L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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« Afin de me permettre de poursuivre
l’instruction de votre dossier de demande
de titre de séjour, je vous serai obligé de
bien vouloir me transmettre par retour de
courrier : le contrat de travail (en trois
exemplaires) que je vous envoie par
courrier afin de l’établir par une entreprise
qui se trouve dans le Nord uniquement,
ainsi que l’engagement du versement
de la redevance auprès de
l’Anaem. Je prends soin de vous préciser
que la durée de ce contrat, pour être
validé par la Direction Départementale
du Travail et de l’Emploi, ne peut être
inférieur à un an ».

Voilà ce qu’écrit maintenant la
Préfecture du Nord à des ex sans-papiers
annoncés régularisés à qui elle
a établi un récépissé autorisé à travailler
en attendant la carte d’un an.

En d’autres termes : l’État annonce
que M ou Mme X est régularisé, remet
à la dite personne un récépissé autorisé
à travailler en attendant l’établissement
de la carte d’un an, puis trois
ou six mois après, au moment du
renouvellement du récépissé, lui
envoie un courrier discriminatoire qui
l’assigne à résidence dans le Nord sur
le critère de l’emploi et lui impose un
CDD d’un an pour lui renouveler son
récépissé de régularisation.

Si Sarkozy/Hortefeux ont été obligés
par les grèves et occupations des
entreprises dans la restauration des
sans papiers CGT à enclencher la dite
« régularisation sur le critère travail »,
il est clair que même celle ci est ici
marquée par le racisme d’État qui
consiste à enchaîner le travailleur
sans papiers à « son » patron en toute
infraction au Code du Travail.

Pour la République française, version
Sarko/Hortefeux, le statut administratif
légal du travailleur sans papiers est
décidé par le patron d’une entreprise
de la Préfecture considérée et par le
CDD d’un an que le même patron accepte de donner au travailleur sans
papiers.

Tels sont les nouveaux principes et
valeurs de la Démocratie Libérale.
Sarko/Hortefeux n’ont en fait rien
inventer, ils ne font que dépoussiérer
les recettes de l’apartheid qui a régné
en Afrique du Sud que d’aucun pensait
révolu.

Remplacer « l’immigration familiale »
par « l’immigration de travail », telle
est le fond ségrégationniste de « l’immigration
choisie ». L’intention
cachée est d’en finir avec la carte de
séjour vie privée et familiale, donc la
carte de résident de dix ans pour lui
substituer des titres de séjour précaires
allant de trois mois, six mois, un an,
trois ans non automatiquement
renouvelables.

Cette grave atteinte raciste au droit
au regroupement familial est cohérente
avec la mise en place hypocrite
et dangereuse d’un « Ministère de
l’identité nationale » communautariste
et donc raciste qui désigne sans le
dire les noirs, les africains, les maghrébins,
les musulmans comme « menace
et l’ennemi intérieur » à la France
(sic !).

Cette dérive racialiste conduit le gouvernement
à même imposer une
« période d’essai » de quatre ans environ
pour l’obtention de la nationalité
française par mariage et de plus de
deux ans pour un titre de séjour. Elle
est aussi à l’origine de la fin annoncée
et pratiquée du Droit d’asile en
France, et dans l’UE.

C’est ainsi qu’il devient possible dans
la France d’aujourd’hui qu’un étranger
résident retraité fasse le regroupement
familial, mais décède pendant que son
épouse et ses enfants attendaient
l’établissement de leurs titres de
séjour de dix ans et se voient opposer
par la préfecture un refus de séjour, un
mois et demi après le décès du papa
retraité, pour, tenez vous bien

« absence de vie commune ». Ce
genre de situations ubuesques et
scandaleuses se multiplient et deviennent
la marque déposée de l’ère
Sarko/Hortefeux.

La CSNP appelle tous les partenaires
syndicaux, associatifs, les forces politiques
de progrès et les citoyens en
France :

– à dénoncer l’actuelle transformation
raciste de la République française ;

– à exiger l’abrogation de toutes les
dispositions et pratiques d’État qui
discriminent les travailleurs sans
papiers régularisés sur la base du « critère
travail », notamment la dépendance
du sort administratif de l’étranger
aux intérêts du patronat ;

– à demander le respect du Droit
d’asile ratifier par la France, le respect
du statut vie privée et familiale et du
droit à la carte de résident de dix ans.
La CNSP appelle l’opinion publique,
les citoyens et les gouvernements des
pays d’émigration à exiger le respect
des droits et de la dignité des étrangers,
notamment de leurs compatriotes
expatriés en France.

La CNSP se souvient et rend encore
une fois un hommage solennel aux
militants décédés qui ont été des symboles
du combat qui continue pour la
régularisation de tous les sans papiers :
Romain Binazon, Professeur Léon
Schwartzenberg, l’Amiral Sanghinetti,
le chanteur populaire Denis Cacheux,
etc.

Fait à Paris le 17 septembre 2008

[Source : zpajol]