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Police ethnique ? Le SGP, principal syndicats de policiers, manifeste sa vigilance sur des questions de citoyenneté, pour la deuxième fois en peu de temps, après sa dénonciation des « milices armées » que vient de légaliser la Loppsi.

On arriverait ainsi à ce paradoxe qu’à l’heure de l’instauration de l’État policier, la seule résistance sérieuse serait celle… de la police ! Paradoxe apparent seulement : les policiers sont les premiers témoins. Eux voient ce qui s’élabore et se met en place à marche forcée. L’État néo-populiste avec ses milices « citoyennes » et ses jury populaires se profile à notre horizon immédiat. L’autre mouvement de résistance, c’est celui de la justice, bien sûr.

Contre la justice en visioconférence : les juges administratifs ont été jusqu’à manifester, pour dénoncer son application aux sans-papiers. Mais la Loppsi l’a validée pour tous. C’est, parmi les barbaries de cette loi, celle où s’imposerait une résistance citoyenne : juges, avocats, prévenus, tous doivent refuser cette parodie de justice, forcément au détriment de tous, à commencer par les plus fragiles. Qu’elle prétende s’appliquer tout d’abord aux sans-papiers en est l’illustration.

Ce sont ainsi les professionnels de la répression qui nous alertent sur la nature inacceptable des politiques de répression qui se mettent en place en application du « livre blanc de la défense et de la sécurité nationale » qui préconise la création d’un « volontariat de la sécurité nationale » – ainsi que s’appelait les « tontons macoutes » en Haïti du temps des Duvalier. Ces « volontaires » pourraient « être sollicités en cas de besoin massif sur le territoire national à l’occasion d’une crise ».

La politique de la guerre civile, en France comme en Lybie...

Paris s’éveille

Communiqué de presse

Cannes, lesauteurs 19 février 2011

Une note informelle circule actuellement au sein du Commissariat de Cannes.

Elle prescrit aux fonctionnaires de la CSP, l’interpellation d’étrangers en situation irrégulière « de nationalité TUNISIENNE » dans la gare et aux abords de la gare, deux jours durant.

Unité SGP Police Alpes-Maritimes tient à faire part de sa très vive inquiétude quant à l’ambiguïté de cette note faisant apparaître une mission pour le moins très orientée.
Unité SGP Police 06, tient à rappeler que l’état d’étranger en situation irrégulière apparaît après un contrôle d’identité et uniquement après ; les fonctionnaires interpellent les auteurs d’infractions à la législation sur les étrangers dès lors que les faits sont établis, et ce quelles que soient les nationalités !

Cette note n’est pas de nature à réhabiliter l’image du Policier auprès de nos concitoyens.

D’autre part, si nous ne nions pas les problèmes de flux de populations inhérents au soulèvement des peuples au Maghreb, les Policiers victimes de réductions drastiques et scandaleuses d’effectifs n’ont pas non plus vocation à palier les carences des politiques internationales.

Unité SGP Police tient à obtenir un éclaircissement quant à l’origine de cette note.

Nous rappelons qu’en terme de rhétorique la vigilance doit être de mise !

Les Gardiens de la Paix, exécutants sont en première ligne.

La sacro sainte culture du résultat commencerait-elle à faire perdre la tête à certains ? Les dérapages incontrôlés deviennent multiples.

Le bureau départemental Unité SGP Police 06

• Article tiré de Nice Matin du 21 février 2011 :

Tunisiens : la note qui fâche au commissariat de Cannes

Le 20/02/2011

Une note de service sortie en fin de semaine a suscité la colère des policiers cannois. Elle demandait aux fonctionnaires de police de se concentrer sur l’interpellation d’étrangers en situation irrégulière de nationalité tunisienne… Laurent Martin de Fremont, délégué d’UNITÉ SGP Police a dénoncé ce « ciblage ethnique » sur l’antenne d’Europe 1, dans le journal du week-end : « La gare de Cannes se trouve dans une zone transfontalière, donc nous sommes habilités à contrôler l’identité de n’importe qui, et, à l’issue d’un contrôle, si nous constatons une situation irrégulière nous interpellons la personne, qu’elle soit tunisienne, roumaine ou yougoslave, explique-t-il. Donc nous faisons le job, mais il doit être le même pour tout le monde. Ne désignons pas une population plutôt qu’une autre car sur le terrain, vu la culture du chiffre actuelle et la pression, un dérapage est vite arrivé. » Découvrez les derniers rebondissements en lisant l’article de Nice Matin du 21 février 2011.

