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La 3e Kasbah – la Kasbah de Paris ! – n’aurait pas duré bien longtemps. Comme quoi la police du Préfet Gaudin n’est pas si mal faite… La mairie de Paris aura été éhontément complice de ce coup bas. L’immeuble squatté lui appartenait, et il lui suffisait de tolérer ce squat pour que le scandale cesse. Mieux : une mairie de gauche aurait pu se porter solidaire des occupants.

Au lieu de quoi ceux-ci ont été embarqués par les flics de Sarkozy, et sont à l’instant, en guise d’hébergement, dans divers commissariats.

La mairie propose un hébergement, pour une centaine de ces tunisiens… rue du Faubourg Saint-Honoré, entre l’Élysée et le ministère de l’Intérieur… dans ce quartier en état de siège permanent !

Paris sous Loppsi, c’est peut-être la ville du monde où il sera le plus difficile de faire bouger les choses. Beaucoup plus fort que Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et tutti quanti, Sarkozy, le flic absolu.

À noter que le problème principal, comme on le voit dans l’affaire de l’immeuble municipal de l’avenue Simon Bolivar, c’est l’éternelle trahison du Parti socialiste, qui fait un sourire par-ci pour indiquer le chemin des bastonneurs par-là.

L’escroquerie politique qui consiste à se faire élire en prétendant représentant le mandat populaire pour mieux entreprendre une politique anti-populaire atteint un degré étouffant sous l’actuel État policier.

Car non seulement la police dispose de moyens totalement disproportionnés, comme en Syrie, mais elle bénéficie d’un soutien politique très large, droite et gauche confondue.

Cette escroquerie est visible à l’œil nu quand le gouvernement, de droite, recourt lui aussi à une rhétorique “socialiste”, pour mettre en œuvre en fait sa politique raciste et autoritaire, élitiste, anti-égalitaire.

Si cette prétention à représenter le peuple est amusante de la part de ceux qui n’hésitent pas à engager des politiques qui sont entièrement au service des plus riches, elle n’est pas moins grave de la part des “sociaux-démocrates” qui se voudraient les garants de politiques authentiquement “sociales”.

Comme le dit mon camarade Toti, en Islande, ce sont eux, les sociaux-démocrates, qui sont les plus redoutables gardiens de l’ordre. Ainsi, la gauche, coincée entre l’escroquerie stalinienne et l’escroquerie sociale-démocrate, devient un contresens.

Restaurer des politiques réellement populaires, démocrates, anti-élitistes, anti-racistes et anti-autoritaires, c’est tout l’enjeu de notre époque.

De Tunisie en Islande, les peuples ont commencé à chercher la voie.

Ici aussi, il est grand temps que vive la Kasbah de Paris !

Paris s’éveille

4.5.2011

Avenue Simon Bolivar (XIXe), mardi soir. La police avait prévenu d’une expulsion si les migrants ne partaient pas d’eux-mêmes avant 21 heures.

Avenue Simon Bolivar (XIXe), mardi soir. La police avait prévenu d’une expulsion si les migrants ne partaient pas d’eux-mêmes avant 21 heures.

L’évacuation d’un immeuble du nord de Paris occupé depuis lundi par une centaine de jeunes migrants, pour la plupart Tunisiens, a débuté mercredi en début d’après-midi.

« L’opération d’évacuation a commencé peu avant 14 heures. Nous agissons sur réquisition du propriétaire des lieux » [la mairie de Paris, ndlr], indique la préfecture de police de Paris.

« L’immeuble n’était pas aux normes d’incendie et n’est pas adapté à servir de local d’hébergement », a-t-on ajouté. La mairie de Paris avait annoncé mardi soir qu’elle évacuerait l’immeuble si les migrants n’en sortaient pas.

Leur évacuation s’est terminée aux alentours de 15 heures avec le départ de trois cars de Tunisiens, a constaté une journaliste de l’AFP. Les occupants « ont été emmenés dans des commissariats pour des vérifications d’identité », a indiqué la préfecture de police. Selon elle, entre 60 et 70 personnes sont concernées. Leur sort devrait être décidé à l’issue de ces vérifications.

La mairie de Paris a ouvert un centre d’hébergement près de l’Élysée

Pendant l’évacuation, plusieurs dizaines de personnes soutenant les migrants ont crié « Liberté ! Liberté ! », face à un cordon de CRS protégeant l’accès à l’immeuble. Certains soutiens, en colère, ont lancé des détritus sur les CRS.

La Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) a condamné dans un communiqué « l’attitude de ce gouvernement qui, malgré des demandes répétées de prise en charge humaine de la question des migrants tunisiens, ne sait utiliser que des solutions répressives ».

La mairie de Paris a précisé qu’avant l’évacuation, « des élus et des représentants de la ville ont tenté de convaincre les ressortissants tunisiens présents de quitter le lieu pour rejoindre les hébergements » financés par la Ville. Elle a appelé l’État à « mettre en place un dispositif adapté à ces circonstances exceptionnelles, notamment en proposant une aide au retour revalorisée ».

La ville de Paris a par ailleurs annoncé l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence d’une centaine de places pour y accueillir une partie des migrants tunisiens de l’immeuble situé avenue Simon Bolivar. À quelle adresse ? 127 rue du faubourg Saint-Honoré, à quelques pas de l’Élysée et du ministère de l’Intérieur !

[Source : le Parisien]