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Les informations sur l’élection d’une assemblée constituante en Islande, diffusées d’abord par le CADTM (comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), puis des blogs de politiciens comme André Bellon puis Jean-Luc Mélenchon, ont été reprises et mises en perspective par un article de Paris s’éveille qui a eu l’honneur de provoquer un « buzz » sur internet, au point où les oreilles de rue89 auront sifflé.

On n’avait pas de mal à souligner que cela faisait plus d’un mois que le fait s’était produit sans que la mediacratie daigne le mentionner. Rue89 se sera senti visé. Et, en dignes journalistes participatifs, ils ont mené une enquête et publié ses résultats dans l’article ci dessous.

Sans détour, ils nous répondent d’emblée que toute idée qu’une révolution puisse s’être produite au pays des glaces relève du pur fantasme. Gouvernement renversé, et redéfinition des règles du jeu politique : cela ne suffit pas à notre journaliste.

Cette révolution ne serait pas anticapitaliste, dit-il. Dès le départ les banques ont été nationalisées pourtant. Qu’est-ce que le capitalisme ? Les islandais seraient attachés à leurs libertés y compris de commercer ? Rue89 propose que sous leur volcan, nos voisins nordiques amateurs de bains chauds soient...« schumpetériens ».

Il est douteux que la connaissance de cet important économiste disparu depuis un demi-siècle soit réellement très diffusée en Islande, même si tous les peuples ne sont pas également ignorants. Ce que le journaliste voulait vraisemblablement dire, c’est que, selon lui, le phénomène observé en Islande correspondrait à la théorie de Joseph Schumpeter qui suggérait que le capitalisme soit destiné à se renouveler par des processus de destruction et de re-création.

Intéressante théorie, éventuellement applicable en Islande aujourd’hui, qui sait ?

Qu’est-ce qu’une révolution ? Un processus de destruction et de re-création, a priori imprévisible, comme toutes les choses humaines.

Les islandais vont-ils faire une révolution économique ? Peut-être. On n’en sait rien. Mais ce qu’on sait, et qu’on a pu écrire ici, c’est qu’ils tentent une révolution démocratique, et que cette expérience, qu’elle réussisse ou qu’elle échoue – un petit peu des deux forcément –, n’en est pas moins particulièrement intéressante, même si elle se produit dans un pays dont la population ne serait pas plus importante que celle de « la ville de Metz » prise en exemple par notre journaliste.

Ce n’est pas tout-à-fait exact : la population de Metz était de 122 838 hab. (2008) selon Wikipédia, et on compte 320 000 habitants en Islande, ce qui correspond plutôt à la population de Nice (34O), plus importante que celle de Nantes (270).

L’exemple de Metz est néanmoins intéressant : on se souvient peut-être que depuis l’annexion de la Moselle par l’Allemagne en 1871, celle-ci bénéficie d’un droit particulier, dont les différences ne sont pas forcément négligeables quant on regarde la fameuse Reichsversicherungsordnung cette mutuelle complémentaire obligatoire qui fait qu’aujourd’hui encore, le taux de couverture base de la sécurité sociale alsacienne-mosellane est de 90 % (80 % pour les médicaments remboursées à 35 % ailleurs en France) et de 100 % pour l’hospitalisation sans forfait journalier. (Et qu’à la différence de la sécu qui sévit partout ailleurs, ce régime complémentaire est équilibré.)

Désolé pour ce bref apparté mosellan, mais ceci pour bien montrer que même 120 000 habitants peuvent suffire pour faire leur propre loi.

Mais non : nous aurions colporté un « conte de fées ».

Ce point de vue est partagé par un article qui nous a été retransmis par de nombreux correspondants sur les « neuf de Reykjavik » [Voir ci-dessous, après l’article de rue89], des militants qui ont attaqué le Parlement – et remarquablement réussi, puisque, peu après, c’est le principe même de ce Parlement qui est radicalement remis en cause dans le processus constitutionnel. Ironie de l’histoire : ils sont aujourd’hui poursuivis – et encourent même la peine maximum en Islande, 16 ans de prison.

Également documenté, cet article nous raconte encore une toute autre histoire – dont nous n’avions pas eu écho jusque-là – et que rue89 semble toujours ignorer.

