L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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Le porte parole Kébé Adama est
revenu sur l’historique de cette occupation
qui dure depuis le 28 avril dernier…
bientôt six mois !

« L’action a débuté le 28 avril, sur les
coups de dix huit heures. A ce
moment là il n’y avait pas assez de
monde. Le porte-parole (CSP 92) est
intervenu sur une télévision pour faire
appel à tout les sans-papiers de France
à venir les rejoindre. A ce moment,
nous on était pas là. Quand on est
venu, le discours du responsable
était : « il faut que tous les sanspapiers
soient régularisé. Il faut occuper,
être ici vingt quatre heures sur
vingt quatre. » A ce moment, certains
d’entre nous ont pris l’engagement
de se débarrasser de tout ce qui
est logement leur travail pour venir y
rester. C’est à partir de cette date là
qu’on a décidé d’aller jusqu’au bout. »

Un mois après, la CSP 92 a pris la
décision de lever l’occupation, sans
apparemment mettre au courrant les
sans-papiers arrivés en cours de route.
Ces derniers, se trouvant sans aucune
nouvelle de la préfecture quant au
dépôt de leur dossier, décident de rester
sur les lieux et constituent une
nouvelle liste de 58 personnes. Des
quatre cents cinquante huit sanspapiers
qui ont déposé un dossier et
cotisé au collectif, une soixantaine
seulement auraient été convoquées
par la préfecture.

 LEURS MOYENS DE LUTTE ACTUELS :

Aujourd’hui, les cinquante huit personnes
présentent à l’église Saint-
Paul regroupent des travailleurs de
tous les secteurs : de la manutention,
de la restauration, de la sécurité etc.
Ils sont venus de plusieurs départements
et se retrouvent coincés dans
cette situation d’occupation. Partis de leur foyer et des endroits où ils étaient
logés, ils ne peuvent y retourner. Leur
place a souvent été prise par d’autres,
et ils n’ont plus de salaires fixes pour
participer au frais de logement. Ils
sont venus à Saint-Paul pour obtenir
des papiers, vivre dans des conditions
« normales », travailler sans craindre
de ne pas être payé en fin de mois, et
sont déterminés à lutter jusqu’au bout.

Depuis un moment manintenant, les
Oubliés se sont vu refuser par la
Préfecture toute autorisation de rassemblements
ou de manifestations. Ils
nous expliquent qu’ils ont dénoncé ce
fait auprès de la mairie de Nanterre et
auprès de la population à travers la
diffusion de tracts sur le marché.

« Au niveau des rassemblements et
des manifestations actuellement c’est
bloqué, parce que la préfecture elle,
nous a interdit, elle ne tolère plus ces
rassemblements. J’ai le courrier qu’ils
ont envoyé à ce moment là c’était au
CSP 92, ils disaient que les manifestations
qu’on faisait ne sont pas tolérées
parce que c’est un trouble à l’ordre
public… »

Leur isolement, entre autre médiatique,
ne leur a pas permis de revendiquer
haut et fort ce droit constitutionnel
qu’est celui de manifester.
Rappelons que les Oubliés ne sont soutenus
par aucun syndicat, étant des travailleurs
isolés venus d’un peu partout.

« Pour les syndicats il faut être salarié
avec un patron… ils ne vous
considèrent pas. Le syndicat, il
devrait dire que chaque personne qui
travaille dans ce pays devrait être soutenue.
Pour les travailleurs, le syndicaliste
devrait défendre tout le
monde. Ils aident uniquement ceux
qui sont plusieurs dans une entreprise. Il faut aider tous le monde !! »

Finalement, c’est au nom de leur
comité de soutien que les Oubliés de
Saint-Paul ont eu l’autorisation de se
rassembler le 8 octobre. Jusqu’à présent
le curé de l’église Saint-Paul les
accompagne dans leur démarche
auprès de la préfecture.

« On a eu une seule rencontre avec
la préfecture, le lundi passé. Par l’intermédiaire
du secours catholique,
c’est eux qui ont programmé la rencontre.
Mais, pour eux, un sanspapiers
c’est un sans-papiers. Nous
n’avons pas à être favorisé par rapport
aux autres. Nous, on demande juste
qu’on examine nos dossiers. Et aussi
de savoir pourquoi la personne n’est
pas régularisée. »

Face à la question d’une ouverture ou
non de la liste de dépôt des dossiers,
ils ont décidé pour l’instant de s’en
tenir aux cinquante huit présent, et ce
pour un soucis d’organisation dirontils.
Les occupants soulignent les aberrations
de l’administration qui refuse
d’étudier les « dossiers aux adresses
douteuses »… La préfecture ne prend
en compte que les dossiers dont les
personnes vivent dans le département
depuis « un certain temps » et qui en
font la preuve. Pour la préfecture
l’église ne peut être considérée
comme une adresse valable tout
comme les associations… Par contre,
les sans-papiers peuvent recevoir des
obligations de quitter le territoire (
OQTF) à ces mêmes adresses.
Ce problème d’adresse est souvent
soulevé par les personnes qui font des
occupations, ils ont besoin de certificats
d’hébergements pour que leur
dossier soient recevable. Mais là n’est
pas la seule condition qu’exige la préfecture…

Depuis le rassemblement du 8 octobre
dernier, les Oubliés ont eu l’autorisation
de déposer leur dossier mais, ne
seront recevables que ceux prouvant
de leur installation sur le territoire
français depuis plus de cinq ans, dont
l’entrée était légale, et avec un passeport
en cours de validité. Par ailleurs
il leur faudra un contrat de travail ou
une preuve d’embauche assortie du
chèque ANAEM du patron. Pour
ceux qui ont quitté leur travail, cette
dernière condition devient difficile a
remplir sans une autorisation provisoire
de séjour qui leur permette d’aller
demander un travail.

 LES PERSPECTIVES D’UNE LUTTE UNITAIRE ?

Bien que les rassemblements leurs
aient été impossibles, les Oubliés participent
aux rassemblements d’autres
sans-papiers en lutte. Ils sont présents
aux manifestations unitaires, aux réunions
unitaires et à tous les évènements
où ils peuvent espérer un temps
de parole. Nous les avions rencontrés
dernièrement au forum des quartiers
populaires ainsi qu’à la journée d’occupation
de l’entreprise ISS. Ils tiennent
à entretenir ces relations avec d’autres
groupes en lutte comme le collectif
Alif et la CSP 75 de la Bourse du travail.
Ils ont manifesté auprès des occupants
de l’entreprise BMS de Nanterre
et avec le collectif 94.

« Pour que les sans-papiers gagnent ils
faut forcément qu’ils s’unissent et
qu’on dépasse certaines querelles
sinon on ne pourra pas obtenir quoique
se soit. Il faudra s’unir parce que
l’objectif du gouvernement c’est quoi
 ? C’est d’isoler les uns contre les
autres ! Il veut diviser pour faire du
cas par cas ! »

QSP