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ROME - Quelque 200 médecins italiens ont manifesté mardi 17 mars à Rome pour dénoncer le projet du gouvernement Berlusconi permettant aux médecins de signaler aux autorités les patients qu’ils soupçonnent d’être des immigrés clandestins.

Les manifestants, en T-shirts proclamant en rouge « Interdiction de dénoncer- nous sommes des médecins pas des espions », participaient à une journée de mobilisation nationale à l’appel notamment de l’ONG Médecins sans Frontières.

Le Sénat, dans le cadre d’un projet de loi sur la sécurité, a adopté début février un amendement présenté par le parti populiste et anti-immigré de la Ligue du Nord, levant l’obligation du secret professionnel pour les médecins et leur permettant de dénoncer un patient qui serait en situation irrégulière.

« C’est très dangereux car les clandestins, par peur, ne vont plus se rendre dans les hôpitaux ou aller consulter un médecin, et ils seront donc exclus du système de santé », a dénoncé Giancarlo Santone, psychiatre à Rome.

« Ce qui est également contestable dans ce texte, c’est qu’il interdit aussi l’accès à l’état civil pour les clandestins : un exemple très simple, une mère sans papiers qui vient d’accoucher ne pourra donc pas reconnaître son propre enfant. Le gouvernement veut instaurer un climat de peur et décourager la venue d’étrangers », a-t-il dénoncé.

« En Italie, avec cet amendement, les étrangers n’auront tout simplement plus que le droit à la mort », a ajouté Stefano Guidi, médecin au Policlinico Umberto I.

L’amendement, qui a provoqué une levée de boucliers parmi les médecins et les associations catholiques, est actuellement en discussion au Parlement qui doit l’adopter définitivement.

Depuis son retour au pouvoir en mai dernier, Silvio Berlusconi a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une des priorités de son gouvernement, faisant adopter toute une série de mesures controversées.

[source : TERRA]