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Le préfet de Seine-et-Marne va-t-il réussir à débloquer la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) ? Le bras de fer se poursuivait ce samedi matin avec les grévistes. Après que la justice administrative a suspendu un premier arrêté préfectoral visant à débloquer le site, le préfet, Jean-Michel Drevet, a pris vendredi soir un deuxième arrêté de réquisition de grévistes de la raffinerie de Grandpuits.

Le délégué CGT de la raffinerie Total Franck Manchon a reconnu que ce nouvel arrêté était « plus motivé et circonstancié » que le premier... ce qui pourrait lui permettre de ne pas subir le couperet du tribunal administratif.

Evacuation musclée du site

La justice administrative avait en effet estimé que le premier arrêté qui avait conduit à l’évacuation musclée et rapide du site vendredi avait avait « porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit de grève ». Le juge reprochait au préfet d’avoir réquisitionné « la quasi-totalité du personnel de la raffinerie », ce qui « a eu pour effet d’instaurer un service normal » au sein de l’entreprise.

Après la suspension de cet arrêté, la situation était calme samedi matin devant le site de Grandpuits.

12 raffineries en grève

Le gouvernement a organisé plusieurs réunions de crise pour rétablir un approvisionnement normal de carburant. Mais les 12 raffineries de l’hexagone sont en grève parmi lesquelles les six du groupe Total sont à l’arrêt. Et « sur les 92 ou 93 (dépôts) très importants, il n’y en a plus que 14 qui sont bloqués », avait dit jeudi le ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Jean-Louis Borloo.

« Face à l’autisme du gouvernement, nous sommes obligés de mener ce type d’action. Il n’y a que ça qui peut marcher face à ce gouvernement qui préfère passer en force sans tenir compte des aspirations des salariés », a déclaré Thierry Gaignon, militant FSU de Seine-et-Marne.

La gauche soutient

Les grévistes de Grandpuits avaient reçu vendredi le soutien de plusieurs partis de gauche. Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) a proposé « aux premiers responsables » des partis politiques, associations et syndicats de « réagir ensemble » face à ce qu’il a décrit comme une « attaque du droit de grève ».

Le Parti communiste français avait dénoncé une « évacuation scandaleuse », « violente », et « une très grave remise en cause du droit de grève ». Martine Billard, porte-parole du Parti de Gauche, a évoqué une « guerre sociale » menée par Nicolas Sarkozy, « ami décomplexé du Medef ».

[Source : le Parisien]