L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

Le lendemain de la destruction de la « jungle » de Calais et de
l’interpellation de 276 Afghans, les
sans-papiers, principalement maliens, du campement du boulevard du
Temple à Paris ont été évacués tôt,
mercredi 23 septembre. À 9 heures, ne restaient que des vestiges de
l’occupation, qui avait commencé le
24 juin 2009 après l’expulsion brutale de la Bourse du travail par
l’union départementale de la CGT : des
matelas, des chaises et des bagages pêle-mêle, des affichettes, des
policiers surveillant les alentours,
mais « non autorisés à parler aux journalistes ». Les grandes bâches
bleues qui recouvraient le lieu et
avaient fini par reconfigurer l’espace avaient disparu. Aucun
militant n’était présent à cette heure.

Selon un habitant du quartier qui a vu la scène, « des policiers en
civil sont arrivés vers 7 heures avec
des brassards fluo. En même temps qu’ils arrachaient les bâches, ils
ont regroupé les occupants qui
étaient une quarantaine. Il y avait à peu près autant de policiers.
Ils les ont fait sortir. Les
personnes ont commencé à descendre le boulevard du Temple vers la
Bastille, encadrées par les policiers.
J’ai demandé à un agent ce qui se passait. Il m’a répondu : "Vous
voyez, le camp est vide." J’ai demandé
où les personnes avaient été emmenées. Pas de réponse. Les sans-
papiers sont partis avec très peu de
choses. » À 11 heures, les services de propreté de la Ville de Paris
étaient sur place et « ont commencé à
tout vider ». Selon un militant, en contact avec les sans-papiers
évacués, personne n’aurait été
interpellé et certains des occupants auraient obtenu un rendez-vous à
la préfecture. « Ensuite, tout le
monde est rentré chez soi, pour se reposer », dit-il. La préfecture de
police a indiqué qu’une
cinquantaine de personnes, parmi lesquelles trois femmes et deux
enfants, étaient présentes au moment de
l’évacuation et a confirmé qu’une délégation devait être reçue.

La centaine de personnes qui occupaient encore le boulevard du Temple
avaient rompu avec la coordination
75 des sans-papiers (CSP 75) lorsque celle-ci, à l’origine de la
mobilisation depuis mai 2008, avait
accepté de quitter ce trottoir parisien en échange de la promesse de
la préfecture de police d’examiner
« avec bienveillance » 300 dossiers en vue de leur régularisation.
Début septembre, Madassa Baradji, resté
devant la Bourse du travail, expliquait pourquoi il avait refusé de
suivre le mouvement vers la rue
Baudelique dans le XVIIIe arrondissement, où se sont repliés, dans
des locaux désaffectés de la CPAM, les
autres sans-papiers : « La manière dont les dirigeants de la CSP 75 ont
choisi 300 dossiers ne s’est pas
fait dans la transparence. Ils ont glissé les noms de leurs amis du
foyer ou de leur famille, en tout cas
de gens qui ne faisaient pas partie de l’occupation. » « On s’est rendu
compte que quelque chose n’était
pas clair, ajoutait-il, c’est pour cela que l’on a décidé de ne pas
les suivre. »

Rares soutiens

À la CPAM de la rue Baudelique, Djibril Diaby, délégué de la CSP 75,
conteste cette version des faits :
« Nous avons choisi les personnes en fonction de l’ancienneté dans la
lutte, c’est tout. » Cette nouvelle
occupation dans le nord de Paris a obtenu le soutien de plusieurs
organisations, comme le NPA, les Verts,
le Parti de gauche, Attac, Solidaires et la section nettoiement de la
CGT, qui souhaitaient le départ du
boulevard du Temple afin de mettre un terme au face-à-face entre la
CGT et les sans-papiers. Depuis
plusieurs semaines, en revanche, les soutiens se faisaient rares
devant la Bourse du travail.
Mercredi, à 13 heures, ni la préfecture de police, ni la mairie de
Paris, n’avaient répondu à nos
demandes d’information.

Source TERRA :
http://www.mediapart.fr/journal/france/230909/paris-evacuation-en-
silence-des-sans-papiers-du-boulevard-d
u-temple

Liens :
[1]
http://www.mediapart.fr/journal/france/220909/exiles-la-destruction-
de-la-jungle-ou-le-fantasme-de-l-invi
sibilite
[2] http://www.mediapart.fr/files/Carine Fouteau/templevide2.jpg
[3] http://www.mediapart.fr/files/Carine Fouteau/templeevacuation.jpg
[4] http://www.mediapart.fr/files/Carine Fouteau/templenettoyage.png
[5] http://www.mediapart.fr/files/Carine Fouteau/templepolice.jpg

<http://www.mediapart.fr/files/Carine>
Après l’évacuation du campement du boulevard du Temple à 9 heures.©
Carine Fouteau

<http://www.mediapart.fr/files/Carine>
Lors de l’évacuation du campement du boulevard du Temple, à 7 heures.

<http://www.mediapart.fr/files/Carine>
Après l’évacuation du campement du boulevard du Temple, les services
de nettoyage de la Ville de Paris
vident les lieux.

<http://www.mediapart.fr/files/Carine>
Après l’évacuation du campement du boulevard du Temple à 9 heures.©
Carine Fouteau.

[Source : Mediapart]