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Le 13 mai dernier, la commission européenne présentait un agenda européen en matière de migration. En voilà le résumé publié sur leur site : « Le triplement des capacités et des ressources disponibles en 2015 et 2016, pour les opérations conjointes Triton et Poséidon de Frontex, un mécanisme temporaire de répartition dans l’UE des personnes qui ont manifestement besoin d’une protection international, un régime européen permanent de relocalisation dans les situations urgentes d’afflux massifs, un programme de réinstallation à l’échelle de l’Union pour offrir 20 000 places, une opération dans la Méditerranée pour démanteler les réseaux de passeurs et lutter contre le trafic de migrants, dans le respect du droit international. »

Il s’agit donc d’offrir 20 000 places de réfugiés pour toute l’Europe ! Proposition bien maigre, quand on voit que la Turquie accueillait déjà un million de syriens en 2014 et qu’au Liban c’est aussi plus d’un million de réfugiés syriens,dans un pays de la taille d’un département français !.

La France, le Royaume-Unis, la Hongrie et la Pologne refusent le quotas de réfugiés par pays
Ce système de quotas, établis selon les critères fixés qui prennent en compte le produit intérieur brut, la population, mais aussi du niveau de chômage des pays,(la France en accueillerait par exemple 14,17 %, et l’Allemagne 18,42 %), a été proposé afin que les pays d’arrivés ne soient pas seuls à prendre en charge ou accueillir les migrants ( Italie et Grèce). Mais la France, le Royaume-Unis, la Hongrie et la Pologne refusent cette proposition... leur forçant la main.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/05/16/valls-s-oppose-a-l-instauration-de-quotas-migratoires-dans-l-union-europeenne_4634750_3214.html

Augmenter les navires de guerres et les avions en méditerranées : Il est décidé de faire un mur de bateau face aux côtes libyennes afin de faire la chasse aux passeurs. Fameux « passeurs », devenus désormais « trafiquants » dans le langage médiatique et politique.
Les 100 associations, signataires du texte d’appel au rassemblement « Des ponts pas des murs » sont inquiets de ce que cela va entraîner comme conséquences. Sur France inter on peut entendre en boucle le fait qu’ils pourront « tirer sur les bateaux »...

Ci-dessous un aperçu sonore du rassemblement « Des ponts pas des murs » qui a eu lieu vendredi 23 mai de 20 heures à 21 heures.
Trois lieux de rendez-vous étaient annoncés à côté du pont des arts. C’est sur la petite place discrète Marmoud Darwich que la police à escorter et encadrer les manifestants qui ainsi n’étaient que très peu visible. Emmaüs n’aurait pas réussi a obtenir une autorisation dans un endroit plus visible auprès de la préfecture.
On peu s’étonner qu’un tel rassemblement appelé par 100 associations de le société civile n’ai réussi à rassembler qu’un peu plus d’une centaine de participants dont un bon tiers issus des collectifs de sans-papiers qui ont manifestés ce vendredi comme tout les vendredis.
La présence de Guy Bedos est a noté, il aura lu le texte signé par les 100 associations.

prise de son/montage : maïssoun/Radio-graphie.net.

L’objectif est bien de barrer la route à ceux et celles qui voudraient immigrer en Europe, et pour se faire en parallèle avec ce murs de navires de guerres, des tractations sont en train d’aboutir afin de créer des « camps » pour les migrants avant les frontières européennes, au Niger par exemple et au Cameroun. Dans l’article ci-dessous on met en avant l’aide au développement économique, sans évoquer les doutes en matière de respects des droits humains dans ces enclaves de rétention de population migrante au cœur du Sahel. Rappelons que depuis lundi 18 mai, Moussa Tchangari ( responsable d’ONG) est gardé à vue dans les locaux de la brigade antiterroriste à Niamey après avoir accordé une interview à RFI sur l’emprisonnement de six chefs de villages de la région de Diffa, dans le sud-est du pays, eux-mêmes détenus par la brigade antiterroriste, suite à des soupçons de collusion avec les insurgés islamistes basés dans le Nigeria voisin. Le Niger semble bien contraindre toute opposition par la force et l’emprisonnement sous prétexte d’antiterrorisme.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/05/25/au-niger-un-responsable-d-ong-arrete-apres-avoir-critique-la-lutte-contre-boko-haram_4640220_3212.html#ESKOi5cfueMYjJ30.99

Ci- dessous un article de RFI sur la questions des camps en Afrique, et là, la France semble être en première ligne pour les négociations avec les pays africains.