Elle n’est pas moins intéressante. D’abord, on est informé que nous sommes en semaine internationale de solidarité avec les neuf inculpés qui passent en procès dans les jours qui viennent, les 18, 19 et 20 janvier. Ce sera, peut-être, l’occasion d’en savoir plus. Convenons que s’ils étaient relâchés sous les acclamations de la foule ce ne serait pas tout-à-fait la même chose que s’ils sont condamnés à mourir dans un cul de basse fosse...

Remarquons simplement ici que l’une comme l’autre de ces critiques sévères voudraient que nous ayons péché par angélisme. Et assumons-le sans honte (en rougissant quand même un petit peu de notre immense ignorance). On voudrait simplement en savoir plus. Et puis, n’hésitons pas ici à user de notre liberté de parole pour dire ce que nous pensons au fond :

Ces deux articles (l’un “bourgeois”, l’autre “révolutionnaire”) ont le même objectif : une vague de curiosité se levait sur internet, et il fallait y couper court.

Il se trouve, par coïncidence, que la question de la démocratie se pose centralement aujourd’hui en Tunisie comme en France – et partout ailleurs – à l’heure où les États policiers tentent de s’imposer au détriment de tous principes démocratiques, justement.

Lorsqu’un peuple se soulève et parvient à imposer qu’on rediscute de ces principes fondamentaux d’organisation collective, cela est signifiant pour tous ceux qui pourraient avoir des problèmes d’organisation collective.

On aura compris que cette question est particulièrement urgente en France, dans le contexte du coup d’état institutionnel sarkozyste qui consiste précisément à détruire toute possibilité de démocratie, parachevant un précédent coup d’état, militaire lui, le 13 mai 1958, à l’origine de la Ve République – la moins “démocratique” de toutes.


Voir en ligne : Les particularismes de Metz

DÉCRYPTAGE

La « révolution démocratique » en Islande tient du fantasme

Par Pascal Riché | Rue89 | 09/01/2011 | 21H08

S’il a choisi des solutions originales après l’effondrement de son économie, le pays n’est pas devenu un paradis anticapitaliste.

Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante… Depuis quelques jours, bizarrement, nous sommes bombardés d’e-mails s’enthousiasmant sur la « révolution démocratique anticapitaliste » qui aurait lieu en Islande, et dont les succès seraient déjà palpables.

Dans ces courriers, on nous renvoie à certains articles enflammés, comme cette note qui décrit pas moins qu’une « révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu’on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place ». Bigre.

Les Islandais que j’ai appelés sont assez surpris de cette présentation. Ils s’accordent pour qualifier de fantasme ce prétendu rejet du capitalisme par le peuple.

La population de cette île reste attachée à l’économie de marché, et l’économie et la constitution sont bouleversées, m’expliquent-ils, ce n’est pas pour abandonner le système existant, c’est pour le régénérer : « Mes compatriotes sont plutôt schumpéteriens de nature, adeptes de la destruction créatrice », précise l’un d’entre eux.

Le président de l’association France-Islande, Jean Le Tellier, relativise en outre l’intérêt de présenter en modèle les initiatives islandaises :

« L’Islande, c’est 300 000 habitants, c’est moins que la ville de Metz. Comparer sa gouvernance à celle de la France ou des Etats-Unis n’a pas grand sens ».

Economie : une timide reprise, pas de miracle

Aujourd’hui, l’Islande, dont l’économie a été entièrement ravagée par la crise financière, retrouve un peu d’espoir. Mais le pays n’est pas encore sorti de la récession.

Au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2008, l’Islande a certes affiché un PIB supérieur à celui du trimestre précédent : +1,2%. Cependant, la croissance, qu’on mesure d’une année sur l’autre, n’est pas encore au rendez-vous : le PIB a baissé de 2,1% pendant ce même trimestre si on le compare au même trimestre de l’année précédente…

Personne n’attend des miracles à court terme, notamment en raison des difficultés que rencontrent les entreprises pour se financer. Le FMI, en novembre 2008, avait injecté 2,1 milliards de dollars pour aider au redémarrage, une somme très insuffisante.

