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Hier matin, 9h 30, au service des étrangers de la préfecture de Nanterre, Slimane, en grève de la faim depuis quarante-quatre jours, sort abattu de sa convocation, une feuille à la main. À la place du titre de séjour provisoire qu’il attendait avec espoir, il a simplement obtenu une deuxième convocation à la préfecture fixée... au 11 juillet.

Le lot de consolation passe difficilement. « J’ai l’impression de revenir à la case départ, j’ai perdu 14 kg pour rien, lâche-t-il, dépité, en s’asseyant sur une chaise. Je ne pourrai pas attendre un mois de plus. »

Ses six camarades grévistes reçus après lui dans la matinée subissent le même sort. Pour les occupants de l’église Saint-Paul depuis début avril, le report de la convocation des sept grévistes de la faim sonne comme un échec.

« Je suis néanmoins confiante pour le sort de ces dossiers, tempère Françoise, membre du comité de soutien. Nous avons été accueillis de façon très correcte. Tout dépend maintenant du délai. » La préfecture s’est engagée à traiter les dossiers au plus vite mais n’a donné aucune certitude quant à des régularisations effectives. « Les agents nous ont assuré qu’ils nous donneront du nouveau d’ici quelques jours », indique Boussad Seghir, le porte-parole des occupants de Saint-Paul, avant de faire part de sa déception.

Pour les grévistes de la faim, qui ont déposé leur dossier depuis trois semaines, l’idée d’attendre un mois supplémentaire est insupportable. « Sur les sept personnes concernées, trois sont dans un état de santé très préoccupant, réagissait hier Laurent El Ghozi, chef des urgences de l’hôpital de Nanterre et élu PS de la ville. Humainement, c’est indécent. La préfecture les met dans une situation intenable car ils ne peuvent pas continuer leur mouvement. » Hier soir, les grévistes annonçaient pourtant qu’ils poursuivaient leur jeûne.

[Source : Indymedia]