruire une par une, et les morts se multiplier par dizaines de milliers.

Cette politique éhontée repose sur un consensus des opinions publiques occidentales qui craignent qu’une révolution mette en danger en particulier les communautés chrétiennes de Syrie, effectivement plus ou moins protégées par l’État dictatorial de Assad père et fils, mais nullement menacées par l’opposition à laquelle elles participent en bonne part, tout comme l’ensemble des composantes de la population. La lecture ethniste des réalités politiques, qui a déjà fait tant de mal dans tant de situations politiques, comme au Rwanda, mais dans tout l’espace colonial, est appliquée à la Syrie banalement, décrétant sans beaucoup de fondement que l’opposition ne serait qu’un soulèvement sunnite, soutenue par l’islamisme radical, et se refuse de concevoir qu’il puisse s’agir, là comme ailleurs, avant tout d’une révolution démocratique d’un peuple aspirant à vivre autrement que sous la terreur.

Ce réflexe de défense des intérêts de la chrétienté converge de plus avec l’intérêt de l’État mitoyen d’Israël, très inquiet de ces déstabilisations qui se produisent dans des États autoritaires, comme l’Égypte de Moubarak et la Syrie de Assad, qui lui ont permis de maintenir depuis des décennies un statu quo grâce auquel il peut déployer sa politique expansionniste au détriment des intérêts du peuple palestinien. La fonction particulière de la Syrie, réputée pour le soutien qu’elle apporte au Hamas palestinien et au Hezbollah libanais, lui est en fait particulièrement précieuse, les provocations irresponsables de ces deux groupes lui ayant permis jusqu’à aujourd’hui de maintenir un consensus militariste dans la société israélienne.

Sur la base de ce conflit entretenu, c’est l’ensemble des États de la région qui sont surarmés, procurant aux industriels de l’armement ce qui constitue leur premier marché mondial, et, de loin, le plus rentable. Ainsi, il n’est pas interdit de soupçonner qu’une des motivations importantes de l’inaction de la France, de l’Angleterre et des USA, repose dans l’intérêt des très puissants lobby militaro-industriel qui sévissent dans ces pays.




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