Mais ce qui est intéressant, ce sont les recettes utilisés, différentes des autres pays européens, à commencer par l’Irlande et la Grèce. Elles tiennent en deux termes qui n’ont pas bonne presse : nationalisation et dévaluation.

Trois grandes banques en faillite et nationalisées

L’Islande, en octobre 2008, n’a pas sauvé la peau des actionnaires de ses trois grandes banques : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki. Elles se sont effondrées, et l’Etat les a purement et simplement nationalisées.

L’Etat a indemnisé les déposants islandais, mais pas les étrangers. Ce qui a fâché deux pays : la Grande Bretagne et les Pays Bas, dont de nombreux épargnants (400 000) avaient investi dans les produits de la banque en ligne Icesave, filiale de Landesbanki. En jeu : près de 2,7 milliards d’euros.

Les gouvernements britanniques et néerlandais ont indemnisé « leurs » épargnants, pour éviter leur ruine. Mais ils ont envoyé la note à Reykjavik, en lui proposant un crédit rémunéré à 5,5%. En octobre 2009, un accord a été trouvé et a été approuvé par le Parlement islandais.

Surprise, le président de la République, Olafur Ragnar, auquel la constitution donne pourtant très peu de pouvoir, a tiqué : il a refusé de promulguer la loi. En mars, un référendum a été organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d’entre eux ont rejeté les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Un nouvel arrangement a depuis été trouvé avec Londres et Amsterdam. Car l’Islande, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres… L’accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.

La monnaie dévaluée pour relancer les exportations

L’Islande a laissé filer sa monnaie, la couronne. Elle a perdu près de 50% face au dollar. Les exportations sont donc reparties : le poisson, bien sûr, mais aussi l’aluminium -une grande spécialité industrielle de l’île : sa production demande des ressources énergétiques importantes, ce dont dispose le pays.

Le tourisme aussi va mieux : ses recettes se sont accrues de 7%. Il a été bien aidé, il est vrai, par le volcan Eyjafjallajökull, dont le panache a attiré l’attention de la planète en avril 2010.

Un pouvoir qui passe à gauche

La crise a bousculé le jeu politique islandais. En janvier 2009, des milliers d’Islandais manifestent autour de leur parlement, l’Althing, armés de bruyants ustensiles de cuisine : des gens qui perdaient leur emploi, leur logement, pendant que leurs élus débattaient du fait de savoir si les supermarchés pouvaient ou non vendre de l’alcool.

Déjà affaibli par l’effondrement des banques, ces manifestations achèvent de déstabiliser le gouvernement ; le Premier ministre annonce alors sa démission, invoquant des raisons de santé.

Lors des élections d’avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti « gauche verte », est élue. C’est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna Siguroardottir, prend la tête du gouvernement, une autre première dans ce pays (qui a cependant eu une présidente pendant 16 ans, Vigdis Finnbogadottir).

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l’Union européenne.

Une réforme de la Constitution

Dans le programme de la gauche, il était question d’une réforme de la constitution, notamment pour redéfinir les pouvoirs du président de la République. Cette initiative n’est pas une grosse surprise politique, comme l’explique au téléphone le politologue Eirikur Bergmann, directeur du centre pour les études européennes à l’université de Bifröst :

« Notre constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark ; depuis des années, nous prévoyions de la changer, pour nous doter d’une constitution propre à l’Islande. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d’opportunité pour se lancer.

C’est un peu comme dans la vie, les crises vous forcent à la réflexion sur vous-même. Mais ce travail constituant n’a rien à voir, sur le fond, avec la crise financière. »

Une assemblée constituante, composée de 25 personnes, est élue le 27 novembre 2010. N’importe qui pouvait se présenter à cette élection.

Plus de 520 candidats l’ont fait, de tous horizons. Les élus sont des universitaires, des juristes, des journalistes ; on compte aussi un syndicaliste, un agriculteur, un pasteur, un metteur en scène…

La participation à l’élection de cette assemblée des 25, cependant, n’a pas été énorme : seulement 36% des électeurs se sont déplacés, ce qui a été analysé comme un revers pour le nouveau gouvernement, et comme le signe d’un désintérêt pour ce toilettage constitutionnel.

