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Saluons 20 minutes, premier journal de la presse papier à rendre compte des dangers de l’article 37 quater de la Loppsi (Libé ayant précédemment tenté une dédramatisation, dont on a déjà rendu compte dans Paris s’éveille).

À noter, le point de vu secrétaire général du syndicat de police Alliance, Denis Jacob, sur les nouveaux miliciens : « Il ne faut pas qu’ils soient en patrouille. » Sûr que ça serait plus joli si le dispositif se fondait dans la foule comme la simple myriade de délateurs qu’on imagine trop bien. Malheureusement rien n’interdit, dans le scénario légalisé par l’article 113 de la Loppsi (l’ex 37quater du projet de loi), que ces miliciens soient mobilisés en… milices. On a déjà vu, lors de l’expérimentation des « citoyens volontaires » à Strasbourg, comment, au contraire ceux-ci se déplacent en bande (là de cinq personnes), plus efficaces pour intervenir en toute situation (là pour empêcher un automobiliste d’occuper une place de stationnement).

Les citoyens vont bientôt pouvoir épauler les forces de l’ordre.

Grande entreprise publique de maintien de l’ordre cherche citoyens volontaires pour venir prêter main-forte. La « petite annonce », au cœur de la loi Loppsi 2, dont les discussions se terminent aujourd’hui à l’Assemblée, est passée presque inaperçue.

Dans les mois qui viennent, la police pourra se servir d’une réserve citoyenne qui viendra l’épauler dans ses missions. « La future réserve de la police aura donc vocation à accueillir aussi bien des jeunes, intéressés par une expérience valorisante, que des spécialistes sur des fonctions correspondant à leurs compétences dont la police serait déficitaire », précise seulement le texte. « Un semblant de milices armées et mal formées », dénonce le syndicat Unité SGP-FO Police. « Il ne faudrait pas que l’on récupère tous les tarés qui ont raté le concours d’entrée », lâche Yannick Danio, délégué national du syndicat.

Une application floue

Selon des sources policières, l’objectif est au contraire d’attirer des étudiants pour éventuellement créer des vocations. Ces citoyens-policiers viendront renforcer les 3000 retraités de la police qui constituent depuis 2003 la réserve civile. En revanche, impossible de savoir dans le texte de loi quelles seront les missions exactes de cette réserve, formée sur le tas et rémunérée. Seront-ils en tenue ? Pourront-ils dresser des PV ? L’idée est de disposer de « plus d’effectifs mobilisables » pour des événements exceptionnels comme « des grands concerts », relativisait le rapporteur de la loi, Éric Ciotti, dans les colonnes du journal Libération.

« Pourquoi pas ? Mais soyons prudents. Il ne faut pas qu’ils soient en patrouille. À la limite qu’ils accueillent les gens au commissariat ou qu’ils renseignent les touristes dans la rue », explique Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alliance. Certaines voix à l’UMP ont proposé que ces réservistes puissent effectuer des missions de « police judiciaire ». « Dans un contexte de montée de la violence, il faut au contraire utiliser des gens aguerris », conclut Yannick Danio.

Des quartiers sous surveillance ?

Alors que les syndicats de policiers dénoncent la diminution des effectifs, d’autres dispositifs cherchent à impliquer des citoyens bénévoles à la surveillance de leur quartier. Ainsi la « participation citoyenne » à l’essai dans cinq départements permet de développer des réseaux de riverains chargés de faire remonter des informations à la gendarmerie et à la mairie.

[Source : 20 Minutes, 8 février 2011]