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Des sans-papiers intérimaires en grèves et leurs soutiens syndicaux et associatifs se sont invités à la présentation des résultats résultats semestriel de trois entreprises du BTP donneurs d’ordre de nombreuses boites d’intérim.

Chez Eiffage, les sans papiers ont raflé la vedette au nouveau cadre chargé qui récemment promu devait présenter, pour la première fois, les comptes semestriels du groupe qui a, entre autres, édifié le viaduc de Millau. Les quelques quatre vingts sans-papiers manifestants accompagnés par la CGT, l’union syndicale Solidaires et l’association Droits devant. Il ont réclamé réclamer qu’Eiffage intervienne en faveur de la régularisation des sans-papiers. Un vent de panique a soufflé dans les salons du Pavillon Ledoyen, ou l’ambiance habituellement feutrée a été perturbée par les rythmes frappés sur les jembés et les slogans de revendications.

Eiffage n’est pas la seule touchée par cette vague de protestations. Le même groupe de manifestants se trouvait d’ailleurs devant le siège de Bouygues, avenue Hoche, deux heures plus tôt, au moment de la présentation des résultats semestriels. Et mardi dernier, c’est sur un chantier de Vinci, à la Défense, qu’un collectif de sans-papiers et de manifestants solidaires défilait.

Les trois entreprises prétendent qu’elles se livrent à des contrôles très stricts, y compris auprès des salariés de leurs sous-traitants, pour qu’aucun travailleur sans-papiers n’intervienne sur les chantiers.

Mais la proportions importante de sans papiers sur les chantiers démontre la fausseté de ses allégations.

Le directeur général adjoint de Bouygues en charge des ressources humaines, est allé parler au collectif et a renvoyé les porte-paroles vers les filiales du groupe. Chez Eiffage, le représentant de la direction est descendu prendre rendez-vous avec les représentants des sans-papiers. La réunion doit se tenir mardi prochain. Chez Vinci, plusieurs contacts ont déjà été noués.

Lorsqu’il s’agit de prendre une position officielle sur la régularisation des sans-papiers, les patrons des entreprises de bâtiment et travaux publics se montre pour le moins embarrassés. « S’il s’avérait que nous avions des clandestins sur nos chantiers, même via des agences d’intérim, et qu’ils travaillaient sur nos chantiers depuis longtemps, nous demanderions leur régularisation », a affirmé Jean-François Roverato chez Eiffage. Martin Bouygues, lui, a catégoriquement refusé de se prononcer sur le sujet. « C’est une question politique qui ne me concerne pas et qui n’a rien à voir avec cette réunion » [la présentation des résultats, ndlr], a-t-il tranché.

Cette prise de position est précisément ce que recherchent les manifestants. « Nous voudrions maintenant que la Fédération française du bâtiment prenne position, comme l’ont fait d’autres fédérations professionnelles », affirme Paul Soulignac, de la CGT. « C’est pour cela que nous allons voir les grandes entreprises, car nous pensons qu’elles ont plus de poids sur leurs fédérations que les petites entreprises d’intérim du Boulevard Magenta. Du reste, quand les demandes de régularisation émanent de société d’intérim, la préfecture renvoie les dossiers ».

[Sources : Challenges]