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C’est dans le contexte de « bras de fer » en défense des retraites, contre le « Sarkotatchérisme » qu’ont eu lieu des dégradations (magasins, voitures, équipements publics à la Croix-Rousse et en centre ville) les vendredi 15, lundi 18/10, mardi 19/10 et mercredi 20/10. Ces dégradations et provocations ont servi de prétexte à une répression et à une violence policière intolérable, portant atteinte aux libertés individuelles et collectives.

Ce cycle de violences/répressions a coïncidé avec l’entrée en lutte de la jeunesse scolarisée, dont les cortèges pacifiques étaient présents dans les manifestations intersyndicales. Ces violences – pour partie manipulées – ont objectivement pour effet de nuire à la jonction jeunes/adultes, de discréditer l’ensemble des mobilisations, de la jeunesse comme du mouvement social et de les « criminaliser ». Nous différencions cette violence de la réaction de certains jeunes, au vu du comportement de la police et ses « robocop », qui est la réponse à une
violence de relégation vécue par ces jeunes et leurs familles dans des quartiers délaissés d’équipements publics, sans lieux et moyens d’expression citoyenne et sociale suffisants . Ils y vivent durement exclusion, pauvreté, chômage de masse, racisme, harcèlement policier.

Dans ces quartiers stigmatisés, où le « plan Marshall » pour les banlieues promis par tous les gouvernements n’a jamais vu le jour, le FN réclame la suppression de la « Politique de la Ville » !

Ainsi l’arbre de ces violences ne saurait cacher la forêt de la violence d’État et de la violence policière qui s’est déchaînée simultanément, aveuglément et volontairement contre les jeunes – qui n’étaient pas « 1300 casseurs » ! – contre les syndicalistes et contre TOUS les passant(e)s qui avaient le malheur de traverser la place Bellecour et se sont retrouvés « otages » bloqués sur le pont de la Guillotière mercredi 20/10 et « otages » bloqués l’après-midi de jeudi 21/10 pendant 6h dans une gigantesque « garde à vue » en plein air et dont les témoignages indignés affluent.

L’envoi des lacrymos en fin de la manifestation intersyndicale de mardi 19/10 et jeudi après-midi pour empêcher les manifestants de la place Bellecour de rejoindre le cortège jeunes ; l’utilisation par des policiers en civil d’autocollants syndicaux, le tri « au faciès » place Bellecour, les comportements et propos violents, parfois très éloignés des valeurs élémentaires de la République et de la démocratie, de certains policiers armés jusqu’aux dents ; le renvoi dos-à-dos des néo-nazis du « Bloc identitaire » occupant illégalement la place Bellecour vendredi soir, avec les antifascistes qui s’opposaient à ce « coup de force », ce n’est pas faire respecter l’ordre public, le respect du droit de manifester et des libertés publiques, c’est
l’inverse.

Le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux dans son voyage-éclair à Lyon n’est pas venu pour adopter la meilleure manière de « maintenir l’ordre républicain » dans un esprit d’apaisement et de dialogue avec les acteurs sociaux (il n’a même pas reçu le maire de Lyon) mais pour donner le « feu vert » à un véritable test grandeur nature d’un dispositif policier « anti-émeute nouvelle génération » (vidéo-héliportée, GIPN…) totalement exorbitant et provoquant, disproportionné à la réalité des évènements. Sur fond d’atteinte aux libertés, de racisme et de
xénophobie d’État, le Préfet de Lyon a mis en œuvre ce dispositif policier liberticide avec un zèle tout sarkozien.

[Source : résistons ensemble]