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Plus fort encore : la révolution syrienne. Là le peuple affronte l’État dictatorial et son armée entraînée au crime, poitrines nues.

Damas, 30 mars 2011, le président Bachar Al-Assad entouré de ses partisans après son intervention au parlement

Les autorités syriennes ont décidé d’ouvrir immédiatement une enquête sur les morts de Deraa et de Lattaquié, alors que Washington conseille à ses ressortissants de quitter le pays à la veille d’une manifestation annoncée par un communiqué anonyme sur Facebook. L’appel demande aux manifestants d’investir les places publiques vendredi, jour de la grande prière.

Selon l’agence officielle Sana, le président Bachar Al-Assad a demandé au président du Conseil supérieur de la magistrature de former une commission pour enquêter la mort de civils et de militaires dans les gouvernorats de Deraa et de Lattaquié.

À Deraa, considérée comme l’épicentre de la contestation contre le régime depuis le 18 mars, au moins 30 personnes ont été tuées, selon les autorités. Ce chiffre est contesté par Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres militants sur place qui avancent un bilan de 130 morts.

Le mouvement de mécontentement s’est transporté le week-end dernier à la ville portuaire de Lattaquié, où 13 civils et militaires ainsi que deux insurgés ont été tués lorsque des hommes armés, dont on ignore l’origine, ont tiré et agressé à l’arme blanche des habitants.

Les autorités ont accusé des intégristes musulmans d’être les auteurs de cette attaque, sans fournir plus de détails sur leur nationalité.

La loi d’urgence ne sera pas abrogée

C’est dans ce climat de contestation et de violence que le président Al-Assad vient de charger un comité de rédiger une législation pour remplacer la loi d’urgence avant le 25 avril. Une décision qui écarte la thèse de l’abrogation de la loi d’urgence, principale revendication des protestataires.

Cette loi avait été adoptée à la fin 1962 et décrétée par le parti Baas dès son arrivée au pouvoir en 1963.

La loi d’urgence réduit les libertés publiques, impose des restrictions sur la liberté de réunion et de déplacement, et permet l’arrestation de suspects ou de personnes menaçant la sécurité. Elle autorise aussi la surveillance des communications et le contrôle préalable des médias.

[Source : AFP ; radio canada]