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Numéro 22

lundi 17 mars 2008

Alors que la « patrie française » n’a jamais autant revendiqué ses « valeurs » d’humanisme, de générosité,
de partage, d’amour de tous et de toutes, quelles que soient leurs origines, et bien sûr d’accueil,
elle n’a jamais autant travaillé à détruire ce mythe, qu’elle avait pourtant mis si longtemps à
construire.

L’humanisme c’est bien, mais n’oublions pas la “préférence nationale”. Ce concept consiste à attacher
les bras et les jambes des sans-papiers afin de les faire monter de force dans un avion à destination
de “leur” pays, à construire des camps de rétention… “administrative“, à rafler à tour de bras
dans les rues, cafés, toilettes et salles d’opération, et bien sûr, à nier tout cela, par des effets multiples
de propagande, comme l’on a toujours nié toutes les horreurs et tous les crimes
de “son” pays. Pourquoi tout cela ? Exciter un fantasme xénophobe ou (et) raciste ? C’est l’hypothèse
la plus probable, car outre les « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » (que
l’on crée et que l’on entretient…), les économistes et les chasseurs d’étrangers savent bien que, au
delà de l’enrichissement intellectuel et culturel qu’ils nous apportent, les sans-papiers sont irremplaçables
sur le plan économique. En Espagne, ils paient 900 000 retraites, cela
comme dans toute l’Europe. Et ces pays coloniaux au racisme latent construisent des camps pour
étrangers afin de mieux les humilier avant de les expulser. Humilier, le mot est faible, voire vide de
sens quand on est enfermé pour ce que l’on est. Mais, bien sûr, surtout pas de comparaisons hâtives.
Quoique, quand on voit des bébés (ou des nourissons) et des enfants, le cartable sur le dos,
parce qu’ils « veulent retourner à l’école », être enfermés, encore une fois pour
ce qu’ils sont, notre Mémoire fait inévitablement un bond en arrière de soixante-cinq ans.

« Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes
jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ».

Certes monsieur Sarkozy, et il faut voir dans quelles conditions sont enfermés ces enfants, et bien sûr
ces adultes. Nourriture périmée, réveils brutaux en pleine nuit pour le « comptage », surpopulation,
brimades, insultes et tabassage administratif (jusqu’à nouvel ordre, pas pour les enfants).

À l’ombre de tout regard, des êtres humains sont humiliés, insultés, tabassés par de (souvent) jeunes
flics. Si on les rencontre près d’un camp, montant la garde, en surnombre et suréquipés, comme au
camp de Vincennes, il n’est pas rare d’entendre des discours racistes, pour les plus modérés « seulement
 » d’ultra droite. On peut alors se demander s’ils les tiennent parce qu’ils sont trop jeunes pour
comprendre les choses de la vie, ou si cette violence verbale et physique est structurelle, pensée et
calculée, voire commandée… Le but ne serait-il pas d’instituer une véritable peur des camps, et donc
une peur de vivre en France, chez le sans-papiers que l’on va expulser ?
En attendant que pierre par pierre se démantellent les camps pour étrangers, dans toute l’Europe,
battons-nous pour rétablir la dignité et la liberté des habitants de la terre France, avec ou sans
papiers. Car nous sommes tous des sans-papiers.

QSP



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