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Contestée par les associations, qui manifestent aujourd’hui, la mise en service du centre de rétention no 2 du Mesnil-Amelot est ajournée à la suite de « problèmes de conception ».

L’information est restée confidentielle jusqu’au bout. Ouvrira, ouvrira pas… La mise en service de la première tranche du centre de rétention no 2 qui aurait dû avoir lieu aujourd’hui est finalement reportée.

A terme, cette nouvelle structure enfermera 240 sans-papiers placés sous le statut de la “rétention administrative” par décision d’un préfet.
Une capacité que dénonce la Cimade, principale organisation de défense des sans-papiers physiquement présente dans les centres, s’appuyant sur l’article R 553-3 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui limite la capacité des CRA à 140 retenus. C’est la capacité d’accueil du CRA no 1 du Mesnil-Amelot. « Ces allégations sont fausses », rétorque le ministère de l’Immigration.

La structure est en effet présentée par les autorités comme deux ensembles comptant 120 prisonniers chacun, administrés par deux chefs distincts. « Une fiction », répond la Cimade, qui explique que « les plans dévoilent une seule enceinte et une seule entrée ». Outre les bâtiments administratifs, notamment réservés à la police aux frontières (PAF) en charge de la gestion du lieu, l’enceinte se divise en deux sites, chacun composé de trois “unités de vie” de 40 places, dont l’une est réservée aux familles. Caméras et détecteurs de mouvement complètent l’ensemble.

A l’approche du jour J, les rumeurs d’un report d’ouverture grandissaient, mais les opposants ont fait comme si le ballet des escortes policières allait commencer aujourd’hui. Ainsi, depuis plusieurs semaines, les manifestations se succèdent et une pétition rassemble presque 34000 signataires. Samedi, plusieurs centaines de sans-papiers de la coordination parisienne sont venues scander leur opposition à l’expulsion d’un Mauritanien devant le CRA no 1. Une semaine plus tôt, une marche était organisée par le réseau associatif No Border, aux abords du nouveau centre.

Aujourd’hui, à 13 h 30, de nombreuses associations dont la Cimade, le Mrap, RESF et le Secours catholique ainsi que des élus organisent un « cercle de silence » devant le site, pour protester contre son inauguration. Mais le buzz voulu par ces opposants devrait être moins important que prévu : des malfaçons dans la construction — notamment des portes trop lourdes — ont retardé l’ouverture du centre. Par ailleurs, les accès aux locaux initialement alloués à la Cimade n’étaient pas indépendants de la zone d’hébergement des retenus… Pas assez sécurisant pour les autorités. Sauf nouvelle “surprise”, le bâtiment devrait ouvrir ses portes en mai.

[Source : Le Parisien]