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Faut-il dire Montreuil-la-honte, ou reconnaître à cette ville d’être simplement à l’avant-garde de la France sarko-fasciste – le pays où l’on chasse les Roms dans les rues. Dormez en paix, braves gens, les trente Roms avec leurs bébés, leurs enfants et leurs vieux qui occupaient le trottoir rue Étienne Marcel depuis trois semaines sans susciter beaucoup d’émotions, ont été chassés par la police. Chassés pied à pied.

Ils ont dû dégager leur campement, puis les flics les ont suivis, pourchassés à travers les rues, jusqu’à ce qu’ils franchissent les frontières de la commune pour entrer dans Paris – où les flics de Paris ont pris le relai, jusqu’à ce qu’ils soient finalement abrités dans un local associatif, celui de Télé-liberté (qui participe au Collectif contre la xénophobie), 7, rue Courat, dans le XXe.

Ils sont au chaud pour le moment, mais cherchent toujours une maison.
On peut rappeler ici les épisodes précédents : comment ils avaient trouvé une maison abandonnée depuis près de dix ans, rue du Progrès, à Montreuil, et comment ils en ont été délogés à la demande de la Mairie (cet immeuble abandonné appartenant à la Commune). La même nuit, ils ont été chassés du square de la République, encore une fois avec l’aval des autorités municipales.
Quelques jours plus tard, ils tentaient de s’installer rue Pierre de Montreuil, dans une maison appartenant aussi à la Mairie. Les vigiles municipaux, assistés de la police, empêcheront de nouveau cette occupation.
Peu après, la mairie procédait à l’évacuation partielle du squat de la place de la Fraternité, de Roms qui l’occupaient depuis des années – et préféreraient rester là où ils font leur vie –, pour les reloger dans cette maison rue Pierre de Montreuil, où elle venait d’empêcher les roms à la rue de s’installer…
Dans la rhétorique municipale ceci s’explique : ceux de la place de la Fraternité sont pris en compte dans le programme de “village d’insertion”-MOUS. Les autres, non ! “Pas un de plus”, dit la mairie. Faisant écho au Préfet Lambert qui dit : “Pas un rom en Seine-Saint-Denis”.

L’errance dans Montreuil de ces trente Roms à la rue, comme de la trentaine qui est ballotée de lieu en lieu depuis des mois, remonte à l’expulsion commune de ces deux groupes du terrain qui jouxte le Palais des congrès, rue de Paris. Ça gênait le standing de la Mairie…
La blague a fini par mal tourner.

L’attitude des polices de Montreuil et de Paris, sous les ordres des Préfets Lambert et Gaudin, est directement incriminable. La chasse perpétuelle qu’ils ont infligé des heures durant à un groupe de familles, portant leurs affaires et leurs bébés, est un acte caractérisé de barbarie. Les sanctions pénales les plus lourdes s’appliquent à ce genre de crimes assimilables au crime contre l’humanité.
On se doit de relever que ces Préfets sont deux hommes du Président – et de son compère Claude Guéant –, et que ce n’est un mystère pour personnes que les opérations sont dirigées au sommet de l’État. C’est à un Nuremberg qu’il faudrait procéder, incriminant l’ensemble de la chaîne des responsabilités.
Si les responsabilités sont au sommet de l’État, elles ne se répercutent pas moins sur l’ensemble de la chaîne d’exécution. Un commissaire qui dirige une opération criminelle, serait-ce sous les ordres du Préfet, du ministre ou du président lui-même, n’en est pas moins coupable d’actes criminels.
De même, des magistrats qui s’abstiennent, qui autorisent ou qui encouragent de tels actes sont coupables au moins de non-assistance à personnes en danger dans le territoire de leur juridiction. Ceci s’applique particulièrement aux autorités municipales, départementales ou régionales, mais également à tout l’ordre judiciaire – le crime est largement assez constitué pour qu’ils se saisissent.
Mais, dans une telle situation d’urgence et de détresse, c’est à tout-un-chacun de prêter assistance.
Ouvrez vos portes !
Les roms sont chassés comme des chiens.
Il est du devoir de chacun d’ouvrir ses portes. Vous disposez d’un hangar, d’un terrain, d’un lieu quel qu’il soit qui puisse abriter des humains pourchassés ?
Ouvrez vos portes !
Vous connaissez un lieu sans affectation, terrain ou bâti ? Occupez-le pour les pourchassés, les sans-abri, les sans-logis.
Ouvrez les portes !

Il y a un hangar dans votre squat ? Ouvrez-le pour les Roms en fuite.
En Seine-Saint-Denis, le Préfet Lambert à ouvert la chasse. Pas un jour sans qu’il n’ajoute un crime. Mais toutes les polices de région parisienne – comme dans le reste du pays – sont appelées pour le grand programme national de persécution des roms. Comme en Italie.
Ils sont persécutés ici et vont là, pour être persécutés encore. L’Europe nouvelle affiche ses couleurs brunes.
Face à ce programme sans nom, il reste la possibilité d’une résistance citoyenne. Dans ce climat de racisme triomphant, c’est à chacun de s’engager pour une solidarité active avec les persécutés.

Collectif contre la xénophobie