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Ce dimanche, à 15 heures, à l’appel de Cannabis sans frontières, des partisans de la légalisation du cannabis se sont réunis à Bastille.

Il faisait un beau soleil ce dimanche après-midi, pour ce rassemblement de 15 à 17 heures. Manu avait apporté une fabuleuse sono, son « sound system », qu’il avait installé là dès 7h30 du matin... Comment s’appelait-il ce chanteur de reggae, venu avec lui, qui faisait penser au dub de Linton Kwesi Jonhson ? On aura omis de lui demander…

Faut-il souligner qu’il n’y avait pas grand monde ? Peut-être deux cent personnes, à peine plus. Même les plus anciens militants de la cause cannabique avaient oublié de se déplacer ce jour-là. Les indics, par contre, étaient là, toujours fidèles au poste. En vingt ans, en même temps que nos cheveux auront grisonné, on aura ainsi vu les flics vieillir, s’empatter – la brigade des stups, ça nourrit son homme.

Faut-il souligner qu’il n’y avait pas aussi beaucoup de presse ? Pas beaucoup ? Non : pas du tout. Toujours présents, quand même, Farid Ghehouièche, récent candidat aux éléctions législatives sur une liste Cannabis Santé-Libertés-Justice ; Michel Sitbon, des éditions du Lézard ; et l’avocat Francis Caballero, fondateur du Mouvement pour légalisation contrôlée, il y a plus de vingt ans maintenant.

Mais c’est tant pis pour ceux qui n’étaient pas là, car c’était bien agréable quand même. On aurait préféré bien sûr plus de discours. Que Daniel Vaillant vienne nous expliquer la proposition de loi qu’il entend présenter pour les usages thérapeutiques ; que Stéphane Gattignon soit là pour exposer son point de vue pour une légalisation qui permettrait à des communes comme Sevran, dont il est maire, d’échapper à la loi de la jungle ; que l’ambassadeur d’Uruguay raconte le processus qui pourrait faire cette semaine de son pays le premier qui légalise le cannabis. Vincent Peillon ou Cécile Duflot auraient été les bienvenus aussi. Ou bien Pascal Durand, l’actuel secrétaire national des Verts.

On aurait pu débattre de quelle légalisation on veut. La seule solution serait-elle celle proposé par Caballero d’une régie d’Etat – sur le modèle de ce qui se tente en Uruguay aujourd’hui ? Ou bien faut-il éviter que « Babylone » ne prenne le contrôle de la chose, comme le dénonçait un vieux rasta un peu bourré, à la fin ?

On aurait aimé faire plus de discours, pour expliquer non seulement le mouvement des Cannabis social clubs qui se développe actuellement, mais de manière générale le fait qu’il faut d’abord légaliser l’autoproduction : que chacun puisse faire pousser quelques pieds d’herbe dans son jardin ou sur son balcon, et partager sa récolte avec ses amis.

Surtout que la première réforme soit une amnistie qui laisse sortir de prison toutes les victimes de ces lois absurdes qui poursuivent l’usage d’une plante qui ne fait de mal qu’à l’instant où la loi s’abat sur ses usagers.

Toutes ces questions sont bien trop sérieuses – et, quoiqu’on en pense à l’Elysée, plutôt simples et évidentes – pour qu’on en reste là.

D’ores et déjà, l’esplanade qui borde la place de la Bastille a été rebaptisée esplanade du cannabis. Jusqu’à la légalisation – et même après, qui sait ? –, on s’y rassemblera, qu’il pleuve ou qu’il vente, ou qu’il fasse un joli soleil comme hier.

L’esplanade de la légalisation du cannabis…

Rassemblement pacifique « Pour la légalisation du cannabis »

Pour l’ouverture d’un débat public sur le statut légal du cannabis et de ses usagers (à titre récréatif ou thérapeutique)... pour la réforme de la loi française en matière de politique des drogues.

Le collectif Cannabis Sans Frontières organise un rassemblement « Pour la légalisation du cannabis », Dimanche 21 octobre 2012 de 15h à 17h, place de la Bastille à Paris. (et à Toulouse http://toulouse.demosphere.eu/node/6306 )

Vous êtes la France en pétard contre l’hypocrisie et les mensonges relatifs au cannabis.

Vous n’êtes ni délinquants, ni malades, ni terroristes, ni proxénètes, ni violeurs, ni assassins mais en tant qu’usagers et autoproducteurs de cannabis, la loi vous met au même niveau dans le même sac.

Vous êtes un adulte, responsable, peut-être invalide voire atteint par une maladie...

Vous avez une famille, des enfants, des voisins, des amis, avec une activité, ou bien en recherche d’emploi ou en formation, vous êtes « normaux comme Monsieur-tout-le-monde », mais vous vivez avec une épée de Damoclès, avec la peur au ventre comme citoyen de seconde zone, finalement considéré comme un enfant mineur à qui l’interdit ferait du bien... Or, on observe les conséquences délétères de la loi française contre les stupéfiants : les adolescents français sont ceux qui consomment le plus de cannabis en Europe, tandis que les seniors sont ceux qui consomment le plus de benzodiazépines et autres anti-dépresseurs.

Vous savez que la prohibition du cannabis est un échec, et que le système de contrôle international des stupéfiants est obsolète : Pourquoi le cannabis serait-il maintenu comme « une substance vénéneuse : avec pas ou peu d’intérêts pharmacologiques et un fort potentiel d’abus » ? Alors que pour des millions d’individus, cette plante peut-être un vrai « médicament »...

