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Au détour d’une question écrite posée au ministère de la défense par un député UMP à l’Assemblée nationale, on apprend qu’une unité de la Légion étrangère qui était basée depuis un demi-siècle à Djibouti a été déplacée… dans les Émirats arabes unis.

Le député s’inquiète de ce qu’il adviendra de Djibouti…

Il aurait aussi bien pu s’inquiéter pour les Émirats !

La Légion, ce sont les fauves. Dans la hiérarchie de l’horreur, la troupe la plus redoutable.

Mais que vont donc faire nos beaux légionnaires par là-bas ?

Wikipédia informe sur les relations entre la France et ces Émirats méconnus agrégés autour d’Abu Dhabi et Dubaï, comme on verra ci-dessous.

On y apprend qu’en 2008 était signé un accord militaire entre les deux pays, d’où il résulte l’installation d’une base militaire française à Abu Dhabi. Pour une présence permanente, ainsi que c’est précisé.

Gageons que nos légionnaires de la 13e DBLE (débile ?), ont déserté Djibouti pour ce nouveau cantonnement d’Abu Dhabi.

C’est depuis la fin de la guerre d’Algérie que le 13e DBLE était à Djibouti. On comprend l’émotion du député qui interroge le ministre. Depuis la bataille de Narvik (en Norvège), en 1940, jusqu’à celle de Birao (en Centrafrique), en 2007, cette demi-brigade de légionnaires en aura tant vu. La guerre d’Indochine (notamment dans le secteur Hoa Binh où sévissaient les colonesl Lacheroy et Trinquier – ce qui en fait les premiers artisans des pratiques de la “guerre révolutionnaire”), puis la non moins légendaire guerre des Aurès, en Algérie.

L’intervention des légionnaires à Birao, en soutien à la dictature du général Bozizé, au Centrafrique, en 2007, est largement moins connue. Cette ville de plus de trente mille habitants s’en trouvera pulvérisée… On n’y comptait plus que mille personnes, hantant les ruines, après le passage des français.

Sont passés par le 13e DBLE celui qui deviendra le général Koenig, le héros de Bir-Hakeim, ou… Pierre Messmer, ministre des armées du général de Gaulle pendant plus de dix ans.

Est-ce un mystère que le 13e DBLE est à Abu Dhabi pour s’assurer qu’il ne se produise pas là de mauvaise surprise, comme la révolution démocratique qui menaçait le Bahreïn voisin il y a peu ?

Comprend-on ainsi que, quelque soit le médiocre sketch joué en Libye ou les vagues déclarations vertueuses au sujet de la Syrie, l’armée et la diplomatie française sont rangées en bloc du côté des dictatures et non de la démocratie ?

Avec le Louvre et le TGV, les émirs du pétrole auront eu la bonté d’acheter leur sécurité au prix fort des symboles les plus flatteurs de la francitude. Les centrales nucléaires qui s’ajoutent ne peuvent que justifier plus amplement encore cet engagement radical.

On voit ainsi se redessiner, à l’ombre de fastueux puits de pétrole, tous l’espace colonial, bien plus chic que jamais.

Relations diplomatiques avec la France

Les Émirats arabes unis entretiennent de très bonnes relations diplomatiques avec la France depuis plus d’un siècle. Les deux pays ont récemment renforcé leur collaboration sur les plans nucléaire, économique, militaire et enfin culturel. En janvier 2008, la France et les Émirats arabes unis ont signé un accord nucléaire civil, établissant les fondements pour une coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire. Le traité nucléaire fut signé en même temps qu’un accord sur le transport, l’infrastructure et la sécurité routière. Les Émirats arabes unis vont en effet coopérer avec la France dans le domaine des transports, dans le cadre du plan 2030 d’Abou Dhabi qui comprend la construction d’un train à grande vitesse allant de la capitale à Dubaï.

• un accord pour le développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire ;

• un accord portant sur une présence militaire permanente aux Émirats arabes unis ;

• un arrangement administratif relatif à l’établissement dans les établissements pilotes d’Abou Dabi de classes de mathématiques et de sciences physiques ;

• un arrangement administratif sur la coopération en matière de propriété intellectuelle ;

• un arrangement sur la coopération dans le domaine des transports.

Au-delà de la coopération économique entre les deux pays, des efforts ont été faits pour augmenter les échanges culturels. Des initiatives telles que le Louvre Abou Dabi, l’Université de la Sorbonne aux E.A.U. et le projet de construction d’une ville qui ressemblerait comme deux gouttes d’eau à la ville de Lyon [???] à Dubaï d’ici 2012. Lors de sa visite récente aux E.A.U. à l’occasion de l’inauguration du camp militaire d’Al Salam, la nouvelle base militaire française à Abou Dhabi, Nicolas Sarkozy a également déposé la première brique du Louvre Abou Dhabi. Le gouvernement a payé la somme totale de 360 millions d’euros pour utiliser le nom du Louvre et espère pouvoir ouvrir le musée d’ici 2012. L’émirat payera également 520 millions d’euros pour l’emprunt d’œuvres d’art et pour recevoir le conseil d’experts français en matière de conservation d’art. Des œuvres d’art du monde entier seront exposées dans ce musée, qui a pour but de tisser des liens entre l’art occidental et l’art oriental. Cette initiative tend à renforcer la coopération entre la France et les Émirats arabes unis, mais elle contribue également à réaliser le rêve des E.A.U. de devenir la capitale culturelle du Moyen-Orient."

13e législature

Question N° 116380 de M. Paul Salen (Union pour un Mouvement Populaire - Loire) Question écrite

Ministère interrogé > Défense et anciens combattants Défense et anciens combattants
Rubrique > défense Tête d’analyse > politique de la défense Analyse > présence militaire. Afrique

Question publiée au JO le : 09/08/2011 page : 8472

Texte de la question :

M. Paul Salen attire l’attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur la présence militaire française à Djibouti. Le 13 juin 2011, la 13e Demi-Brigade de la Légion Étrangère (13e DBLE) a quitté le sol de Djibouti après 49 années de présence et de service en Afrique dans des missions souvent difficiles (Somalie, Ouganda, Burundi). Elle a été déployée aux Émirats arabes unis ce qui correspond, bien entendu, à un impératif stratégique de première importance. Pour autant, au moment même ou la partie orientale de l’Afrique s’enfonce dans la famine avec le risque pour les États de la région de devoir faire face à des défis sécuritaires de plus en plus complexes à relever, la présence militaire de la France demeure un gage de stabilité mais aussi une capacité de réponse face à des situations de crise imprévues. En conséquence il lui demande s’il partage son analyse et si la France entend renforcer son dispositif dans une région qui s’enfonce, une fois encore, dans une crise humanitaire de grande ampleur aux conséquences stratégiques majeures.

[Source : assemblée nationale]