La lutte des sans-papiers en Belgique

Les sans-papiers de Saint-Josse, en grève de la faim, menacés d’expulsion


Publié le: 3 octobre 2008

La centaine de sans-papiers qui occupent le bâtiment réclament la protection subsidiaire, qu’ils se voient refuser en Belgique pour le motif qu’ils ne peuvent démontrer qu’ils courent un risque réel et personnel d’atteinte grave en cas de retour dans leur pays. Il estiment pour leur part que le risque qu’ils encourent en retournant dans leurs pays en guerre est pourtant réel. Les cent-vingt sans-papiers afghans et irakiens qui occupent depuis quinze jours un immeuble de la rue du Méridien à Saint-Josse et qui ont entamé une grève de la faim sont toujours menacés d’expulsion. Des négociations étaient en cours vendredi entre les autorités et les occupants qui refusent de quitter les lieux.

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Jeudi, le bourgmestre Jean Demannez (PS) a signé un arrêté d’insalubrité qui a été collé vendredi à l’entrée du bâtiment et a ordonné l’évacuation des lieux. Un agent du service d’hygiène avait été envoyé sur place jeudi matin afin de rédiger un rapport. Le bourgmestre a ordonné l’évacuation des lieux à la suite d’une demande en ce sens qui a été adressée, par voix d’avocat, par l’ASBL Les Briques du GAMP, qui compte occuper les lieux.

Suite aux remarques formulées par l’agent communal, les occupants ont déménagé vers l’arrière du bâtiment et ont procédé à des travaux d’urgence. « Nous comptons procéder à une évacuation mais il ne faut pas précipiter les choses. Si nous n’agissons pas, l’ASBL obtiendrait quand même une autorisation d’expulsion en référé auprès d’un juge de paix. La situation est délicate. Nous comprenons l’attitude de l’ASBL qui s’est battue pendant des années pour obtenir un bâtiment », a expliqué le chef de cabinet du bourgmestre.

La commune se dit disposée à revoir le cas échéant sa position si l’ASBL ne réclamait plus l’expulsion des occupants. La commune estime toutefois le bâtiment dangereux mais pourrait envisager une nouvelle visite d’un agent du service d’hygiène pour constater les améliorations qui auraient été apportées à l’immeuble. La police considère quant à elle qu’une évacuation d’autant de personnes en grève de la faim demande une certaine préparation.

L’ASBL Les briques du GAMP n’est pas prête à faire marche arrière. « Le bâtiment reste dangereux et insalubre. Les occupants ont bricolé avec l’électricité et il y a des fils qui courent partout. Il n’y a pas non plus de sortie de secours » a réagi la présidente de l’ASBL Cinzia Agoni. L’ASBL a déclaré avoir agi auprès du bourgmestre afin de se dégager de toute responsabilité en cas d’accident. En cas de blocage, elle pourrait envisager une action en justice, a-t-elle fait savoir.

L’octroi des bâtiments par la Régie fédérale des bâtiments à l’ASBL Les Briques du GAMP est soumis à la condition d’y ouvrir un centre d’accueil de jour et d’hébergement pour personnes handicapées de grande dépendance. Selon le contrat de bail, le projet doit être réalisé impérativement dans un délai de deux ans. L’ASBL envisagerait de démarrer les travaux avant l’hiver. La centaine de sans-papiers qui occupent le bâtiment réclament la protection subsidiaire, qu’ils se voient refuser en Belgique.

[Source : lalibre.be]