La Commission européenne a dévoilé, mercredi 13 mai, sa stratégie migratoire : mieux répartir les réfugiés entre les Etats-membres et renforcer les contrôles de ses frontières maritimes. Mais l’UE veut aussi intervenir en amont sur les routes de l’immigration. Une première initiative a été annoncée, ce vendredi à Niamey par le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le président nigérien, Mahamadou Issoufou : des centres pour migrants seront créés au Niger.

Avec notre envoyé spécial à Niamey et à Yaoundé, Guilhem Delteil

Le Sahel est traversé par 50 à 60% des migrants qui arrivent en Libye. Le Niger est donc un important pays de transit et l’Union européenne veut atteindre les migrants en route vers la Méditerranée pour renforcer la protection de ceux qui sont éligibles à l’asile, mais aussi pour construire avec les migrants économiques un projet d’insertion professionnelle les incitant à rentrer dans leur pays.

« Les centres que l’Union européenne se propose de mettre en place dans le cadre d’une démarche conjointe avec le Niger doivent être l’occasion de porter des politiques ambitieuses de développement pour les migrants et pour les Etats ». C’est ce qu’a déclaré Bernard Cazeneuve, le ministre français de l’Intérieur, à Niamey ce vendredi.

Car c’est là le cœur de la politique migratoire européenne, la très grande majorité des migrants traversant la Méditerranée relèvent de l’immigration économique. Il faut donc, aux yeux des Européens, renforcer l’aide au développement, une démarche qui va dans le bon sens, selon le président nigérien Mahamadou Issouffou : « Les gens quittent les pays pauvres parce que tout simplement, leur situation est intenable et c’est pour cela qu’il faut attaquer le mal à sa racine. Et attaquer le mal à sa racine, c’est envisager comment créer les conditions de développement économique et social des pays d’origine. » Le premier de ces centres devrait ouvrir à Agadez d’ici la fin de l’année.

Après le Niger, le Cameroun

Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a achevé à Yaoundé au Cameroun sa tournée de deux jours en Afrique. Un déplacement pour évoquer un renforcement de la coopération entre les forces de sécurité et la lutte contre l’émigration clandestine. « Ceux qui partent sont un trésor pour le Cameroun », a dit Bernard Cazeneuve. Mais c’est surtout sous l’angle des rapports franco-camerounais que cette visite a été observée, alors qu’un rapport parlementaire français a récemment sévèrement critiqué le Cameroun.

Des chants d’accueil de la population, des honneurs militaires également, l’accueil de Bernard Cazeneuve au Cameroun fut chaleureux. Mais le récent rapport parlementaire évoquant une très difficile démocratisation du pays et un parti présidentiel hégémonique est dans toutes les têtes. Et le ministre français de l’Intérieur a dû s’en démarquer à plusieurs reprises : « L’Exécutif français est représenté, parce que c’est ainsi que fonctionnent les pouvoirs publics en France, par les membres du gouvernement. Et donc la parole qui engage l’Exécutif français est la seule parole des membres du gouvernement ».

Pas de tension donc. Et Bernard Cazeneuve en veut pour preuve les enjeux communs auxquels les deux pays font face : la lutte contre le terrorisme et l’émigration clandestine, les départs de migrants étant à ses yeux une perte pour leur pays d’origine. Le ministre français se félicite d’ailleurs de « la qualité », dit-il, de l’entretien qu’il a eu avec le président Paul Biya. Alors est-ce que le président François Hollande viendra lui-même lever les doutes quant à la relation franco-camerounaise ? « Ce n’est pas exclu », affirme Bernard Cazeneuve.

RFI

le texte d’appel :
Mobilisation citoyenne

Suite à la macabre succession de naufrages en Méditerranée, les chefs d’Etat de l’Union Européenne peinent à faire le choix de sauver des vies. Alors même qu’ils ont les moyens d’accueillir avec humanité et dignité les personnes migrantes et réfugiées ils persistent à renforcer l’arsenal sécuritaire. Nous savons que leur entêtement est en grande partie responsable des tragédies en Méditerranée et que l’effet dissuasif des politiques sécuritaires est un leurre.

