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Si j’étais François Hollande ? Je prendrais mon ton le plus empesé, comme il sait si bien le faire, et j’annoncerais que je demande au gouvernement de revoir sa politique sur deux sujets qui ne font manifestement pas consensus : l’aéroport de Nantes et le mariage gay. J’en appellerais au sens des responsabilités de tous, à l’heure où il faut se rassembler pour combattre la crise et surmonter cette épreuve difficile dont chacun peut déjà sentir les effets… Il faut s’en sortir, et s’en sortir vite, ce pourquoi la nation doit se rassembler.

À Notre-Dame des Landes, on comprend très bien les élus locaux, et le Premier ministre, qui ne peuvent que vouloir le développement de leur région, en enrichissant le pays d’une infrastructure certes utile. Mais est-elle indispensable ? Ne peut-on en faire l’économie en cette période cruelle de restrictions budgétaires pas seulement pour l’État mais pour tous ? Et puis il faut entendre celles et ceux, jeunes et moins jeunes, qui se battent pour défendre la nature qui est plus qu’un symbole aujourd’hui, une nécessité. Surtout, il faut que la gauche s’apaise, que le gouvernement puisse parler d’une voix, que les écologistes sachent qu’on les a entendu, et qu’on a besoin d’une majorité rassemblée pour affronter les difficultés de l’époque.

Pour le mariage gay, pour éviter de trop virulentes critiques, je prendrais soin d’aménager aussitôt un ensemble de disposition qui accordent aux couples homosexuels tous les droits des hétérosexuels mariés, mais non le symbole ni le mot du mariage… Et je l’annoncerais d’emblée, en faisant bien valoir qu’il s’agit simplement de réparer une injustice en instaurant l’égalité des droits, quelles que soient ses préférences sexuelles, car il faut lutter contre toutes les discriminations. Dans la République, la loi se doit d’être égale pour tous.

Le recul sur la question du symbole pourrait sembler lâche à certains, mais il faudrait en même temps assaisonner de quelques phrases bien senties contre le déferlement homophobe lancé à l’appel du pape lui-même. Rappeler à l’église qu’elle évite de s’immiscer dans la vie politique intérieure pourrait être bienvenu. Elle ne peut pas être partisane, sauf à vouloir remonter à de sombres époques. En matières politiques, elle se doit de laisser ses ouailles faire leurs choix librement.

Quant à la droite, elle a montré à l’occasion de ce débat de société combien elle incarne une vision conservatrice, en fait passéiste, et comment celle-ci est surtout exprimée par sa frange dure dont on a pu voir les méthodes, n’hésitant pas à user de violence...

Ça serait une sortie à la fois gaullienne et digne d’un militant socialiste, je pense.

Mais il y a une autre solution : c’est celle que rappelle inlassablement le RIC (pour le référendum d’initiative citoyenne), et avec pas mal de pertinence pour répondre au problème de Notre Dame des Landes.

Quand un débat prend une telle ampleur, il atteint forcément un degré ou un droit d’initiative populaire doit permettre de rassembler le nombre de pétitionnaires requis pour déclencher un référendum. Qui plus est régional, dans le cas d’espèce. Le RIC rappelle qu’une loi de 2004 permet aux citoyens de demander un référendum régional, mais sans qu’ils puissent l’imposer, la décision revenant aux instances régionales auxquelles les pétitionnaires remettent un « simple avis ».

Un tel « avis » n’en aurait pas moins l’avantage de mettre en cause le principe régalien du pouvoir technocratique absolu. Pourquoi les élus seraient-ils les seuls décideurs possibles pour des questions d’intérêt général qui plus est débattues et même fortement contestées ? Ils sont élus pour de multiples causes – souvent contre leur adversaire plus que pour eux-mêmes, mais éventuellement pour eux-mêmes, pour leur personne, leur charisme, leur positionnement politique ou leur politique culturelle...

