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Après l’évacuation de la Bourse du travail par la force, le 24 juin, l’UD-CGT de Paris a fait sortir, le 25, un communiqué de presse mensonger, visant à faire passer les victimes et blessés (femmes et enfants d’abord) de cette action comme des violents, et les nervis du commando paramilitaire de son service d’ordre comme des espèces d’anges de la non-violence.

Après avoir avoué ce fait indéniable que « les organisations syndicales CGT de Paris ont effectivement procédé à l’évacuation de la Bourse du travail », ce fait est ainsi minimisé et déformé : « Dès le début, nous avons proposé à la trentaine de sans-papiers présents de sortir. Une dizaine d’entre eux l’ont fait de plein gré. Immédiatement, la vingtaine restante s’est emparée de tout ce qu’elle avait sous la main pour le jeter violemment sur les militants de la CGT », etc.

Tout cela est faux. Nous sommes en train de recueillir les témoignages directs de cette journée et une partie du prochain numéro de notre journal y sera consacrée. Bornons-nous à dire ici que, depuis plusieurs jours, l’évacuation était dans l’air. Des menaces ouvertes nous avaient été faites par des responsables CGT (et notamment par le maître des basses œuvres Raymond Chauveau), et l’alerte nous avait été donnée même par des cégétistes amis : cette fois-ci ce n’étaient plus des rumeurs, l’évacuation allait vraiment se faire.

Pour cela, le matin du 24, un mercredi, jour de notre manifestation hebdomadaire, nous avons pris deux décisions.

D’abord, que la manifestation devait avoir lieu. L’avis de beaucoup était qu’il fallait rester à la Bourse pour défendre l’occupation, mais l’argument qui l’a emporté fut celui-ci : si le service d’ordre CGT se présentait avec, en face, un nombre important de sans-papiers, qui pouvait garantir qu’il n’y aurait pas d’affrontements graves, des blessés, voire pire ?

Ensuite, que Sissoko, notre coordinateur, bien connu de tout le monde à la CGT, contrairement à toutes les manifestations précédentes, ne participerait pas à celle-là. Sa présence à la Bourse permettrait, si besoin, des pourparlers afin d’éviter toute violence de part et d’autre.

Nous avions pris toutes nos précautions pour que, le cas échéant, cela se passe d’une manière pacifique. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est la détermination préalable de la CGT de procéder à une action par surprise totale et d’une telle violence. Toute notre expérience étant que même les CRS, même les gendarmes viennent parlementer, au préalable, avec les responsables, nous ne nous attendions pas à ce que la CGT ne fasse pas de même.

Il est faux qu’une dizaine d’entre nous sont sortis « de plein gré ». Nous avions réparti nos camarades restés sur place, dans la cour, dans la grande salle, dans les étages, et une dizaine au dehors, devant l’entrée de la rue Charlot. Le commando du service d’ordre qui nous a gazés avant même que nous réalisions ce qui se passait, a fait irruption par la première porte à gauche passé le portail d’entrée, la porte qui donne accès aux bureaux que nous n’avons jamais occupés.

Ce commando était caché à l’intérieur de la Bourse, dans ces bureaux. Un de nos délégués qui se tenait dans le hall a été plaqué contre le mur, immobilisé, nos camarades qui étaient au dehors n’ont pu qu’y rester, coupés sur-le-champ de ceux à l’intérieur.

Il est dit : « Nos militants ont reculé, attendu que les choses se calment et ont refoulé sans violence les sans-papiers dans la grande salle ouverte sur le boulevard du Temple. Dans les minutes qui ont suivi, plusieurs sans papiers ont démonté des bancs sur la voie publique et cassé des vitres du bâtiment. » Faux ! Voilà qu’on essaie même de nous faire passer pour des casseurs ! Les sans-papiers ont certes reculé dans la grande salle, mais pour fuir les gaz et y transporter les personnes évanouies et blessées. L’accès du boulevard était contrôlé par nous ; nous sommes certes sortis nous procurer les planches des bancs, mais pour barricader les portes donnant accès, de la cour, à la grande salle, parce que le commando des gazeurs, après avoir nettoyé la cour, continuait en envoyant les gaz vers l’intérieur par les couloirs qui portent à cette salle. À noter que c’est justement ce barricadage qui a empêché l’affrontement direct avec nos camarades qui se trouvaient à l’intérieur, donc des conséquences encore plus graves.

Il est dit : « Il n’y a eu aucun blessé… il n’y avait aucun enfant dans la Bourse et, seules, deux femmes y étaient présentes. La police n’est pas intervenue à l’intérieur de la Bourse du travail. »

Faux ! Voici les chiffres à la suite de cette action menée dans la cour intérieure de la Bourse. Huit de nos camarades hospitalisés. Dix évanouis. Cinq blessés légers. Ce ne sont là que ceux qui ont eu besoin d’être soignés par les hôpitaux publics ou les urgences des pompiers. Des chiffres documentés, face aux affirmations mensongères de la CGT.

Parmi ces 23 personnes, cinq femmes et un enfant.

Concernant les circonstances de la présence et du rôle de la police « à l’intérieur de la Bourse », nous en avons déjà parlé dans notre communiqué précédent du 25 juin, auquel nous renvoyons.

Affaire à suivre…

Paris, 27 juin 2009

[Source : CSP75]

Une interview exclusive de Sissoko, délégué de la coordination des sans-papiers75 :

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