COMMUNIQUÉ DE LA CNSP
Les sales dessous de cartes de la loi Sarkozy sur l’immigration
L’apartheid en matière d’embauche et de contrat de travail ! - Lettre Ouverte aux syndicats : CGT, CFDT, FO, FSU, SUD, UNSA, CGC, CFTC, CNT, des Avocats, de la Magistrature, etc.
Publié le: 2 octobre 2008
« Afin de me permettre de poursuivre l’instruction de votre dossier de demande de titre de séjour, je vous serai obligé de bien vouloir me transmettre par retour de courrier : le contrat de travail (en trois exemplaires) que je vous envoie par courrier afin de l’établir par une entreprise qui se trouve dans le Nord uniquement, ainsi que l’engagement du versement de la redevance auprès de l’Anaem. Je prends soin de vous préciser que la durée de ce contrat, pour être validé par la Direction Départementale du Travail et de l’Emploi, ne peut être inférieur à un an ».
Voilà ce qu’écrit maintenant la Préfecture du Nord à des ex sans-papiers annoncés régularisés à qui elle a établi un récépissé autorisé à travailler en attendant la carte d’un an.
En d’autres termes : l’État annonce que M ou Mme X est régularisé, remet à la dite personne un récépissé autorisé à travailler en attendant l’établissement de la carte d’un an, puis trois ou six mois après, au moment du renouvellement du récépissé, lui envoie un courrier discriminatoire qui l’assigne à résidence dans le Nord sur le critère de l’emploi et lui impose un CDD d’un an pour lui renouveler son récépissé de régularisation.
Si Sarkozy/Hortefeux ont été obligés par les grèves et occupations des entreprises dans la restauration des sans papiers CGT à enclencher la dite « régularisation sur le critère travail », il est clair que même celle ci est ici marquée par le racisme d’État qui consiste à enchaîner le travailleur sans papiers à « son » patron en toute infraction au Code du Travail.
Pour la République française, version Sarko/Hortefeux, le statut administratif légal du travailleur sans papiers est décidé par le patron d’une entreprise de la Préfecture considérée et par le CDD d’un an que le même patron accepte de donner au travailleur sans papiers.
Tels sont les nouveaux principes et valeurs de la Démocratie Libérale. Sarko/Hortefeux n’ont en fait rien inventer, ils ne font que dépoussiérer les recettes de l’apartheid qui a régné en Afrique du Sud que d’aucun pensait révolu.
Remplacer « l’immigration familiale » par « l’immigration de travail », telle est le fond ségrégationniste de « l’immigration choisie ». L’intention cachée est d’en finir avec la carte de séjour vie privée et familiale, donc la carte de résident de dix ans pour lui substituer des titres de séjour précaires allant de trois mois, six mois, un an, trois ans non automatiquement renouvelables.
Cette grave atteinte raciste au droit au regroupement familial est cohérente avec la mise en place hypocrite et dangereuse d’un « Ministère de l’identité nationale » communautariste et donc raciste qui désigne sans le dire les noirs, les africains, les maghrébins, les musulmans comme « menace et l’ennemi intérieur » à la France (sic !).
Cette dérive racialiste conduit le gouvernement à même imposer une « période d’essai » de quatre ans environ pour l’obtention de la nationalité française par mariage et de plus de deux ans pour un titre de séjour. Elle est aussi à l’origine de la fin annoncée et pratiquée du Droit d’asile en France, et dans l’UE.
C’est ainsi qu’il devient possible dans la France d’aujourd’hui qu’un étranger résident retraité fasse le regroupement familial, mais décède pendant que son épouse et ses enfants attendaient l’établissement de leurs titres de séjour de dix ans et se voient opposer par la préfecture un refus de séjour, un mois et demi après le décès du papa retraité, pour, tenez vous bien
« absence de vie commune ». Ce genre de situations ubuesques et scandaleuses se multiplient et deviennent la marque déposée de l’ère Sarko/Hortefeux.
La CSNP appelle tous les partenaires syndicaux, associatifs, les forces politiques de progrès et les citoyens en France :
– à dénoncer l’actuelle transformation raciste de la République française ;
– à exiger l’abrogation de toutes les dispositions et pratiques d’État qui discriminent les travailleurs sans papiers régularisés sur la base du « critère travail », notamment la dépendance du sort administratif de l’étranger aux intérêts du patronat ;
– à demander le respect du Droit d’asile ratifier par la France, le respect du statut vie privée et familiale et du droit à la carte de résident de dix ans. La CNSP appelle l’opinion publique, les citoyens et les gouvernements des pays d’émigration à exiger le respect des droits et de la dignité des étrangers, notamment de leurs compatriotes expatriés en France.
La CNSP se souvient et rend encore une fois un hommage solennel aux militants décédés qui ont été des symboles du combat qui continue pour la régularisation de tous les sans papiers : Romain Binazon, Professeur Léon Schwartzenberg, l’Amiral Sanghinetti, le chanteur populaire Denis Cacheux, etc.
Fait à Paris le 17 septembre 2008
[Source : zpajol]



