L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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Le CSP occupe la Bourse du travail
de la rue Charlot à Paris depuis le
deux. Trop longtemps condamné à
rester dans la cour, sans possibilité
de se réunir dans une salle et
exposé aux intempéries, les sans-papiers
ont réussi a pénétrer et
occuper la “grande salle”. Depuis,
la vie est un tout petit peu moins
difficile pour les occupants...

Les hommes dorment en bas, les
femmes dorment dans les couloirs
et la petite salle du haut, avec les
enfants. Il y avait là haut un bébé
de quelques semaines... Protégés de
la pluie donc, pour la plupart...

Mais tout reste très précaire :
notamment, la question de nourriture
est loin d’être réglée.
La plupart des occupants de la
Bourse du travail se sont de fait mis
en grève même s’ils ne peuvent
occuper leur entreprise parce qu’ils
sont des travailleurs isolés. Ils sont
souvent le ou la seul(e) sans-papiers
dans la boîte où ils travaillent
et bien évidemment, la forme
traditionnelle de la grève, avec
occupation de l’entreprise, ne peut
pas se faire. C’est bien là leur problème
et une des causes d’incompréhension
avec les syndicats de la
Bourse... En tous cas, ils ne travaillent
plus, donc n’ont plus de paye
et, l’argent se faisant rare, ça
devient très difficile d’acheter à
manger pour tout le monde,
sachant qu’ils sont en moyenne
plus de 800, d’après Sissoko et les
autres délégués. Ils ont faim...

Toute nourriture, tout laitage, sont
bienvenus... Et l’argent pour qui
peut...
Après les craintes (rumeurs ?) qui
ont circulé sur l’évacuation des
occupant de la Bourse du travail
par le service d’ordre de la CGT, la
phase actuelle est officiellement
celle de la négociation. Une première
réunion CSP 75-
Intersyndicale, a eu lieu le 1er juin.

Commités sans papiers : un pas vers l’unité

Suite à l’invitation lancée par la
Coordination Nationale des Sans-
Papiers, différents comités des Sans-
Papiers se sont retrouvé à Paris le 8
juin. Une telle réunion n’avait pas eu
lieu depuis trois ou quatre ans.
Les collectifs présents ont insisté sur la
nécessité de leur autonomie et leur pouvoir
de décision dans les luttes en cours.
Ils on discuté de la pertinence d’une rencontre
délégation des CSP/ministre avec
le soutien des syndicats. Les CSP parisien
souhaitent promouvoir des CSP autonomes
et décideurs de leur stratégie dans les
villes où c’est possible. Ils notent que
dans certaines villes cette stratégie commence
à porter ses fruits. Cette réunion a
abouti à la rédaction d’un texte commun.

DOCUMENT

« Résolution adoptée à Paris le 8 juin 2008.
En présence de la CNSP se sont réunis les
CSP75, CSP93, CSP91, CSP92, CSP59,
CSP49 pour examiner la phase actuelle de la
lutte des sans papiers pour la régularisation.

La résolution suivante a été adoptée :

L’actuel mouvement de grèves et occupations
des lieux de travail organisés par nos partenaires,
les syndicats, est une brèche ouverte
dans le dispositif répressif du gouvernement
pour ramener les sans papiers dans la clandestinité
 : les CSP se félicitent de l’initiative
des syndicats, notamment de la CGT ;

Les mensonges présentant les sans papiers
comme des « parasites qui profitent de la
France » sont ainsi démasqués, maintenant
tout le monde se rend compte que les sans
papiers sont des travailleurs qui sont surexploités
par des patrons négriers du travail
caché ;

Les lois racistes qui bafouent l’état de droit
servent donc le patronat qui fraude le fisc et
sous payent des hommes, des femmes et parfois
des enfants qui pour survivre subissent la
précarité inhumaine ;

Devant les grèves et occupations organisés
par les syndicats, le gouvernement refuse de
plus en plus le dépôt des dossiers des CSP et
des associations, pire le gouvernement
ordonne aux préfectures de recevoir que les
dossiers des syndicats ;

