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Le 24 septembre, l’Ud-CGT de Paris a publié un communiqué de presse en réponse au communiqué du 18 septembre de la CSP 75 (« Y a-t-il un accord entre une partie de la direction de la CGT et la préfecture pour empêcher les régularisations des 1300 sans-papiers de la Bourse du travail ? » trouvable en ligne sur sanspapiers.info). La CSP 75 répond à son tour, et s’indigne des rumeurs qui courent ces jours-ci quant à l’occupation de la Bourse du travail, suivant lesquelles « il y aurait des rats »(!!!), des « individus suspects », voire du « trafic de drogue » ! La polémique vole bas...

En réponse à notre précédent communiqué de presse du 18 septembre, est apparu sur zpajol, le 24 septembre, un « Communiqué de presse UD CGT Paris » qui nous reproche des « accusations mensongères » et des « calomnies ».

Notre communiqué mettait en cause la CGT pour deux faits bien précis. L’agression qu’ont subie nos camarades par le service d’ordre de la CGT au stand de la Bolivie (où nous étions invités), à la fête de l’Humanité. La déclaration suivante faite par le responsable de l’UD-CGT de Paris à notre délégation, le jour de l’occupation du restaurant « La Tour d’Argent » :

« Vous vous êtes trompés de cible, on fera tout pour bloquer vos dossiers, j’ai eu ce matin au téléphone le directeur [de la préfecture de police de Paris], tant que vous serez à la Bourse du travail vous n’aurez pas de régularisations. »

Tous ceux qui ont lu les deux communiqués pourront répondre tout seuls à cette question :

Qui fait des « accusations mensongères », qui lance des « calomnies », celui qui rapporte des faits ayant eu lieu devant témoins, ou bien celui qui noircit une quarantaine de lignes sans souffler un seul mot sur ces faits à la suite desquels a été écrit le communiqué auquel on dit répondre ?

Notons que, pour ce qui concerne le refrain qu’on ne cesse de nous répéter, que « nous nous trompons de cible », même des associations, dont notamment le Gisti dans une réunion avec la CGT fin juillet, ont fait remarquer que, si nous n’avions pas occupé la Bourse du travail, « personne ne se serait occupé » de nous.

En même temps que la réponse de la CGT, il nous vient de nouvelles rumeurs concernant une prochaine expulsion, par la force, des sans-papiers qui occupent la Bourse du travail. À de semblables rumeurs a déjà répondu, dans le numéro 5 du Journal de la Bourse du travail occupée, et d’une manière exemplaire, notre soutien Colette Kalowski, dans un article (« L’expulsion des sans-papiers de la Bourse du travail ? Ce serait un crime ! ») au contenu encore plus significatif que son titre pour ce qui concerne la responsabilité historique d’une telle opération. Nous invitons tout le monde à le lire ou à le relire.

Ces rumeurs sont, cette fois-ci, accompagnées de toute une série de soi-disant « motifs », du bien-fondé desquels chacun pourra juger sur ces quelques remarques :

Quand nous sommes arrivés à la Bourse, nous y avons trouvé beaucoup de rats, et tout fait penser que, depuis, par nos soins, par la propreté journalière des lieux et le grand lavage que nous y faisons tous les deux jours, leur nombre a pas mal diminué.

Notre présence n’empêche pas les syndicats de travailler, nous avons tout fait pour qu’ils puissent travailler. Depuis environ trois mois nous avons libéré les troisième et quatrième étages et une partie des escaliers et couloirs pour donner l’accès aux bureaux dans les meilleures conditions. Nous avions même envisagé de libérer les premier et deuxième étages, mais, en retour, au lieu de répondre favorablement, la CGT n’a fait que se raidir dans une position d’intolérance envers nos positions.

Nous n’empêchons d’aucune manière l’accès à l’imprimerie. Il peut arriver que quelques occupants soient assis à proximité, mais leurs chaises sont vite déplacées, et, de plus, ils sont très serviables et toujours polis.

Il n’y a pas d’autres personnes qui séjournent ou dorment à la Bourse hormis les sans-papiers des quatre collectifs de la coordination 75. Faire courir des rumeurs sur des gens suspects qui fréquenteraient la Bourse, voire des rumeurs de trafic de drogues, voilà qui relève de la vraie calomnie.

[Source : CSP75]