Vous savez que la France est en retard, par rapport à de nombreux pays démocratiques, du fait de la frilosité des gouvernements successifs.

Vous ne supportez plus cette politique de l’autruche ! Vous avez de multiples raisons d’exprimer votre colère (alors que le Parti Socialiste dispose de tous les leviers politiques pour engager des politiques innovantes et audacieuses en matière de drogues).

Vous pouvez aussi simplement manifester votre soutien à l’ouverture d’un débat public sur le statut légal du cannabis et de ses usagers (à titre récréatif ou thérapeutique)... pour la réforme de la loi française.

Sans attendre le prochain « Appel du18 joint » ou, avant ça, la Marche Mondiale du Cannabis qui doit se tenir samedi 4 mai 2013, rassemblons-nous symboliquement « pour la légalisation du cannabis », le dimanche 21 octobre de 15h à 17h, Place de la Bastille à Paris.

[Source : Cannabis sans frontières]

Entretien avec José Mujica, le Président « normal » de l’Uruguay

[Source : lunion.presse.fr]

L’Uruguay veut légaliser la vente du cannabis pour lutter contre l’insécurité

mercredi 17 octobre 2012

L’initiative du président uruguayen, José Mujica, pour légaliser la production et la vente du cannabis, mais aussi pour en faire un monopole d’Etat, provoque une vive polémique à Montevideo. Ce qui serait une première mondiale – un Etat vendant de la marijuana à ses citoyens – constitue un thème brûlant de conversation dans ce petit pays de 3,5 millions d’habitants. Le projet de loi doit être prochainement discuté au Parlement où la coalition de centre-gauche du Front élargi, au pouvoir, dispose de la majorité mais est divisée sur le sujet.

La détention et la consommation de marijuana sont dépénalisées depuis 2000 dans le pays. « Il n’est pas question que l’Uruguay se transforme en un pays producteur et distributeur de drogue, mais que l’Etat contrôle et régularise le marché », indique Eduardo Bonomi, ministre de l’intérieur.

« Nous avons une tradition libérale, rappelle cet ancien compagnon de M. Mujica au sein de la guérilla des Tupamaros, dans les années 1970. L’Uruguay a dépénalisé, dès le début du XXe siècle, la consommation d’alcool, la prostitution et le jeu. » Un projet de loi sur la dépénalisation de l’avortement a été approuvé, le 25 septembre, par la Chambre des députés et pourrait être prochainement adopté par le Sénat. Le chef de l’Etat est convaincu que la légalisation diminuerait le nombre d’avortements.

300 000 CONSOMMATEURS OCCASIONNELS EN URUGUAY

« Nous avons la même approche pragmatique avec la marijuana, explique M. Bonomi. Les effets négatifs de la consommation de cannabis sont beaucoup moins nuisibles que l’explosion de violence associée à son marché noir. » Environ 300 000 Uruguayens consomment occasionnellement de la marijuana.

Mais le marché interne de cannabis représente un commerce qui brasse chaque année 75 millions de dollars (58 millions d’euros) en toute illégalité, selon M. Bonomi. « Le principal danger n’est pas la marijuana mais les narcotrafiquants qui approvisionnent en drogues autrement plus dangereuses, comme le “paco” [une pâte à base de cocaïne bon marché], qui fait des ravages. »

Le gouvernement reste flou quant aux modalités de la production. Le président Mujica a évoqué quelque 150 hectares de plantations pour répondre à la demande et la possibilité de confier à « une société privée » la commercialisation, avec un contrôle strict de l’Etat. Pour éviter que l’Uruguay se transforme en une Mecque des fumeurs de cannabis venus du monde entier, le chef de l’Etat a précisé que seuls les citoyens uruguayens pourraient s’approvisionner légalement et en petite quantité : 30 grammes par personne et par mois.

Le projet de loi, présenté le 20 juin par le gouvernement, ne porte pas seulement sur la légalisation du cannabis, mais propose un paquet de 15 mesures dont l’objectif est de lutter contre l’insécurité. Parmi elles, des peines plus sévères pour les cas de corruption policière ou de trafic de crack.

RECRUDESCENCE DE MEURTRES

L’opposition critique le projet, estimant qu’il augmentera la consommation de stupéfiants sans pour autant combattre l’insécurité. Tout en constatant une augmentation de la criminalité en Uruguay, « avec une recrudescence de meurtres liés à des règlements de comptes entre délinquants », M. Bonomi souligne qu’elle reste « bien inférieure à celle des pays voisins, comme le Brésil ou l’Argentine ».

L’insécurité apparaît toutefois comme une préoccupation majeure des citoyens uruguayens et l’une des principales critiques faites au président Mujica, dont la popularité est tombée de 66 % d’opinions favorables, un mois après son arrivée au pouvoir en 2004, à 40 %, selon un récent sondage.

La guerre menée par les Etats-Unis contre le trafic de drogue en Amérique latine est un « échec », soutient M. Bonomi. L’Uruguay se veut l’avocat de la légalisation de la marijuana sur la scène internationale. « Le président Mujica est audacieux mais il n’est pas seul », note le ministre de l’intérieur.

Il rappelle que trois anciens présidents latino-américains, le Brésilien Fernando Henrique Cardoso, le Colombien César Gaviria et le Mexicain Ernesto Zedillo, se sont montrés favorables à ce que les Etats soient chargés de réguler la consommation de drogue. Le Guatemala voit d’un oeil favorable la proposition du président uruguayen ainsi que la Bolivie, qui souhaite légaliser la feuille de coca.

[Source : Le Monde]