Dénoncée par le Syndicat UNITÉ SGP Police-FO 06 une consigne interne, relative à l’interpellation de migrants tunisiens, a été retirée, hier soir, par les autorités

Quelques lignes dactylographiées. Tout est parti de là, ce week-end, au commissariat de Cannes.

« Une note informelle, qui, selon le syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière 06, circule dans le commissariat. Elle prescrit aux fonctionnaires de la CSP (Circonscription de sécurité publique*) l’interpellation d’étrangers en situation irrégulière “ de nationalité tunisienne ” dans la gare et aux abords de la gare, deux jours durant (hier et avant-hier). »

Ce sont les termes du communiqué envoyé, hier, par le syndicat à notre rédaction cannoise. L’unité SGP Police Alpes-Maritimes y fait part de sa « très vive inquiétude quant à l’ambiguïté de cette note faisant apparaître une mission pour le moins orientée ».

Seulement voilà. Interrogée hier après-midi Véronique Morandi, commissaire divisionnaire de Cannes, dément l’existence d’un tel document. « Je suis absolument formelle, il n’y a pas eu de note interne sur le sujet, c’est totalement faux. Les seules directives reçues au commissariat de Cannes, comme dans tous les commissariats du département émanent de la préfecture, car tout le département a été sensibilisé sur l’arrivée éventuelle de migrants en provenance d’Italie. »
Côté préfecture, Christophe Marx, directeur de cabinet, confirme qu’« un dispositif de renforcement de la surveillance et du contrôle des étrangers en situation irrégulière (ESI), a été mis en place, mais il concerne l’ensemble des ESI quelle que soit leur nationalité. On constate que sur l’ensemble des interpellations, il y a actuellement beaucoup de Tunisiens qui arrivent d’Italie, mais il n’y a eu aucune consigne émanant de la préfecture ciblant la nationalité tunisienne, ce serait d’ailleurs totalement illégal. » Aucune consigne officielle, ni de la préfecture, ni du commissariat... Alors cette note existe-t-elle vraiment ou y a-t-il simple volonté de déclencher une polémique ?

Et pour nuire à qui ?

« Nous voulons un éclaircissement... »

« Cette note existe. Elle ne porte, hélas, aucune signature », maintient Laurent Martin de Frémont, délégué départemental du syndicat, qui représente 54 % des effectifs du commissariat, soit 102 fonctionnaires sur 216 (2). « Mais elle a été affichée dans plusieurs services, et distribué au personnel de plusieurs brigades. On nous demande d’interpeller des Tunisens en situation irrégulière, c’est très tendancieux, la nationalité ne se lit pas sur un visage. Nous ne nions pas les problèmes de flux inhérents au soulèvement des populations du Maghreb, et nous respectons les missions de contrôles. C’est notre travail. Mais l’on ne peut pas accepter que ces missions ciblent une population. La culture du résultat c’est dangereux et en terme de rhétorique, il faut être prudent ! Ce que nous demandons aujourd’hui c’est d’obtenir un éclaircissement sur l’origine de cette note. »

« La note retirée » hier soir

Un souhait finalement satisfait, hier soir à 21 heures, par un communiqué de la préfecture : « Par décision de ce jour, le directeur départemental de la sécurité publique a retiré la note du chef du SSP (service de sécurité publique) du commissariat de Cannes relative à l’interpellation d’étrangers en situation illégale. Le renforcement du dispositif de surveillance et de contrôle et la mise en œuvre des mesures de reconduite à la frontière décidés par le préfet des Alpes-Maritimes s’appliquent en effet à tous les étrangers en situation irrégulière, quelle que soit leur nationalité. » La commissaire divisionnaire, elle, persiste et signe : « Il n’y a pas eu de note, mais j’ai appris ce soir (hier soir) que le chef de la sécurité publique avait rédigé une consigne sur la main courante informatisée du commissariat. Elle préconisait aux fonctionnaires d’être attentifs aux flux migratoires en gare de Cannes, et de procéder conformément aux directives officielles concernant les étrangers en situation irrégulière, dont les Tunisiens en provenance d’Italie. »

[Source : Unité SGP]