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Hier matin, des parents sont venus encadrer les manifestations des lycéens afin d’éviter des débordements. À Étampes, ils sont notamment intervenus quand des casseurs ont fait irruption.

« Tu as vu, il y a le père d’Aurélien ! » Sensation hier devant les grilles du lycée Geoffroy-Saint-Hilaire d’Etampes. Une dizaine de membres de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) maintiennent le calme là où, la veille, plusieurs incidents avaient éclaté (caillassage des forces de l’ordre, jets de bouteilles remplies d’acide et de soude…). Dans l’Essonne, les parents sont ainsi intervenus ponctuellement dans plusieurs établissements. Surtout le matin. « Après, ils travaillent ! » poursuit Jean-Marc Defrémont, le responsable de la FCPE dans l’Essonne.

Il est 8 h 30 à Etampes. Quelques pétards éclatent. « Il faut que tout se passe bien », espère une maman. Une voiture est bloquée par les élèves. L’un d’eux frappe sur le capot. La conductrice, encerclée, s’énerve. Un parent la raisonne et lui ouvre le chemin. « Ce n’est pas malin. Mais il faut bien que les jeunes s’expriment », analyse un papa médiateur. Après avoir paralysé la rue, les lycéens veulent organiser une manifestation. Peine perdue. Les CRS barrent le passage. Alors les jeunes bloquent de nouveau la rue…

Les discussions concernent davantage le blocus que les retraites. « Il n’y a pas de meneurs officiels. On suit ceux qui se montrent le plus et on s’organise petit à petit », affirme William, un élève. La présence des pères et mères est plutôt appréciée. « Ils nous surveillent. Normal, ce sont des parents ! » s’amuse une lycéenne.

Peu avant 9 heures, des jeunes partent discuter avec le chef des CRS. Le dialogue est courtois. Le policier explique le mode d’emploi d’une manifestation : « Il faut aller au commissariat, définir un itinéraire, puis le sous-préfet donne son aval et on vous encadre. » Les élèves opinent : « Ah ! D’accord. » Le CRS poursuit, dans un sourire. « Enfin, dans l’absolu, l’idéal serait que vous alliez en cours ! »

Finalement, ceux qui veulent aller en classe — une minorité — passent par-derrière. Du côté des grévistes, certains partent en centre-ville, d’autres rentrent chez eux. Un autre soulève son tee-shirt. Il montre, au bas du dos, une vilaine trace, conséquence d’une balle en caoutchouc reçue la veille. Ambiance « même-pas-mal » : « C’est moins douloureux qu’une bille de paintball ! » clame le blessé.

Cependant, les esprits commencent à s’échauffer vers 10 h 30 quand environ 200 lycéens entreprennent de manifester dans les rues d’Etampes, en direction de la N 20. Ils sont bloqués par les policiers qui subissent des jets de pierres et de bouteilles contenant de la soude. Mais les parents calment vite le jeu, invitant les élèves à se désolidariser des casseurs. Deux d’entre eux ont été arrêtés pour des jets de projectiles qui n’ont pas fait de blessés.

[Source : Le Parisien]