L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

Le 25 janvier 2012 à l’initiative des IndignéEs de Mayotte, un rassemblement pacifique a été organisé devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou à l’occasion de la comparution immédiate de deux policiers du Centre de Rétention Administrative (CRA) poursuivis pour avoir battu une femme à l’aide de leur matraque.


Voir en ligne : Plus d’infos sur Mayotte & Les Comores : Izuba.info

Rappel des faits : le 5 janvier, une jeune femme retenue au CRA de Pamandzi interpellait les Policiers de l’Air et des Frontières (PAF) pour qu’ils agissent en faveur d’un vieux monsieur handicapé.

Un premier agent de la PAF énervé s’en prend à elle, l’étrangle et la frappe, puis un deuxième la sort de la cellule réservée aux femmes, l’enferme seule dans « la salle de transit » et lui assène de nombreux coups de matraques. Les hématomes constatés sur la victime dépassent pour certains les 15cm de diamètre !

C’est devant une salle d’audience pleine que les juges ont écouté pendant près de 3h les récits contradictoires des deux policiers face à leur victime. Dès l’ouverture de ce procès, les magistrats ont soulevé l’ampleur médiatique de ce dossier et ont appelé au calme pendant l’audience, bien conscients de la pression populaire.

A plusieurs reprises, ils ont rappelé que les policiers se devaient d’avoir un comportement irréprochable.

Le président a manifesté son dégoût face aux dérives constatées des deux agents : les violences physiques abusives et les propos racistes ne sauraient être tolérées.

Verdict  : les 2 agents de la PAF sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis, 6 mois de suspension de travail et à verser 1000 euros à la victime.

Nous, les IndignéEs, sommes satisfaitEs d’avoir pu constater que cette fois Justice soit faite, en respect du principe de séparation des pouvoirs de l’Etat, séparation essentielle au bon déroulement de la démocratie. Nous déplorons la rareté de ces procès et invitons touTEs les habitantEs de Mayotte à dénoncer tout manquement à leurs droits fondamentaux. Nous pensons aujourd’hui à toutes celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de porter plainte suite à de tels abus (personnes expulsées, victimes de pressions policières ;).

Notre rassemblement portait aussi sur les violences policières en général. Nous souhaitions rappeler entre autres la répression inadaptée lors du mouvement contre la vie chère (flashballs, lacrymos, chars anti-émeutes), ainsi que l’illégalité des contrôles d’identité réalisés la nuit, au domicile des personnes, ou dans les véhicules...

Ces procès sont rares alors que les faits à l’origine sont réguliers à Mayotte !

C’est pourquoi nous avons multiplié les interventions médiatiques afin de mettre en lumière cette affaire.

Lors du rassemblement, nous avons choisi de relire certains articles du Code de Déontologie de la police nationale contenant des principes si souvent bafoués :

Art. 1er. - La police nationale concourt, sur l’ensemble du territoire, à la garantie des libertés et à la défense des institutions de la République, au maintien de la paix et de l’ordre publics et à la protection des personnes et des biens.

Art. 2. - La police nationale s’acquitte de ses missions dans le respect de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de la Constitution, des
conventions internationales et des lois.

Art. 7. - Le fonctionnaire de la police nationale (...) a le respect absolu des personnes, quelles que soient leur nationalité ou leurs origines, leur condition sociale ou leurs convictions politiques, religieuses ou philosophiques.

Art. 10. - Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant.

Pendant toute la durée du rassemblement, les passants et les automobilistes ont fait un bon accueil aux messages et aux interventions du collectif appelant à une vigilance citoyenne du fonctionnement de nos institutions :

Mayotte département : à quand le droit pour tous ?

Vigilance citoyenne ! Pas de justice, pas de Paix !

Le collectif des IndignéEs de Mayotte poursuivra ses actions de vigilance citoyenne face aux injustices encore trop présentes sur l’île ! Nous appelons touTEs les habitantEs à rester vigilantEs, à surveiller tous les agissements douteux des forces de l’ordre, à les observer, les rapporter, les photographier ou les filmer.

Nous invitons toute personne intéressée à venir participer à nos prochaines réunions ou actions collectives.

Les IndignéEs de Mayotte - indignés976@gmail.com