Il y a débat ? Plutôt que d’envoyer les gardes mobiles, ne vaut-il pas mieux en appeler au peuple ? À un débat, dans le contexte d’une loyale campagne électorale, où les arguments seraient exposés, où le public serait informé. Un débat qui se trancherait dans les urnes.

Pour le mariage gay ? Pareil. Référendum. Si le Vatican l’emportait, s’incliner par avance – c’est la loi de la démocratie. Mais le plus probable, c’est qu’une véritable campagne, là aussi, où les arguments puissent s’exposer, risquerait fort d’entraîner la droite à se marginaliser en n’exprimant plus que le point de vue des intégristes et des fascistes… Du point de vue de Hollande, ce serait diabolique. Vous voulez discutez, et bien discutons…

Sans trop faire de politique fiction, il n’est pas impossible qu’un référendum sur le mariage gay se solde par un raz de marée anti-fasciste… Cela mettrait du baume sur les plaies de la gauche, qui en a bien besoin, après moins d’un semestre d’exercice qui ne nous a pas habitué pour l’instant à montrer la moindre capacité imaginative. Il est arrivé que le premier de la classe se voie surnommer vue-basse. Mais, on peut rêver…

Paris s"éveille

Aéroport de Nantes et Démocratie….

Le constat :

La loi du 13.8.2004 dispose en substance que 10% des inscrits d’une région peuvent demander un consultation de la population en toute matière de compétence régionale.

Cette procédure n’a pas été utilisée par les opposants à l’aéroport sinon on en donnerait les résultats.

( Il faut préciser que l’assemblée régionale peut refuser de l’organiser et ce n’est qu’un « simple avis », ce qui n’est guère encourageant et démocratiquement honteux.)

Si un VÉRITABLE référendum d’initiative citoyenne existait au plan régional comme dans les länder allemands, les « opposants » pourraient IMPOSER un référendum, c’est-à-dire une consultation dont le résultat s’impose à tous.

Il faut noter que parmi les manifestants on a vu de grosses pointures des partis et des parlementaires de partis comme EELV et le Front de gauche qui avaient dans leur programmes pour les législatives 2012 le référendumd’initiative citoyenne.

EELV. : « La démocratie directe sera enrichie( en articulant le cas échéant l »’initiative référendaire populaire et des procédures de débats publics ; surtout elle deviendra décisionnelle et pas seulement consultative.1% des citoyens pourront réclamer un référendum. »

Front de gauche. : « Le référendum ou tout autre forme de consultation populaire directe, pourra être initié par voie de pétition réunissant un nombre conséquent de la poulation.(…)

L’initiative d’une loi sera ouvertes aux citoyennes et aux citoyens, aux organisations syndicales et aux associations. »

Pour obtenir le référendum d’initiative citoyenne à tous les niveaux territoriaux il faut commencer par obtenir une modification de l’article 3 de la Constitution en ajoutant deux mots à l’article 3 en vigueur.

« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum d’INITIATIVE CITOYENNE ;(…) »

Nous avons demandé aux parlementaires d’ELVV et du F.G de mettre l’article 3 modifié à l’ordre du jour de leur chambre.

Nous allons les relancer , car le temps presse…

Espérons qu’ils vont le faire rapidement pour éviter le double langage et les grands écarts.

82 à _88 % des Français sont pour le RIC, leurs électeurs comme les autres…

Le Front de gauche pourra par RIC présenter ses propositions alternatives de réforme et tenter de s’opposer aux lois Hollande qu’il critique.

Par RIC, le 7 mars 2010, les Suisses, sans descendre dans la rue, ont voté à 73% l’abrogation d’une loi qui allait entraîner une baisse de leurs retraites.

Quand les médias vont-ils poser la question du RIC aux élus ?!

F.Mitterrand l’avait promis en 1988 évoquant : « une aspiration profonde du peuple français.. »

Le RPR l’avait promis dans l’année 1993 ! Et J. Chirac encore en 2002 dans sa profession de foi du second tour. Alors ASSEZ !

[Source : RIC]