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Une trentaine de personnes ont réclamé jeudi 29 mai,
devant le Palais de Justice de Bruxelles, la libération des
manifestants sans-papiers qui avaient été arrêtés le 29
avril devant l’Office des étrangers. Quatre d’entre eux
comparaissaient devant la chambre des mises en accusation,
dont l’arrêt est attendu pour le 4 juin. Sur les douze
manifestants sans-papiers arrêtés le 29 avril, neuf sont
encore en détention aux centres fermés de Merksplas et
Vottem.

Le mardi 29 avril, la police avait violemment dispersé une
manifestation pacifique appelant à la régularisation des sans-papiers.
Environ 250 manifestants (deux tiers de sans-papiers
et un tiers de militants sympathisants) s’étaient rassemblés
devant l’Office des Étrangers. Ils avaient plantés quelques
tentes pour y rester la journée. Les policiers se sont fait de
plus en plus menaçants et ont fini par procéder à l’encerclement
complet des manifestants et à leur interpellation...

La chambre du conseil avait considéré le 19 mai recevables
et fondées les requêtes de remise en liberté des quatre sans-papiers
enfermés au centre de Merksplas mais le parquet
avait interjeté appel. Dans l’avis remis à la chambre des
mises en accusation, le ministère public ne s’opposait pas à
la libération des quatre sans-papiers mais le procureur n’a
pas suivi cet avis et a demandé le maintien en détention des
quatre manifestants sans-papiers.

« Personnellement, c’est la première fois que je vois un procureur
s’écarter de l’avis du ministère public. En principe, le ministère
public est un et indivisible », s’est étonné l’avocat des quatre
sans-papiers, Me Mathieu Lys.
Le procureur a estimé que la chambre des mises en accusation
devait se limiter au contrôle de la procédure et que l’arrestation
des quatre manifestants était justifiée car ceux-ci
ne disposent pas de papiers. Il a précisé que les circonstances liées à l’arrestation dépendaient
d’une décision du bourgmestre et non
de l’Office des étrangers.
L’avocat des quatre manifestants sans-papiers
estime pour sa part que ses
clients ont été arrêtés illégalement en
raison du fait que leur arrestation s’est
produite durant une manifestation
autorisée.

Dans une carte blanche publiée dans
le quotidien Le Soir, diverses associations
et personnalités dont la Ligue
des droits de l’homme, Oxfam, le
CNCD ou encore les syndicats FGTB
et CSC demandent que les personnes
arrêtées dans le cadre de cette manifestation
soient libérées des centres
fermés et que le droit de manifester
des personnes sans papiers soit rétabli
et respecté.

« Ces arrestations et détentions constituent
une atteinte grave aux libertés fondamentales.
Il est inacceptable que des
personnes avec ou sans papiers soient
détenues pour avoir exprimé leurs opinions
pacifiquement dans le cadre d’un
rassemblement autorisé »
, dénoncent
les auteurs de cette carte blanche.

[Source : Belga / Le Soir]