L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

Chers Italiens,
Nous nous sommes des clandestins. Nous sommes détenus au CIE de la rue Corelli à Milan et nous faisons une grève de la faim depuis le 3 mars parce que les temps de détention pour identifier les personnes sont trop longs.
Vous devez imaginer être enfermé et enfermées pendant 180 jours sans avoir commis aucun délit et sans rien n’avoir à faire pour passer le temps. Mais surtout, nous clandestins sommes condamnés à perpétuité sans appel... Après 180 jours de CIE ils te donnent une feuille pour partir avec cinq jours pour quitter le territoire italien et si au-delà ils t’attrapent dans la rue tu risques la prison ordinaire (de six mois à un an).
Mais en cinq jours comment tu fais pour trouver l’argent pour quitter le territoire italien ?
En cette période de grève, la nourriture qu’amène la Sodexo est vraiment dégueulasse ; pour les personnes malades il n’y a pas de soins ; les sanitaires sont toujours sales et bouchés et l’eau des cabinets fuit jusque dans le couloir. Les infirmiers nous traitent mal, de la même façon que les policiers et ceux de la Croix Rouge.
Et puis ils nous disent que nous sommes clandestins et que c’est ça qui nous caractérise... Ils nous donnent des sédatifs pour rester tranquilles mais la dépression de qui prend ces gouttes est très forte ; il y en a beaucoup qui pleurent, désespérés, parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent subir tout cela. Nous sommes des êtres humains mais eux ne pensent pas cela et nous humilient, rient de notre situation, nous frappent.
Nous, nous répondons en continuant à faire la grève de la faim. Jusqu’à maintenant nous l’avons faite à plus de 80 personnes. Actuellement nous nous sommes organisés pour faire une grève de la faim à tour de rôle et nous sommes 34 à le faire : 14 de la section masculine, 10 parmi les femmes et 10 parmi les trans.
Chacun de nous a déjà perdu de 5 à 9 kilos. Nous sommes fatigués de cette vie de clandestin. Pendant toute cette grève ils n’ont rien fait... Nous sommes en train de lutter mais seuls et nous avons besoin que les gens sachent ce que l’Etat fait avec nous...

13 avril


Cari italiani,
noi siamo dei clandestini
siamo detenuti al CIE di via Corelli a Milano e stiamo facendo un sciopero della fame dal 03/03/2010 perché i tempi di detenzione per identificare le persone sono troppo lunghi. Dovete immaginare chiusi e chiuse per 180 giorni, 24 ore su 24, senza aver commesso nessun reato e senza nulla da fare per far passare il tempo. Ma soprattutto, noi clandestini siamo condannati all’ergastolo senza appello… Dopo 180 gg di CIE ti danno un foglio di via con 5 giorni di tempo per lasciare il territorio italiano e se ti beccano per strada, rischi il carcere ordinario (da 6 mesi a 1 anno).

Ma in 5 giorni come fai a trovare i soldi per lasciare il territorio italiano ?

In questo periodo di sciopero il cibo che porta la Sodexo fa veramente schifo ; per le persone malate non ci sono medicine ; i bagni sono sempre sporchi e intasati e l’acqua del cesso esce fino al corridoio. Gli infermieri ci trattano male, allo stesso modo dei poliziotti e della croce rossa italiana.

E poi ci dicono che siamo clandestini ed è questo che ci spetta… Ci danno sedativi per stare tranquilli, ma la depressione di chi prende queste gocce é fortissima ; sono tanti che piangono disperati, perché non capiscono perché devono subire tutto questo. Noi siamo persone, ma loro non pensano questo e ci umiliano, ridono della nostra situazione, ci picchiano.

Noi rispondiamo continuando a fare lo sciopero della fame. Fino ad ora lo abbiamo fatto in più di 80 persone. Attualmente ci siamo organizzati con uno sciopero a staffetta e siamo in 34 a farlo : 14 della sezione maschile, 10 tra le donne e 10 tra le trans.

Abbiamo già perso ciascuno dei noi da 5 a 9 kili. Stiamo stufi di questa vita da clandestini. In tutto questo sciopero non hanno fatto nulla…n oi stiamo lottando ma da soli e abbiamo bisogno che la gente sappia quello che lo stato fa con noi.

[Source : rétention_l]