En 20 ans plus de 20.000 personnes migrantes sont mortes aux frontières de l’Europe Forteresse. Afin que cesse cette situation, plus de 100 organisations de la société civile française se sont unies le 6 mai dernier pour appeler officiellement et publiquement le président de la République à mettre en œuvre et à porter sur le plan européen une autre politique migratoire, respectueuse de la vie, de la dignité humaine et des droits humains, y compris le droit de quitter tout pays. À cet égard, elles ont souhaité que le gouvernement ouvre rapidement un dialogue constructif avec la société civile afin d’envisager d’autres alternatives que le tout sécuritaire.

À ce jour, cet appel est resté lettre morte. Le déploiement de forces militaires hors du territoire de l’UE et le positionnement clair de la France au sein du Conseil européen contre le dispositif de répartition des réfugiés (dit de « quotas ») proposé par la Commission Européenne illustrent de façon alarmante l’aveuglement sécuritaire et meurtrier de l’Europe. En effet comment ne pas déplorer que la France rechigne à accueillir environ 2 500 personnes réfugiées, un effort pourtant dérisoire pour un pays comme celui-ci.

Face à cette politique de fermeture et de non-assistance à personne en danger, les organisations, réunies sous le message Des Ponts Pas des Murs, organisent un grand rassemblement pour rendre hommage aux victimes et porter plus haut et plus fort leurs revendications :

Le vendredi 22 mai à 20h00 à Paris Place Mahmoud Darwich (près du Pont des Arts)

Elles invitent à les rejoindre toutes celles et tous ceux qui tendent naturellement la main à celui qui se noie plutôt que de regarder de l’autre côté. Toutes celles et tous ceux qui refusent des politiques de repli sur soi et de peur de l’autre.

Ensemble, nous réaffirmons « Des Ponts, pas des murs » !

Liste des signataires :
4D, ACAT France, Acceptess-T, ACORT(Association citoyenne des originaires de Turquie), Action Tunisienne, ADA-Accueil Demandeurs d’Asiles, ADDE (Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers), ADTF (association Démocratique Tunisienne de France), AFA (Association Française des anthropologues), AEDH, AFEA (Association française d’ethnologie et d’anthropologie), Ailes - Femmes du Maroc, AMF, Amnesty international France, les Amoureux au ban public (national), les Amoureux au ban public Bretagne, Anafé, Ardhis, ATF, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ASEFRR (Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines), ASSFAM, ATTAC, Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers, CASAS (Collectif pour l’Accueil des Solliciteurs d’Asile à Strasbourg), CCFD Terre-Solidaire, CEDETIM (Centre d’Etudes et d’Initiatives pour la solidarité internationale), Centre LGBT Paris Île-de-France, Centre Primo Levi, la Cimade, CISP75, CISP93, CISPM (Coalition internationale des Sans-papier Migrants), Collectif « Le Cercle de Résistance », Collectif les Engraineurs, Collectif pour une autre politique migratoire de Strasbourg, Collectif de soutien aux migrants sud Aveyron, Collectif UCIJ, le COMEDE, CRID, DIEL (Droits Ici et Là-bas), Dom’Asile, Droits Devant !, ELENA-France, Emmaüs Europe, Emmaüs France, Emmaüs International, Enda Europe, FASTI, FIDH, FNARS (Fédération des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale), Fondation France Libertés, FORIM, Français Langue d’Accueil, France Amérique Latine, FTCR, GISTI, Hors la Rue, IPAM (Initiatives pour un Autre Monde), JRS France, La maison ouverte de Montreuil, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du Monde, Mouvement Utopia, MRAP, PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines), Plateforme « Tenons et mortaises, un monde à faire venir », O.C.U. (Organisation pour une Citoyenneté Universelle), R.C.I. (Réseau chrétien-Immigrés), REMDH (Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme), RESF, Réseau Féministe « Rupture », Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Réseau Immigration Développement Démocratie - IDD, Réseau Migreurop, la Revue d’Histoire « Cahiers d’Histoire », Revue « Multitudes », RITIMO, Romeurop, Roussillon-Maghreb, SAMU Social de Paris, Santé Sud, Secours Catholique - Caritas France, Scribest, Si les femmes comptaient, Société Européenne des Auteurs, SOS Migrants (Belgique), le Syndicat de la Magistrature, Terre d’Errance, Union Syndicale de la Psychiatrie, Union Syndicale Solidaire, Watch the Med-Alarm Phone