Son objectif est d’opposer les sans papiers
qui ont des contrats et fiches de salaires et
les sans-papiers qui sont payés en liquide
par les patrons, mais aussi de diviser syndicats,
associations et CSP ;

Devant le désespoir créé chez les sans
papiers par cette politique discriminatoire
du diviser pour mieux régner du gouvernement,
la CSP75 s’est réfugiée à la bourse
du Travail dans l’espoir que cette action
permette de rétablir le front uni des syndicats,
des associations et des CSP pour la
régularisation ;

Cette présence à la Bourse du Travail a
pour but qu’ensemble, CSP, associations
et syndicats, nous oeuvrons à l’unité des
sans papiers avec et sans fiches de salaires
 ;

L’expérience de la circulaire pour « les
enfants scolarisés » qui a permis des régularisations
et qui a posé la nécessité de
l’unité de l’ensemble du mouvement
(CSP, association, syndicats, Resf) doit
être mise à profit pour éviter le piège de la
division ;

Malgré les difficultés objectives de fonctionnement
que la présence des sans
papiers à la Bourse du Travail occasionnent,
l’essentiel et l’intérêt majeur des
sans papiers dans leur ensemble et celui de
tous les autres catégories de travailleurs
exigent que nous prenions tous ensemble
un engagement d’unir toutes les formes de
luttes et toutes les forces organisées (syndicats,
associations, CSP) pour élargir la
lutte et arracher le maximum de régularisation
 ;

Au delà des incompréhensions et des
erreurs des uns et des autres, l’espoir suscité
par les luttes actuelles exige qu’ensemble,
syndicats, associations, CSP, nous
agissions dans l’intérêt supérieur des sans
papiers et partant de l’ensemble des travailleurs
du pays ;

La visibilité des sans papiers, notamment
à travers les CSP, que le gouvernement et
le patronat aimeraient faire disparaître de
la scène social et politique est un des
enjeux majeurs des manoeuvres de divisions
du gouvernement.

C’est pourquoi notre réunion des CSP en
présence de la CNSP :

Salue le travail en cours de l’intersyndicale,
des associations et de la CSP75
d’élaboration d’une grille dont l’objectif
est de prendre en compte toutes les situations
des sans-papiers présents à la Bourse
du Travail ;

Soutient le projet de parrainage des sans-papiers
par les syndicats ;

Propose une interpellation du gouvernement par l’intersyndicale,
les associations et le CSP75 pour que tous, syndicats,
associations et CSP, et partout sur le territoire
national puissent déposer des dossiers dans les préfectures
en vue de la régularisation ;

Demande aux syndicats et aux associations, qu’en plus des
critères de contrats d’embauches, des fiches de salaires et
de la taxe ANAEM que doivent payer les patrons, que soit
pris en compte les témoignages sur l’honneur des salariés
réguliers attestant avoir travaillé avec les sans papiers
demandeurs qui n’ont pas de fiches de salaires (le témoignage
sur l’honneur est valable devant la justice, pourquoi
pas devant l’administration ?), les promesses d’embauche,
la non limitation aux secteurs dits « sous tension » dès que
le sans papiers y a déjà travaillé ;

Soumet l’idée que le critère « travail » actuel ne doit pas se
substituer aux autres critères de régularisation, notamment
la durée de présence, la vie familiale, l’insertion dans la vie
sociale et citoyenne, la maladie, le droit d’asile qui permettent
d’obtenir une régularisation « vie privée et familiale
 » ;

Suggère la mise en place partout où c’est possible d’une
coordination syndicats, CSP, associations pour organiser,
élargir, massifier l’action de grèves et d’occupations des
lieux de travail ;

Appelle à la syndicalisation de tous les sans papiers, ce qui
n’est pas incompatible avec la lutte dans les CSP pour la
régularisation de tous les sans papiers. »