L’heure est à la grève générale des sans-papiers
Numéro 24
samedi 10 mai 2008
Publié le: 11 mai 2008
De Lille à Nice, le mobilisation des sans-papiers s’étend. Pas un jour sans une occupation, et les piquets de grève se multiplient. Demain le bâtiment sera paralysé... Et les entreprises comptabiliseront leurs pénalités de retard… Demain la restauration et l’hotellerie ne sauront comment recevoir les touristes de l’été... Demain, on ne saura plus comment s’occuper des personnes âgées ou des enfants, et le ménage ne sera plus fait dans les ministères...
Demain, sous l’impulsion des sans-papiers, tous, avec ou sans-papiers, se lèveront pour en finir avec l’État xénophobe, pour une société fraternelle et solidaire, contre le racisme sans complexes qui prétend s’imposer.
De Lille à Paris, ils ont marché, ceux du Collectif des Sans-Papiers du Nord. Ceux qui, l’été dernier, menaient héroïquement une grève de la faim de soixante-quinze jours, et faisaient plier une première fois l’État qui proposait l’expulsion pour unique réponse à leur grève de la faim... Ceux qui, à Paris ou ailleurs, inlassablement occupent tous les jours des églises ou des bâtiments publics... Ceux qui, à Nanterre, font à leur tour une grève de la faim… Ceux qui, au camp pour étrangers de Vincennes, aussi font la grève de la faim, et s’affrontent quotidiennement à leurs gardiens… Ceux qui, à Paris, occupent la Bourse du Travail dans des conditions difficiles – et qui appellent à la grève générale...
Les uns, les autres, tous à la fois, ne disent aujourd’hui qu’une chose : ça suffit !
Il y a douze ans maintenant, à l’église Saint-Ambroise, des sans-papiers sortaient de la clandestinité pour dénoncer le scandale des lois et des règles qui instituent une classe de citoyens sans autre droit que de travailler et de se taire, menacés à tous moments d’expulsion. Quelques temps plus tard, le gouvernement de droite de l’époque choisissait la manière forte, brisant la porte de l’église Saint-Bernard où ils avaient pris refuge. Aux élections suivantes, c’est la gauche qui était élue. Une gauche qui trahira alors le mandat du peuple, choisissant de fermer la porte aux revendications des sans-papiers qui disaient – déjà – “au cas par cas, on n’en veut pas”.
Douze ans plus tard, on en est toujours là, avec une droite revancharde au pouvoir qui prétend accomplir le programme de l’extrême-droite – en y mettant les bouchées doubles. C’est la politique du “chiffre” qui mobilise toutes les polices et la gendarmerie. Et la chasse à l’homme ouverte dans tout le pays.
Ça suffit.
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Deux reportages en image (photos) :
• Occupation de la Bourse :
• Arrivée des sans-papiers marcheurs de Lille :




