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A l’heure où certaines instances de la CGT amorcent le « service après grève » en vantant l’ampleur des résultats obtenus dans la lutte, il est nécessaire de ne pas s’en tenir à l’auto-promotion de la centrale syndicale qui affirme avoir obtenu des centaines de régularisations.
Une Autorisation provisoire de séjour (APS) de trois mois n’est pas une régularisation surtout quand elle débouche sur une Obligation de quitter le Territoire Français (OQTF). Sans nier les résultats des luttes des sans papier grévistes il ne sert à rien d’être de mauvaise foi sauf à vouloir tirer un trait sur un mouvement sans précédent qui n’est pas terminé.

 

TENTATIVE DE CLARIFICATION

RÉGULARISATION, ÉVIDEMMENT ! MAIS QUELLE RÉGULARISATION ?

Je ne vais pas (ça devient malheureusement une habitude) me faire que des amiEs mais j’entends, ici et là, s’élever des cris de victoire qui me laissent perplexe ; tant de régularisations par ci mais de plus en plus souvent tant d’APS par là qui sont à peine des promesses de régularisations (souvenons nous de l’entreprise « Charly Birdy » où 5 APS avaient débouché sur 3 OQTF...).

En fait de régularisations de quoi s’agit-il ?

Il s’agit de régularisations d’un an avec une carte de séjour salariéE.

1- Cela signifie que cette carte sera remis en cause dans moins d’un an (déduction faite de l’APS) rendant la situation du sans papier toujours aussi précaire ;

À la différence que le salarié sera toujours à la merci d’un patron qui lui fera le chantage à la carte de séjour pour lui faire accepter n’importe quelles conditions de travail ;

À la différence également que dans un an, la préfecture pourra faire une sélection individuelle dans le renouvellement des cartes et que TOUT sera à recommencer ; le salarié sans papiers aura-t-il encore cette force collective qui a permis sa régularisation ? C’est là un pari douteux sur l’avenir surtout que le mouvement de grève n’a jamais été coordonné pour donner sa pleine puissance et que la logique d’entreprise a prévalu. La « stratégie des vagues » de grève condamnait, dès le départ, le mouvement à l’essoufflement et seule la combativité extraordinaire de nos camarades sans papiers a pu permettre une deuxième vague.

2- Cela signifie également que l’on admet purement et simplement la division que cette carte introduit parmi les sans papiers entre différentes catégories : Carte « salariéE », carte « vie privée et familiale », carte « étranger malade »...

Cette revendication loin d’être commune à TOUS les sans papiers est, en elle-même porteuse de division ; division qui d’ailleurs est apparue dès le début du mouvement avec l’occupation de la Bourse du Travail par les travailleurs isolés et les sans papiers des autres catégories de la Coordination des Collectifs parisiens qui se sentaient trompés.

Cette revendication ne fait que renforcer les lois anti-immigréEs actuelles en réclamant ni plus, ni moins que l’application pure et simple du CESEDA et de la loi Hortefeux et ne peut, au final, qu’être contraire aux intérêts à moyen et long terme des sans papiers. S’inscrire, dès le départ, dans le cadre des lois actuelles ne pouvait que limiter le mouvement aux seulEs salariéEs des entreprises laissant sur le carreau les autres sans papiers salariéEs isoléEs et autres pourtant plus nombreux. Cela a mené à cette stratégie d’entreprise, véritable frein au développement d’un vaste mouvement d’ensemble entraînant TOUS les sans papiers ; cela a mené au « cas par cas » collectif de dossier par entreprises et cela mène au final à ce « cas par cas » individuel rejeté avec juste raison par tous les Collectifs de Sans Papiers.

Si le mouvement persistait dans cette direction le seul avantage serait un sursis d’un an donné à chaque salariéE d’entreprise avec toujours la même précarité et des conditions de travail pratiquement inchangées (sursis non négligeable c’est sûr, en dernier ressort ; il ne s’agit pas de cracher dans la soupe) et pour les autres, le CRA et l’expulsion pour seule perspective.
Il doit être clair pour touTEs que le mouvement magnifique de nos camarades sans papiers mérite un meilleur sort tant dans le présent que pour l’avenir.

  UNE REVENDICATION COMMUNE À TOUS LES SANS PAPIERS.

La seule revendication qui me semble d’actualité est la revendication mise en avant par tous les Collectifs, de « carte de résident »

1 - Elle diminue la précarité du sans papiers étant valable DIX ANS.

2 – Elle est unificatrice en ce qu’elle englobe tous les sans papiers sans distinction de catégories.

Cette revendication commune à tous les sans papiers ne peut aboutir sans un rapport de force conséquent que le mouvement ne possède plus (mais qu’il possédait potentiellement). Cela ne sert à rien de ressasser ou de désigner des « responsables » de cet état de fait ; l’heure du bilan n’a pas sonné et le mouvement n’a pas dit son dernier mot.

Le mouvement trouvera t’il en lui-même la force suffisante pour se relancer et s’élargir ? Bien malin qui pourrait répondre à cette question mais nous ne le saurons qu’en travaillant dans ce sens.

Cela suppose que les acteurs qui le soutiennent remplissent leur rôle en débloquant la situation dans les grosses villes de province pour provoquer l’élargissement géographique nécessaire, véritable bouffée d’oxygène pour les grèves d’Île de France.

Cela suppose une coordination des différents sites encore en grève et l’intégration des sites qui se lanceraient dans le mouvement en un Comité Central de Grève.

Cela suppose également que les efforts de la CSP75 pour unir les différents Collectifs de Paris et d’Île de France soient couronnés de succès en coopération avec les sites en grève et le lancement d’actions concertées nationalement mais convergentes visant à porter les coups là où ça fait mal.

Cela suppose enfin des actions concertées nationalement des soutiens devant les CRA pour appuyer les révoltes ignorées qui s’y déroulent (je pense au Mesnil-Amelot notamment), mais aussi devant les commissariats, tribunaux et aéroports pour empêcher toute expulsion.

Cela suppose enfin que nous, travailleurs français, prenions à notre compte toutes les leçons que ce magnifique mouvement nous enseigne tant par sa combativité que ses formes d’organisation et que nos différentes associations tant syndicales que politiques considèrent les Collectifs dont les sans papiers se sont dotés comme seuls responsables de leur mouvement, qu’elles cessent de vouloir le diriger en fonction de leur politique partisane et que l’intérêt général prenne enfin le pas sur leurs intérêts particuliers.

L’UNITÉ, dont tout un chacun nous rebat les oreilles, ne pourra qu’y gagner ! Que chacunE comprenne vraiment que la SOLIDARITÉ passe nécessairement et ne peut être rendue possible que par l’AUTONOMIE du mouvement des sans papiers.

Il faut que nous ayons ce courage de la remise en cause sinon la défaite éventuelle du mouvement des sans papiers sera NOTRE DÉFAITE et, en ces temps de régression sociale, compromettra notre avenir commun.

● POUR LA CARTE DE RÉSIDENT DE DIX ANS !
● POUR LA SUPPRESSION DES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE !
● POUR LA SUPPRESSION DE LA TAXE ANAEM !!!

  TRAVAILLEURS FRANÇAIS, IMMIGRÉS, MÊME ENNEMI, MÊME COMBAT !

« Soyons toutes et tous des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale » -pj49-