La commission doit plancher sur la réforme à partir de mi-février et fournir un texte dans le courant de l’été. Il devra être voté par le parlement et sera soumis au référendum en 2012.

Remous autour des règles du FMI et de l’adhésion à l’UE

Pendant ce temps, le gouvernement de Johanna Siguroardottir s’escrime à respecter les règles dictées par le FMI, ce qui ne fait rien pour accroître sa popularité. Mais ces « ajustements », comme dit pudiquement le fonds, ne s’accompagnent pas de manifestations : la population semble s’être résignée à avaler la potion amère.

Le gouvernement de gauche connait cependant de nombreuses turbulences et tiraillements. En ce moment, c’est la candidature à l’Union européenne qui crée des remous : selon les sondages, la population n’y est pas favorable (« mais dans les sondages, l’adhésion à l’UE est très erratique en Islande, variant selon les périodes de 30% à 90% », tempère Bergmann).

Au parlement, à plusieurs reprise, les « verts de gauche » se sont désolidarisés d’un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d’autres. « Ce gouvernement est en crise depuis sa prise de fonction », résume Bergmann.

On est donc loin du conte de fée qui circule sur le net. L’Islande ne vit pas une alternative réussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés… en restant dans les rails du FMI.

[Source : rue89]

Semaine de solidarité avec les Neuf de Reykjavik !

Semaine internationale d’actions en solidarité avec les Neuf de Reykjavik – du 10 au 16 janvier 2011

Un appel a été lancé pour une semaine d’actions en soutien aux Neuf de Reykjavik (RVK9), du 10 au 16 janvier 2011. Ces neuf individus, anarchistes et gauchistes radicaux, risquent jusqu’à 16 ans de prison ferme pour avoir manifesté contre le Parlement islandais.

En décembre 2008, la balle qui tua Alexandros Grigoropoulos mit le feu aux rues
d’Athènes, un feu qui se propagea rapidement à toutes les villes de Grèce.

Ce même mois de décembre, à l’autre bout de l’Europe, en Islande, une autre révolte était en route, née des décombres de l’économie qui s’était effondrée à l’automne. Au cours de l’hiver 2008, l’Islande, première victime de la crise mondiale, assistait à la plus large mobilisation de son histoire. Des manifestations, rassemblements de masse et assemblées populaires, actions directes et confrontations quotidiennes, et pour finir des émeutes, réussirent à faire tomber le gouvernement de droite de l’époque.

Pourtant, tout comme en Grèce cette balle n’était qu’une seule des causes d’une révolte qui tenait à des milliers de raisons, en Islande la bulle qui éclata cet automne n’était que l’étincelle nécessaire à la rage et à la frustration refoulées au cours de deux décennies contre le gouvernement néo-libéral — et plus largement, contre le système politique et économique tout entier.

À l’heure actuelle, l’État islandais menace d’emprisonnement neuf individus, choisis comme bouc-émissaires de l’insurrection qui mena à la chute du gouvernement en janvier 2009. Ils et elles sont les Neuf de Reyjavik.

Le 8 décembre 2008, pendant qu’en Grèce des milliers de personnes descendaient dans la rue, à Reyjavik, en Islande, un groupe d’une trentaine de personnes prenait d’assaut le Parlement. Elles entrèrent dans le but d’interrompre l’assemblée et de lire un communiqué de protestation. Malgré le fait que l’accès aux tribunes publiques est ouvert à tous, la police, secondée par les gardes, bloqua l’entrée et arrêta le groupe dans l’escalier. Seuls deux des trente personnes parvinrent à accéder à la tribune. Après une légère échauffourée, plusieurs personnes furent arrêtées et les autres forcées de se disperser.

Un an plus tard, les autorités ciblèrent 9 de ces 30 personnes. Ils et elles sont
principalement accusé-e-s, entre autres, d’avoir menacé l’autonomie du parlement. La peine associée est d’un an de prison minimum, jusqu’à la perpétuité (soit 16 ans en Islande) !

Cette action n’en était qu’une parmi une pléthore d’actions qui eurent lieu
quotidiennement en Islande au cours de l’hiver 2008 : manifestations massives, visites aux domiciles des ministres et banquiers, sabotages de propriétés de l’État,
perturbations des réunions gouvernementales et sabotage massif du système de transmission en direct du débat annuel des partis politiques. Une part intrinsèque de cette insurrection fut le mouvement anarchiste en pleine expansion, qui trouve son origine dans des années de luttes contre l’industrie lourde et la destruction environnementale qui en résulte, toujours au nom d’un « développement vert » !

Les racines de cette insurrection apparurent clairement lorsqu’elle adopta en masse et pour la première fois des tactiques de confrontation, comme lors de l’attaque sans précédent du commissariat central de Reykjavik par une foule de 500 personnes répondant à l’arrestation d’un anarchiste.

La révolte atteint son paroxysme les 20 et 21 janvier 2009, lorsque des milliers
d’individus se rassemblèrent devant le Parlement afin d’empêcher sa première assemblée de l’année. Le début de la fin pour ce gouvernement fut signé par un nouveau groupe formé d’étudiant-e-s, Oskra, lorsque celui-ci brisa les lignes de police devant le Parlement.

Cette action fut suivie de 48 heures de rage et de furie, accompagnées de bruit, de feu et de pierres. Le sapin de Noël fut sacrifié sur le feu et toutes les vitres du Parlement furent brisées sans exception. Pour la première fois en 60 ans les gazs lacrymogènes se répandirent dans l’air de Reykjavik. La police à bout de nerfs, il restait deux options pour l’État : faire appel à l’armée danoise (colons historiques de l’Islande) qui attendait depuis 3 mois dans le port extérieur de Reykjavik, ou dissoudre le gouvernement.

Le procès de Neuf de Reykjavik est un cas flagrant de persécution politique. Les
enregistrements des caméras de vidéo-surveillance utilisés comme preuves ne prouvent rien d’autre, et sans que le moindre doute soit possible, que le fait que la violence était du côté de la police et des gardes.

Le gouvernement actuel « de gauche » a pris le pouvoir en mai 2009 sur le dos du mouvement populaire qui avait renversé le précédent. Ce gouvernement refuse de se mêler de ce procès. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté politique, mais bien d’une volonté politique claire de criminaliser les éléments radicaux de la révolte, après avoir utilisé cette même révolte et ignoré les exigences populaires de rétribution à l’encontre des politiciens et des banquiers responsables de la crise, dont aucun n’a été amené devant la justice !

Tout comme dans d’autres pays d’Europe, le « socialisme » semble être le médium le plus approprié pour la plus vicieuse restructuration néo-libérale de l’économie. En Islande, le gouvernement de gauche, avec la bénédiction des syndicats vendus et sous la surveillance stricte du FMI, est celui qui réalise les réductions budgétaires massives, la privatisation et la grande braderie des ressources naturelles pour développer plus avant l’industrie lourde. Tout ceci bien sûr au nom de « la crise » et dans un climat de nationalisme, néo-fascisme et xénophobie qui en sont la conséquence. Il est à noter que des groupes néo-nazis ont soudain émergé et participé aux récentes manifestations « contre la crise » à Reykjavik en 2010 ! Ils ont heureusement été attaqués par des manifestants anarchistes.

L’audience finale du procès de Neuf de Reykjavik aura lieu au tribunal de Reykjavik les 18, 19, et 20 janvier 2011. Un appel a été lancé pour une semaine d’actions
internationales en soutien aux Neuf de Reykjavik, la semaine précédant le procès, soit du 10 au 16 janvier.

Pour cette petite île-État à la périphérie de l’Europe, toute attention négative venant de l’étranger a un impact fort sur les autorités, l’élite et les médias institutionnels.

Pour cette raison il est impératif que nous leur donnions toute l’attention négative
qu’ils méritent. Que les autorités islandaises sachent que le monde les regarde, qu’elles sachent qu’il y aura des conséquences sérieuses si les Neuf de Reykjavik sont condamné-e-s !

Nous appelons à TOUT TYPE D’ACTIONS en solidarité avec les RVK9 et contre l’État
islandais !

LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !

[Source : multiples et amicales]